CHAPITRE V APPAREIL MORSE
Système Morse. — Mampui.vteur. — ^^ Récepteur, mouvemeut d'horlogerie, organes fonctionnant sous l'action du mouvement d*borlogerie, électro-aimaDt, communications électriques. — ^lph\bbt« méthodes pour l'apprendre. — Manipulation. — Lecture au SON. — Lecture sur la bande. — Règles de transmission. — Récepteur Morse a
TRANSLATION. — DIFFÉRENTS MODÈLES DE RÉCEPTEURS MORSS, récepteUF à nOVaUX
mobiles, récepteur à culasse scindée. — Procédés d'encrjvge. — Réglace du manipulateur Morse. — Réglage du récepteur Morse, réglage de l'armature, réglage du déroulement. — Entretien de l'appareil Morse. — Rouet. — Démontage et remontage DE l'appareil Morse. — Remplacement du ressort moteur.
Système Morse. — Le système Morse consiste à reproduire, au moyen de l'électricité, des sig^naux de convention composés de points et de traits. Ces signaux, formés à l'aide d'un manipulateur, sont retracés, à la station correspondante, sur une bande de papier faisant partie du récepteur.
L'alphabet Morse comprend deux signaux élémentaires, le point et le trait, qui, convenablement groupés, forment les lettres, les chiffres et les signes de ponctuation. Certaines règles ont évidemment présidé à la composition des signaux Morse: ainsi, le point est, en réalité, un trait de petite dimension n'ayant aucun rapport avec le point géométrique. Suivant que la transmission est plus lente ou plus rapide, le point doit être plus long ou plus court; sa longueur sert de liase à toute la transmission et règle les dimensions des autres éléments, tels que : longueur du trait, espacement à laisser entre les différents signaux d'une même lettre, entre les lettres d'un môme mot, entre les mots eux-mêmes.
Il est clair que l'application de ces principes fondamentaux délermine dans la confection et la succession des signaux une certaine cadence qui, si elle en facilite la lecture, devient aussi l'une des principales difficultés de leur exécution.
Sans nous préoccuper, quant à présent, des combinaisons à réaliser pour composer un alphabet, examinons comment les points et les traits figurés, esquissés en quelque sorte, à la station de départ, peuvent être enregistrés à la station d'arrivée.
iki peut très simplement faire comprendre Tensemble du système, et la méthode que nous avons exposée, dès 1879, dans aos cours antographiés de l'école de cavalerie de Saumur, a été p&produite depuis par plusieurs auteurs.
Supposons une barre rig"ide A B (fig. 70) pouvant se mouvoir airtour d'im axe central et maintenue horizontale par un ressort R, agissant de bas en haut. Il esl
ciak* quen exerçant, ax'^c la main, M «« N
une pression sur le bouton b, la parti(» , Éa^ ^f^'
B s'abaissera, tandis qiw» la partie A -A .-- — . •^ZZJp B se relèvera, mais que, si la main cesse ^^^^ .'.^-^^^rT-^
d'agir, le levier AB repi^endra, sous lactiou dn ressort R, la position horizontale.
Plaçons, au-dessus de ce levier, un ^ ^
second levier A' B', exactement seni- a?^ . . 9L »
A ' /o\ ^^j B blalde, et réunissons les deux extiv- X /.. Ç7r
mités BB' par une ficelle tendue. Le -"-' - '- — r^//^
second levier reproduira tous les mou- pig. 70. principe de rappareii vements du premier. Si le premier ^^'^'
s'abaisse, l'autre s'abaissera; lors, au
contraire, que le premier se rel^vera, le sec(md se relèvera également. Si, maintenant, nous plaçons en regard du levier supérieur une bande de papier MN entraînée par un mécanisme quelconque et passant lentement, mais sans s'arrêter, au-dessus de ce levier; si, d'autre part, nous attachons un crayon a' à l'extrémité A' du levier, chaque fois que le levier inférieur s'abaissera, entraînant avec lui le h»vier supérieur, le crayon «' louchera la bande de papier MN; mais, comme cette bande de papier est mobile, il s'y produira une trace dont la longueur dépendra du temps pendant lequel le levier inférieur aura été abaissé. Ce levier est-il resté abaissé pendant un temps très court, le crayon aura marqué sur le papier une trace également très courte, ttn point. Le levier, au contraire, est-il resté abaissé pendant un temps plus long, le crayon aura laissé sur le papier une trace plus longue, un trait. Si nous réunissons les deux leviers par une ficelle assez longue, nous pourrons placer^ sans inconvénient, l'un d'eux dans une chambre, l'autre dans ime seconde chambre située à l'étage supérieur, et pour peu que la ficelle soit suffisamment tendue, les deux h^viers limctionneront simultanément et d'une manière identique, le second reproduisant exactement les nK>uvemenls imprimés au premier. Ce système est celui d'un appareil Morse à l'état rudimentaire
dont le levier inférieur représente le manipulateur, tandis que le levier supérieur, muni d'un crayon, est le récepteur.
Par cet exemple, nous avons voulu montrer seulement Fidentité qui existe, au point de vue mécanique, entre le manipulateur et le récepteur Morse, Il est bien évident que pour rendre le système pratique, pour en faire un appareil électrique robuste et se prêtant à tous les besoins de Texploîtation, il a fallu compliquer les organes et notamment introduire dans le récepteur un moteur pour faire avancer la bande de papier et un dispo- ' sitif électro-magnétique permettant l'enregistrement des signaux par Télectricité.
Manipulateur. — Le manipulateur Morse se compose d'une tige prismatique en laiton AB (flg. 77), mobile entre les deux montants d'un massif G, également en laiton. Le mode de suspension de cette tige, qui est le levier ou la clé du manipulateur, varie légèrement suivant les modèles. Dans certains cas, le levier est taraudé et les montants du massif sont seulement alésés. L'axe, en acier, est terminé par un bouton moleté et est lileté sur la partie qui doit traverser le levier.
Dans d'autres instruments, le levier est monté sur un axe en acier, terminé en pointe \ chaque bout. Ces pointes sont pincées entre deux vis qui leur servent de pivots et qui s'engagent dans les montants du massif C. L'une des vis est fixe, l'autre sert au réglage et est munie d'un contre -écrou qui Tempôche de se desserrer.
Le* levier, ainsi suspendu, peut osciller entre deux pièces métalliques a\ h\ platinées et noyées dans le socle en bois de
l'instrument. La pièce a* a reçu le nom A' enclume antérieure ou enclume de travail; c'est sur elle que vient frapper le levier du manipulateur pendant la transmission. La pièce b est Venclume postérieure ou enclume de repos; c'est sur elle que s'appuie le levier lorsque le manipulateur est au repos. On appelle aussi quelquefois la pièce a' plot de travail et la pièce b' plot de repos. Au-dessus de Ces enclumes, le levier est muni d'une pièce a platinée, ainsi que d'une vis V, également garnie de platine, et maintenue par une contre-vis v. La vis V permet d'augmenter ou de diminuer à volonté le jeu du levier entre les deux enclumes.
Le bouton D sert à manœuvrer le manipulateur; il est eu
Fig. 77. — Manipulateur Morse. (Profil.)
corne pour isoler la main de Topérateur des parties métalliques de l'appareil.
Dans la position de repos du manipulateur, la vis V doit s'appuyer sur Tenclume b' ; cette position est obtenue à l'aide d'un ressort r, placé tantôt en deçà de Taxe d'oscillation du levier, tantôt au delà. Lorsqu'il est en avant, le ressort est formé par une lame d'acier flxée au massif C à l'aide d'une ou de deux vis. Son* action tend à relever la partie A du levier. Lorsqu'il est placé en arrière de l'axe, il affecte la forme d'un ressort à boudin flxé à la face inférieure du socle en bois et accroché au-dessous du levier; par TefFet de ce ressort, la vis V est maintenue pl'essée contre l'enclume b' et ne s'en éloigne que lorsqu'on abaisse la partie A du levier, en appuyant sur le bouton D.
D'après la position du ressort r, qu'il soit placé en avant ou en arrière de l'axe, on voit qu'il suffit d'appuyer sur le bouton D pour que la pièce a vienne frapper sur l'enclume a\ et que la vis V se sépare de l'enclume b' ; mais dès que la pression cesse sur le bouton D, la vis V revient, sous l'action du ressort /•, toucher l'enclume b\
La communication électrique qui, quelquefois, pourrait être défectueuse entre le massif C et le levier AB, est assurée, dans la plupart des manipulateurs, par un petit fil de cuivre enroulé en spirale et réunissant le massif au levier, sans gêner les mouvements de ce dernier; on appelle ce fil de liaison ressort ou boudin de sûreté.
Le socle en bois du manipulateur porte trois bornes P, L, A (fig. 78), qui reçoivent les fils métalliques destinés à établir les communications avec les autres organes de l'installation, et que nous appellerons les communicatians extérieures^ par opposition aux communications intérieures, qui, installées à demeure, font partie intégrante de l'appareil lui-môme.
Les communications intérieures sont les suivantes :
La borne P est reliée à l'enclume à ;
La borne L est réunie au massif C ;
La borne A enfin est en nîlation avec l'enclume b'.
Ces communications sont installées, suivant les modèles de manipulateurs, tantôt sur la face supérieure du socle, au moyen
Kig. 78. — .Manipulateur Morso.
(Plan.)
de lames de laiton incnistées dans le boi«, tantôt sur la face inférieure, à Taide de fils de cuivre.
Dans ces conditions :
1** La home L est en communication métallique avec la horne A, lorsque le manipulateur est au repos.
t2" La horne P est en communication métallique avec la home L, lorsque le levier du manipulateur est abaissé, c'est-àdh'e lorsque, avec la main, on appuie sur le l)oulon D.
3^ Les trois bornes P, L, A sont reliées métalliquement lorsque la vis V est serrée à fond, c'est-à-dire lorsque le levier repose à la fois sur les enclumes a' et b\
Récepteur (fig. 79). — Il existe un ^and nombre de modèles de récepteurs Morse; nous choisirons comme type celui que Ton
Fig. 79. — Uêcepleur Mone.
construit actuellement, nous réservant d'indiquer les particularités les plus importantes des récepteurs anciens que Ton rencontre encore dans un grand nombre de bureaux.
Le récepteur Morse comprend deux parties bien distinctes : lui moteur mécanique (mouvement d'horlogerie), un moteur électrique (électro-aimant).
Le moteur mécanique a pour unique objet d'assurer le déplacement uniforme de la l>ande de papier sur laquelle s'enregistrent les signaux.
Le moteur électrique n'est, par le fait, qu'un maniptilateur électrique qui reproduit tous les mouvements du manipulateur de la station correspondante, manœuvré par la main du télégraphiste.
Mouvement dli^rlofjerie. — Le mouvement d'horlogerie qui
Fig. 80. — Récepteur Morse, harilleC
constitue le moteur mécanique du récepteur Morse se compose d'un fort ressort en acier m^ant en mouvement un certain nombre de roues dentées, ainsi qu'un axe vertical qui supporte un ré^lateur de vitesse^
Le ressort, long d'environ 4 mètres, analogue à ceux des pendules, conmie eux enroulé en spirale, est renfermé dans un barillpt (ûg. 80 , traversé par un axe A A', dont l'extrémité A se termine par un pas de vis.
Cette partie filetée reçoit une clé qui sert à remonter le mouvement. Le ressort est accroché, d'une part, à une pièce rivée en B sur la face interne du barillet, d'autre part, à une saillie B' de l'axe AA'; des u^illets ont été pratiqués, à cet eilet, dans les deux extrémilés du ressort. En tournant la clé de gauche à droite, on tend le n^ssort; mais il est clair qu'il se détendrait immédiatement si une disposition mécanique bien connue ne l'en empêchait.
Sur la partie A' de l'axe, qui fait saillie en arrière de la face postérieure du barillet (fig. 81 \ se trouve calée une pièce C munie d'un doigt iVarrôl. Une croix dp Malte, dont h»s sept premières l)ranches sont concaves, tandis que la huitième est convexe, est montée sur la vis V, tangentiellement à la pièce C, et peut tourner autour de cette vis.
Lors(|ue le ressort a été placé dans le Imrillet, on a eu soin de
Xamorcer, oi>ération qui consiste à tendre légèrement le ressort à Taide d'un tour de clé. Cette tensicm initiale doit être constamment maintenue, et elle Test par la position relative dos pièces C et D. En efï'et, la croix de Malte est placée de telle sorte que sa dent convexe vienne s'appuyer sur la gauche du doigt d'arrôt de la pièce C, lorsque la tension initiale est obtenue ; la
^v^AMAA-OMo^^
Fig. 81. — Croix de Malte du bariUet.
convexité de la dent forme arrêt et empêche le barillet de tourner dans le sens du déroulement du ressort, de sorte que le ressort ne peut plus se détendre et reste constamment amorcé. La croix de Malte possédant sept dents concaves, on ne peut donner que sept tours de clé pour remonter le ressort, car, alors, la dent convexe vient de nouveau rencontrer le doigt d'arrêt et s'oppose à la continuation du mouvement de rotation de Taxe. Pendant le remontage, à chaque tour de clé, le doigt de la pièce C s'engage entre deux dents de la croix de Malte et la fait avancer d'une dent, jusqu'à ce que, comme nous l'avons dit, le doigt rencontrant la dent convexe, la convexité de celleci forme arrêt. Le remontage est alors terminé et la dent convexe se trouve à droite du doigt d'arrêt de la pièce C, comme dans la figure 81.
Le mouvement d'horlogerie est disposé tout entier entre deux platines en laiton qui, solidement réunies par des entretoises, et immobilisées sur un socle en bois, forment une sorte de cage qui englobe tous les rouages. Ces platines sont percées de trous, convenablement espacés, dans lesquels tourillonnent les axes. Lorsque le barillet est mis en place dans cette cage, l'extrémité A' de son axe, terminée en carré, s'engage dans une roue à rochet E (fig. 8:2) qui suit le mouvement de l'axe, lorsqu'on tourne la clé pour remonter le ressort. Un cliquet F, pressé par un ressort Fig.82.-Enciiquetage ^^ s'appuic sur Ics deuts de la rouc E et de l'axe du bariUei. l'cmpêchc ainsi de revenir en arrière lorsqu'on cesse de tourner la clé; le ressort ne peut donc se débander de lui-même et conserve la tension qu'on lui a donnée. // serait très Imprudent de soulever le cliquet F lorsque Vappareil est remonté; la roue à rochet E deviendrait libre et le ressort se détendrait brusquement. Cette manœuvre occasionnerait y sans aucun doute, des dégâts dans r appareil, dont les débris pourraient blesser les personnes placées dans le voisinage.
Lorsque l'appareil est mis en marche, le ressort, en se détendant, fait tourner le barillet qui entraîne le reste du mécanisme.
Le barillet porte, en effet, des dents sur le pourtour de sa face postérieure; c'est une véritable roue dentée R (fig. 83?, qui s'engrène avec un pignon Pp porté par l'axe horizontal X^. Ce meniez axe X, est muni d'une roue dentée R^.
Le mouvement d'horlogerie du récepteur Morse contient quatre mobiles, y compris le barillet.
Le mobile X| est mis en mouvement par la roue dentée R du barillet. Le ressort, pour se détendre, fait tourner le barillet; les dents de la roue R, agissant sur le pignon P| font tourner le mobile X| ; la roue R, de celui-ci communique le mouvement au
pignon Pj
du mobile Xj, dont la roue Ra met en marche le
mobile X3 par Tintermédiaire <lu pignon P3.
Si les choses restaient en cet état, le mouvement des mobiles s'accélérerait jusqu'à ce que le ressort soit complètement
Fig. 83. — Ensemble du mouvement d'horlogerie.
détendu, ce qui se produirait avec une extrême rapidité, à peu prî^s d'un seul |coup. Pour, rendre ce mouvement uniforme, il a fallu opposer à Taction^de détente du ressort une résistance qui diminue si la vitesse tend à se ralentir et qui augmente, au contraire, si la vitesse s'accélère; c'est le rôle du régulateur,
La roue R, est en relation avec la vis sans fm V d'un arbre* vertical CC (flg. 84) pivotant entre deux chapes en agate.
Un manchon IT, placé versjle milieu de cet arbre, sur lequel il peut glisser, est pressé contre le talon T par un ressort à boudin R. La pièce II' porte en I et \ deux ressorts S, S'; ce sont de petites lames d'acier, recourbées, dont l'action est peu énergique. Ces ressorts] S, S' pressent sur les goupilles L, L' de deux ailettes M, M', appliquées sur la pièce I T, et mobiles autour de leur point d'attache.
Lorsque le mécanisme est en [mouvement, les ailettes, obéis-
^'ig. 84. — Régulateur du mouvement d'horlogerie.
sant à la force centrifupre, s'éloignent de Taxe et s'en écartent d'autant plus que le mouvement s'accélère davantage; mais plu«
elles s'écartent, plus la résistance (pi' elles opposent au déroulement du ressort moteur est considérable ; leur efïet tend donc à ralentir la vitesse ([ui s'accélère. Mais, en revanche, si la vitesse tend à diminuer, la rési^ lance qu'elles opposent diminue aussi. On coneoit donc qu'on poisse arriver à une compensation et que U* mouvement reste sensiblement uniforme.
A la partie inférieure de Taxe G i\
se trouve une goupille horizontale ^r;
^ ^ en regard et sur le socle de l'appareil
^^^JJ^ est un levier Z, mobile autour d'une
nr^ Je vis-pivot, et muni d'une goupille
^^^^^ ' verticale K. En poussant le levier Z
vers la droite, la goupille K vient buter contre la goupille r/ et le mouvement d'horlogerie est arrêté; en ramenant le levier Z vers la gauche, la goupille g devient libre, et le mouvement d'horlogerie se met en marche.
Les rapports des vitesses des différents mobiles sont déterminés par les nombres des dents des roues et des pigncms; ces nombres sont les suivants :
R i;]:2 dénis
R, ii:i — P^ -2i dents Rj 8i — P^li — R3 :u — P3 10 —
Le pignon P^ (h» l'axe de la molette porte 10 dents; le pignon P5 de l'axe du cylindre d'entraînement en porte 28.
Le mouvement d'horlogerie doit dérouler pendant 40 inimites sans être remonté; la vitesse de déroulement du papier doit -être de 1,70 m au plus au commencement et l.iO ni au moins à la iln.
Organes fonclionnant sous Vactian du mouvement dhmlofferie, — Sur la droite du récepteur (fîg. 8:i , une colonne métallique supporte le rouet qui reçoit le rouleau de papier sur le(piel doivent s'enregistrer les signaux. Si, dans un récepteur bien installé, nous suivons le chemin parcouru par la band^ de
papier, nous la voyons' s'engager entre les branches d'une fourchette F, puis sur une petite poulie à large gorge G, dont les joues, mobiles, peuvent êlTe rapprochées ow éloignées Tun^ de l'autre à la main. Les deux pièces F, G servent de guides à la bande de papier; elles sont fixées à demeure sur la platine antérieure du récepteur et ne- participent pa& au mouvement de rotation imprimé aux autres organes.
La bande de papier passe ensuite au-dessous d'ime molette M, actionnée par le mécanisme moteur. Cette midette est, en effet, calée sur un axe horizontal, muni d'un pignon P^ que fait toiuner
Fig. 85. — ProUl du récepteur Morse.
le mobile Xj du mouvement d'horlogerie. La molette porte, perpendiculairement à son plan, ime série de goupilles qui entraînent un cylindre dentelé sur son pourtour.
Ce cylindre, (juc Ton appelle tampoa encreur, est recouvert de drap; il est monté sur une chape T et mobile autour de son axe. Le tampon est imbibé d'une encre grasse composée, en poids, de 810 parties d'imile pour 190 parties de bleu de Prusse en poudre (encre oléique); il se uKMit en sens inverse de la molette; par son propre poids, il exerce une certaine pression sur la tranche de cette molette et la recouvre constamment d'une mince couche d'encre oléique. Cette encre est déposée sur le tampon, à l'aide d'un pinceau, par le télégraphiste, au fur et à mesure que le besoin s'en fait sentir; il suffit généralement de répéter l'opération d'beure (»n beure.
En continuant à suivre le trajet de la bande cUî pai^ier, nous la voyons s'engager entre deux cylindres X, N', sorte de laminoir qui la fait avancer. L'axe du cylindre N porte en elïet un
pignon engrenant, comme celui de la molette, avec le mobile Xj du mouvement d'horlogerie. L'axe du cylindre N' est indépendant, mais un ressort S, commandé par une vis H, presse le cylindre N' de haut en bas et le maintient appliqué sur le cylindre N. Le cylindre N imprime à N' un mouvement de rotation inverse du sien, et la bande de papier, engagée entre les deux cylindres, est entraînée par cette sorte d'engrenage, dont l'adhérence est rendue plus intime par les aspérités que Ton a eu soin de laisser sur la surface latérale des cylindres. Les cylindres N et N' ont reçu le nom de cylindres d'entraînement.
Lorsque la bande de papier passe entre les cylindres d'entraînement, elle est déjà recouverte des traces d'encre oléique représentant les signaux; pour empêcher ces signaux d'être' effacés par le contact des surfaces cylindriques, on a ménagé au milieu du cylindre N' une rainure profonde. Enfin, une manette Y permet de relever le cylindre N' que l'on peut ainsi soustraire à l'entraînement de N. Cette manette est mobile autour d'une vis fixée sur la platine antérieure de l'appareil, ainsi, d'ailleurs, que la vis qui soutient le cylindre N', et l'équerre qui supporte le cylindre N.
En manœuvrant la vis H on augmente ou on diminue l'adhérence entre les deux cylindres; c'est un moyen de réglage pour l'entraînement du papier. La manœuvre de la manette Y, en soulevant le cylindre N', permet de rectifier la position de la bande de papier entre les deux cylindres.
Electro-aimant. — L'électro-aimant du récepteur Morse est l'organe qui détermine l'enregistrement des signaux sur la bande de papier; il joue sur un levier enregistreur le môme rôle que la main du télégraphiste sur le manipulateur. Cet électroaimant est à bobines métalliques, la communication électrique, d'une bobine à l'autre, a lieu par l'intermédiaire de la culasse.
Il est à remarquer que, dans les récepteurs Morse actuels, les vis qui unissent les noyaux à la culasse sont en laiton et que les noyaux eux-mêmes sont séparés de la culasse par des rondelles également en laiton; cette disposition, qui diminue un peu la sensibilité de l'appareil, a pour objet d'atténuer très notablement les effets du magnétisme rémanent.
La carcasse des bobines est formée par un tube en laiton, fendu suivant une de ses génératrices, aux deux extrémités duquel sont soudées des rondelles de laiton qui constituent les joues. Les bobines sont enfilées sur les noyaux de fer doux et y sont calées par des feuilles de clinquant qui assurent l'adhérence et la conductance.
APPAREIL MORSE il3
Évidemment, la force magnétisante développée par le passage du courant électrique serait plus énergique si le fil de cuivre était enroulé directement sur les noyaux en fer doux, mais ce léger avantage ne pouvait entrer en ligne de compte avec la facilité de remplacement des bobines indépendantes, et c'est à cette dernière solution que Ton s'est arrêté.
Pour suivre les indications théoriques, il aurait fallu aussi adapter la résistance électrique des bobines à celle du circuit extérieur, étant donné que Ton obtient un effet maximum lorsque la résistance du fil de Télectro-aimant est égale à celle de tout le reste du circuit. Il aurait fallu alors avoir un récepteur construit spécialement pour chaque circuit télégraphique et affecté à demeure à celui-ci; encore n'aurait-on pas obtenu des résultats absolument satisfaisants, en raison des variations d'isolement que subissent les lignes télégraphiques. Anciennement on avait admis trois types de récepteurs que l'on appelait récepteurs à petite, à moyenne et à grande résistance. La résistance du fil de leurs électro-aimants correspondait à 10,500 et ^000 ohms; les récepteurs à petite résistance étaient actionnés par des relais. Aujourd'hui on a adopté un moyen terme et les électro-aimants de tous les récepteurs ont une résistance électrique de 500 ohms, soit 250 ohms par bobine.
Ces électro-aimants répondent aux conditions suivantes, imposées par les cahiers des charges : chaque bobine se compose de 7000 spires de fil de cuivre recouvert de soie, (diamètre du fil nu : il/iOO de millimètre), l'épaisseur totale des spires ne devant pas dépasser i centimètre.
Le fil de cuivre, préalablement dénudé, est soudé à la carcasse métallique de la bobine qui est ensuite garnie d'une couche de papier enduit de bitume de Judée, de manière à empocher toutes fausses communications entre les spires et la carcasse. L'enroulement du fil se fait sur un dévidoir spécial, les spires étant régulièrement alignées. Au-dessus de la dernière rangée de spires de fll fin, on recouvre la bobine d'une enveloppe de carton, et, pardessus cette gaine protectrice on enroule une nouvelle couche de fil, plus fort que le fll intérieur, et appelé fil de couverture. Ce iil de couverture a généralement 4i/100 de millimètre de diamètre; il est soudé au fll fin qui, lui-même, ne doit pas être en plus de deux bouts. Les points de raccordement sont soigneusement isolés des spires voisines à l'aide de minces feuilles de papier.
Dans la confection des soudures, l'emploi de l'acide chlorhydrique est absolument interdit; celui de la résine est seul admis.
La bobine terminée, le fil de couverture est arrêté par une
double boucle laissant sortir une longueur de fil de 15 à iO centimètres. La surface latérale de la bobine est enfin enduite d'un vernis au bitume de Judée. Le nombre des tours du fil sur les bobines d'un même récepteur doit être identique et il ne doit pas y avoir un écart de plus de 4 ohms entre les deux bobines.
Les deux bobines sont enroulées de la même façon; une fois calées sur les noyaux, elles communiquent électriquement entre elles par Tintermédiaire des noyaux et de la culasse; ainsi, un courant qui pénètre dans la bobine de gauche traverse toutes les spires de fil, en allant de Textérieur à rinlérieur de la bobine, passe par la carcasse, le noyau de gaiiche, la culasse, le noyau de droite, la carcasse de la lK)bine de droite et toutes le^ spires de cette bobine, en allant de l'intérieur à l'extérieur, pour ressortir par l'extrémité libre du fil de couverture. Dans ces conditions le courant développe un pôle magnétique Nord au sommet de l'un des noy-aux et un pôle magnétique Sud au sommet de l'autre noyau, La polarité de chacun des noyaux étant déterminée par le sens du courant.
Dans le récepteur Morse, Télectro-aimant est placé verticalement; sa cillasse s'emboîte dans un socle en laiton auquel elle est solidement fixée par une forte vis. Les extrémités libres des fils de couverture sont contournées en boudin, traversent deux tubc^s protecteurs en ébonite et le socle de l'appareil, et, finalement, sont dénudées, puis arrêtées chacune sous une vis, endessous du socle.
L'armature P de l'électro-aimant tftg. 85) que, dans le langag(^ familier, on appelle souvent \^ palette, est fixée par deux vis sur une pièce de cuivre A B qui porto un crochet et est reliée à un axe d'oscillation, dont leç extrémités reposent sur les pointes d(» deux vis 0, supportées par le bâti de l'appareil. L'une de ces vis (^sl lixe, l'autre, munie d'un contre-écrou, est utilisée pour le réglage. La pièce A B reçoit une tige d'acier C nommée couteau. Ce couteau est commandé par une vis de réglage U. Les oscillations <le l'extrémité AB de la pièce en laiton qui supporte l'armature sont limitées par deux vis V, V', montées sur une colonne métallique. Dans sa position de repos, c'est-à-dire lorsque Farmatur(î n'est pas attirée par l'électro-aimanl, la partie B vient buter contre la vis V. Lorsque l'armature (?st attirée, la partie B rencontre la vis V qui est réglée de manière à ce que l'armature ne [»uisse pas toucher les noyaux de l'électro-aimant.
L'armature est, dans sa position de repos, maintenue éloignée des noyaux de l'électro-aimant par un ressort antagoniste R (jui oblige la partie B à s'appuyer sur la vis V.
Ce ressort antagoniste est un fil de laiton contourné en spirale et terminé par deux boucles dans lesquelles s'engagent le crochet de la pièce AB et un autre crochet dépendant du tendeur E.
Le ressort antagoniste, ainsi que la pièce à laquelle il s'accroche, sont protégés par un tube de laiton fixé à la cage de l'appareiL Le tendeur est filelé et traverse Técrou E, monté sur le tube d'une manière ingénieuse. Cette pièce est munie <run doigt qui passe à travers une glissière pratiquée dans la paroi du tube ; la pièce ne peut donc pas tourner, mais seulement se mouvoir de haut en bas ou de bas en haut. Il résulte ile cette disposition que, en tournant le bouton E dans un sens ou dans Tautre, on fait monter ou descendre la tige et, par suite, on tend ou on détend le ressort antagoniste.
L'extrémité du couteau C se trouve exactement au-<iessous de la molette M; entre les deux passe la bande do papier.
Dès qu'un courant traverse les boliines de Télectro-aimant, l'armature est attirée et le couteau presse la bande do papier contre la molette, sans cependant l'arrêter. Une trace d'encre oléique est déposée sur la bande, et cette trace est d'autant plus longue que l'attraction de l'armature dure phis longtemps. Aussitôt que cette attraction cesse, le ressort antagoniste ramène l'armature à sa position de repos ot, le couteau se trouvant éloigné de la molette, la bande déroule librement sans recevoir de trace d'encre.
Communications électriques. — Les communications électriques du récepteur que nous venons do décrire sont extrêmement simples. Le socle en bois qui soutient l'instrument porte lieux bornes marquées L ot T. Chacune de ces bornes est reliée à l'une dos extrémités du fil des bobines de l'électro-aimant, de sorte qu'un courant électrique entrant par la borne L ressort par la borne T, après avoir traversé les deux bobines de l'électro-aimant.
Dans le chapitre consacré aux installations do postes nous examinerons quels sont les fils extérieurs qu'il convient d'amener aux bornes L,T; mais, pour les oxcrcicos (\o transmission des débutants, il est utile d'histallor une communication locale entre un manipulateur et un récepteur, puis, un peu plus tard, d'agencer dans une même pièce doux postes sur lesquels travaillent deux élèves pouvant altornativoniont transmettre ou recevoir des signaux Morse; voici comment ou procède à ces installations.
Le manipulateur étant fixé sur la tal)lo par Houx vis, on attache le pôle positif d'une pile do doux ou trois oloniontis
à la borne P. Le pôle négatif de cette pile est relié à la borne T du récepteur placé en regard du manipulateur. La borne L du récepteur est réunie à la borne L du manipulateur dont la borne A reste sans emploi. Ces communications sont installées avec du fil de cuivre recouvert de gutta-percha, dit fil de poste, ou avec tout autre conducteur recouvert d'une enveloppe isolante que Ton a soin d'enlever aux points qui doivent s'engager sous les bornes.
Tous les signaux produits par la manœuvre du manipulateur sont reproduits par le récepteur; il est donc possil)le au télégraphiste, en laissant dérouler la bande, de contrôler sa propre transmission et d'en corriger les défauts.
Souvent, pour cette installation en local, on fait usage des appareils momentanément inoccupés dans le bureau et tout installés sur les tablés. Il suffit de détacher le fil qui aboutit à la borne L du manipulateur et de le remplacer par un fil volant reliant la borne L à la borne A. Dans les mômes conditions, on mettrait deux manipulateurs et deux récepteurs en relation en réunissant les bornes L des deux manipulateurs par un fil volant, après avoir préalablement détaché les fils habituellement affectés à ces bornes. Le manipulateur de gauche correspondrait avec le récepteur de droite et inversement le manipulateur de droite enverrait ses signaux dans le récepteur de gauche.
Alphabet, méthodes pour rapprendre.
ALPaABET
SIGNAUX
SIGNAUX
UJ
SIGNAUX
ch d e é f
s t u iî