DÉRANGEMENTS
rechange des transmissions devient irrégulier et même lorsqtw& les réponses de son correspondant ne lui parviennent pas promptement. Il doit, à cet effet, rechercher si le dérangement n'est pas dans son bureau, et continuer ses expériences jusqu'à ce qu'il ait acquis la certitude que le poste et les appareils dont U est responsable sont en bon état.
« Il conmience par isoler son poste de toute communication extérieure, en détachant le fil de ligne de la borne Ligne du premier paratonnerre; il ne rétablit d'ailleurs cette communication que lorsque les expériences sont entièrement terminées.
« La borne Ligne étant ainsi isolée du fil de ligne extérieur, l'opérateur, après avoir introduit l'une des extrémités d'un fil volant dans la borne Pile du manipulateur, mais sans détacher le fil qui rattache cette borne à la pile, se sert de l'autre extrémité du fil volant pour frapper quelques signaux ou contacts sur la borne Ligne du premier paratonnerre. Si ces signaux ou contacts sont reproduits dans le récepteur, on en conclut que le poste est bon et que le dérangement est sur la ligne. Si, au contraire, le récepteur reste immobile, le dérangement est dans le poste (1). »
Dans cette dernière hypothèse, deux cas peuvent se présenter:
A. Le galvanomètre ne dévie pas.
B. Le galvanomètre dévie fortement.
A. Le galvanomètre ne dévie pas.
Trois suppositions sont possibles :
a. La pile est mauvaise ;
b. Il existe un isolement dans le circuit intérieur du poste;
c. La terre est défectueuse.
«, Vérification de la pile, — Les éléments doivent être examinés minutieusement les uns après les autres; on doit s'assurer que l'eau est en quantité suffisante dans les vases, qu'aucune des lames qui réunit chaque élément au suivant n'est ni rompue ni dessoudée, que les fils conducteurs attachés aux deux pôle^ sont bien fixés sous les serre-lames et convenablement pressés par les vis de serrage, qu'il n'existe pas de traces d'oxydation à ces points d'attache.
On peut en outre s'assurer que la pile entière fonctionne régulièrement en attachant à chacun des pôles un fil volant et en fermant le circuit par Tintermédiaire d'un galvanomètre, dont l'aiguille accuse une forte déviation si la pile est en bon état.
Avec un peu d'habitude, lorsque le nombre des éléments ne
(1) Extrait des instructions administratives.
dépasse pas 10 ou 15, on se rend un compte très exact de Tintensité du courant, en attachant deux fils volants aux pôles de la pile et en appliquant les deux extrémités libres sur la langue; si le nombre des éléments est supérieur à 10, il est préférable de saisir Tun des flls avec la main et d'appliquer Tautre sur la langue; la sensation est ainsi moins désagréable; enfin, avec les piles plus énergiques, on se contente de fermer le circuit avec les deux mains. On se borne d'ailleurs généralement à réunir les bornes A et L du manipulateur, à Taide d'une clé £)u d'un couteau et à manipuler; le récepteur fonctionne si la pile est bonne.
b. Vérification du circuit intérieur du poste, — Un examen rapide suffit ordinairement pour constater qu'aucun des flls conducteurs de la table de manipulation n'est rompu, que tous sont bien serrés sous les bornes et que les points de contact ne sont pas oxydés. Toutefois, il est préférable et souvent plus expéditif (surtout lorsque l'installation a lieu en dessous des tables) de toucher successivement avec le fil volant attaché à la borne Plie du manipulateur, toutes les parties du circuit en partant de la borne Ligne du paratonnerre et en se rapprochant de la borne Ligne du récepteur. Si pendant le cours de ces essais, on parvient, en touchant l'un des points du circuit, à l'aire fonctionner le galvanomètre ou le récepteur, on est certain que le dérangement est entre ce point et le dernier point louché ; il ne reste plus qu'à remettre en étal la partie défectueuse.
f . Vérification de la terre. — Dans les expériences précédentes la partie du circuit comprise entre la borne Terre du récepteur, le pôle négatif de la pile et la terre, n'a pas été vérifiée. Il est aisé, en suivant attentivement le parcours du conducteur, de voir s'il est en bon étal; mais, pour constater la qualité de la terre, on est obhgé de faire usage d'un galvanomètre vérifié à l'avance et de prendre une seconde communication provisoire avec le sol.
Pour cela on fiche en terre, à une certaine distance du fil de terre, une barre métallique que l'on relie au galvanomètre d'essai, celui-ci étant réuni à l'un des pôles de la pile dont l'autre pôle communique avec le fil de terre du bureau; la déviation du galvanomètre indique que le courant circule entn» la terre provisoire et daleitrf^i.du bureau ^e^^ çaR cpiiséquept» qiW cette dernière est en bon état.
B. Le galvavomètre dévie fortement.
Il y a perte à la terre, ^it directe, soit par suite d'un mélange.
Un examen rapide permet de constater qu'aucun objet métal-
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liquc ne met les fils en communication entre eux, ni avec le (il de terre.
On procède ensuite, comme précédemment, en attachant un fil volant à la borne Pih du manipulateur et en touchant, avec Textrémité libre de ce fil, les différents points du circuit, à partir de la borne Ligne du premier paratonnerre jusqu'au galvanomètre. Si la déviation ne cesse pas, le dérangement est situé entre le galvanomètre et la borne Terre du récepteur; l'intervention d'un second galvanomètre devient nécessaire pour continuer les recherches qui se poursuivent parla même méthode.
Si la déviation a cessé pendant la première partie de l'opération (trajet entre le premier paratonnerre et le galvanomètre), il est aisé de localiser le dérangement qui généralement existe dans l'un des deux paratonnerres. On vérifie ces deux instruments par les méthodes que nous avons déjà indiquées.
Enfin, lorsque les recherches n'aboutissent pas promptement et que le télégraphiste a des dépêches à écouler, la mesure la plus simple et la plus expéditive consiste à relier directement par im conducteur recouvert de gutlta-percha, de soie ou de coton, le fil de ligne à la borne Ligne du manipulateur. Les recherches recommencent aussitôt que les exigences du service le permettent.
Dérangements des lignes aériennes. — De même que les dérangements électriques des postes, les causes d'interruption des lignes consistent en isolements, pertes à la terre ou mélanges.
Lorsque la ligne ne comporte qu'un seul conducteur, les mélanges ne sont pas à craindre, le fil peut seulement se briser ou tomber à terre par suite de la rupture d'un appui ou d'un support.
Dans le premier cas, le dérangement constaté par les deux stations correspondantes est quelquefois de nature inverse ; l'une signale un isolement, l'autre une perte à la terre. C'est qu'en effet, il peut arriver que l'un des bouts du fil brisé touche le sol, tandis que l'autre reste suspendu; d'autres fois les deux bouts du conducteur tombent à terre et, de part et d'autre, on constate une perte.
La perte à la terre n'implique pas la rupture du fil, car le conducteur détaché de ses supports peut avoir un point de contact avec le sol, sans que pour cela il y ait solution de continuité.
Sur les lignes à plusieurs fils, les dérangements les plus fréquents sont les mélanges.
Lorsqu'un fil télégraphique tombe, par suite de la rupture d'un
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isolateur ou par toute autre cause, il rencontre souvent dans s^ chute d'autres conducteurs; il s'établit alors un contact métallique qui constitue le mélange.
Les dérangements de cette nature se reconnaissent facilement aux signaux incohérents qu'enregistrent les récepteurs desservant les fils mêlés; il est même généralement possible de saisir un membre de phrase qui permette de reconnaître les numéros des fils mêlés. On doit alors sacrifier les différents fils, en les Isolant, pour ne conserver que le conducteur le plus important sur lequel le service reprend toute sa régularité.
Un certain nombre d'agents, répartis en équipes sur les points les plus importants du réseau, sont chargés de la construclioo des lignes, de leur entretien, ainsi que de la recherche des dérangements. Ces agents, munis d'un petit outillage portatif, permettant de procéder aux menues réparations, sont toujours prêts h se porter sur les points défectueux. En outre, dans les villes qui ne possèdent pas d'équipe organisée, le chef du bureau dispose d'un ou de pli\sieurs agents, initiés au service des dérangements et chargés en même temps de la remise à domicile des télégrammes. Enfin, dans les petites localités, la recherche et la réparation des dérangements est confiée à un ouvrier du pays. Avec cette organisation, à moins de cas de force majeure, les interruptions dans le service des transmissions sont toujours de courte durée.
Recherche des dérangements sur les lignes aériennes, — Si une interruption persiste après que le télégraphiste, {^ chacun des bouts de la ligne, a constaté que son poste est en boa état, on peut conclure que le dérangement est sur la ligne. C'est ici que commence le rôle des agents chargés du service de sur^ veillance, mais, avant de les envoyer visiter la partie de la ligne supposée défectueuse, il est utile de leur fournir des renseignements, aussi précis que possible, sur l'état électrique des conducteurs. Ces renseignements résultent de la comparaison des observations consignées périodiquement sur les registres modèles B et C dont nous avons parlé précédemment avec les expériences exécutées en vue de localiser le dérangement. Les registres B et C font connaître, en effet, l'état électrique du conducteur à différentes périodes, ce qui permet d'en déduire son état électrique normal ; les expériences du jour, bien que peu précises, fournissent cependant d'utiles indications.
La ligne défectueuse, nous l'avons dit, est isolée, à la terre ou mêlée, ces trois causes d'interruption pouvai^t d'ailleurs exister simultanément sur un même conducteur.