ET DE L INDUSTRIE
Applications da téléphojif^. — Installations domestiques : tt^lépUonos domestiquer md4>réglaldeâ, système Ader; t<>lôpln»nes indôrt-^plables, système Bertlioo: poste t(51éplioniriiie domestique JitUdé. — Applications aux opérations militaires : poste de la Soci*>té des Téléphones; postes Mildé; postes de Branvilîe. ^ Application h à la physiologie et à la médecine ; audiomf^tre; balance d'induction; sonde microtéléphoniqne; stëlhoseopes mierophoniques, — Applications aux auditions thi?illrales, théâtrophone.— Applications aux réseaux de secours^ avertisseur universel Dig'eon, — Applications aux chemins de fer, système Bréguet à appel omnibus. -^ Applications a l'exploitation des mines. — Appliisattons à ta mesure électrique : pont de Kohlrausch; rccherelie des fautes dans le% cÀhles; recherche des détauti de centrage dans l<?s cahles.
Applications du téléphone, — Nous ne nous proposons pas, dans cet ouvrage, d'éturîier en détail les nombreufses applications du tùléphono aux difTérentH besoins de la vie sociale. Nous nouH contenterons d "esquisser à grands traits les combinaisons ingénieuses qui ont permis d'utiliser cet instrument si sensible dans les conditions les plus diverses,
A la maison, le téle?phone est devenu un auxiliaire presque indispensable; il permet au chef d'une exploitation importante d'être constamment en relation avec ses employés, sans avoir à les déranger de leur travail et à les appeler prés de lui pour îeur communiquer ses ordres*
Le soir, il procure aux personnes fortunées les douces jouis*
sances d'une audition théâtrale sans avoir à se déplacer, C*est
'lïi eoin du feu que l'on peut aujourd'hui percevoir les nuances
plus délicates des œuvres musicales exécutées dans les
ncipaux théâtres.
l la guerre, il met en communication les postes avancé?
avec le gros dos troupes; il permet de laisser en relation constante, do la tctc H la queue, ]os colonnes en marclie; il établit la liaison entre les observatoires aériens installés dans les ballons captifs et les états-majors auxquels sont destinés les renseignements recueillis.
Après le combat, le téir*phone devient lauxiliaire du chirurgien et lui signale la présence des projectiles profondément enfoncés dans les tissus, Bi le proccflc n'est pa8 absolument (pratique sur les rhamp.^ do bataille ou dans les ambulances, en raison de Tencombrement, il peut rendre de signalés services dans les hôpitaux.
Dans tous les réseaux orcranisés dans le but d'amener promptement des secours sur un point donné, Temploi du téléphone s'impose. Son usage permet d'indiquer d'une façon nette et précise quelle est la nature du niai auquel il s agit de porter secours. Veut-on les pompiers? 11 y a intérêt à leur faire connaître s*ils vont se trouver en présence d'un simple feu de cheminée ou d'un violent incendie; c'est le roîe du téléphone.
Pour les mesures électriques qui ne demandent pas une grande précision, on le substitue avantageusement au galvanomètre ï il a reçu notamment une application importante dans le pont de Kohlrausch.
En suivant les didérents ordres d'idées que nous venons d'énumérer, nous décrirons successivement les applications les plus importantes du téléphone aux installations domestiques, aux opérations mihtairesj aux opérations chirurgicales et aux observations physiologiques, aux auditions théâtrales, aux réseaux de secours, aux chemins de fer, aux mesures électriques.
Installations domestiques. — Les téléphones, à Tintérieur des maisons, dans les usines, dans les grandes administra- Lions, deviennent le complément indispensable des sonneries électriques; il serait superflu de montrer ici les avantages qu*on en peut retirer.
Les installations domestiques peuvent être évidemment ee que sont les installations des abonnés reliés au réseau téléphonique général; cependant, les besoins n'étant pas les mêmes, on peut créer une organisation complète à bien meilleur compte. Chacun peut aménager à domicile un poste central relié a un nombre illimité de postes simples. L'industrie n construitj dans ce luit, des appareils robustes, commodes peu coûteux. Nous n entrepn.^ndrons pas de décrire tous systèmes que Ton trouve dans le commerce: quelques ex*
pies, accompaorncs de figures, suffiront pour montrer tout le parti que l'on peut tirer chez soi d*une installation téléphonique bien agencée.
Les appareils utilisés peuvent être de simples téléphones magnétiques ; il n*y a aucun inconvénient, les distances à franchir étant ordinairement très courtes; il y aurait économie si les appels avaient lieu par des systèmes électro-magnétiques. Cependant, comme on fait habituellement usage de piles pour les appels, on peut toujours aff'ecter deux ou trois éléments de celle-ci au service des microphones et employer des appareils microtéléphoniques, toujours plus puissants que les téléphones magnétiques.
La Société générale des Téléphones a adapté deux de ses systèmes aux usages domestiques :
le récepteur Ader seul et aussi le microphone Berthon combiné avec le récepteur Ader.
Téléphone domestique indéréglable, système Ader. — L'appareil le plus simple comprend une applique murale {fig. 385), au centre de laquelle on voit un bouton d'appel. Deux crochets formant commutateur supportent un récepteur Ader n** 3, soit à manche en bois noir, soit à anneau. Les bornes qui couronnent l'applique murale reçoivent les deux pôles de la pile, le fil de ligne, le fil do terre et les deux fils de sonnerie.
Cet agencement à téléphone unique est peu commode: il
faut porter alternativement l'appareil de la bouche à l'oreille,
-^uivant qu'on veut l'employer comme transmetteur ou comme
écepteur. Ce va-et-vient perpétuel qui suit les phases de la
îonversation ne laisse pas que d'être gênant; en outre, si l'on
*.e prend pas le soin de faire des poses, les commencements
Fig. 385. — Téléphone domestique indéréglable, système Ader. Modèle à téléphone unique.
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des phrases peuvent échapper aux deux interlocuteurs, chacun d'eux, dans sa précipitation à répondre, ne laissant pas à son
correspondant le temps de mettre son téléphone à roreille. Le (îispositif représenté par la figure 386, bien que d'un prix plus élevé, est infiniment plus commode que le précédent. 11 rappelle, parla forme, les appareils d'opérateur que nous avons décrit^^; c'est cependant un double téléphone magnétique : il esit uniquement composé de deux récepteurs Ader n*" 3 réunis par une tige métallique; par opposition à l'appareil combiné Berthon-Ader»
qui a la même forme, on l'appelle téléphone Ader-Ader. Ces postes téléphoniques magnétiques peuvent rtre installés de plusieurs manières:
4"* Communication simple : les deux postes sont reliés par un iil unique avec terre à chaque poste ou bien par une ligne double. L'installation est complétée par deux sonneries. On peut faire usage d*une pile d'appel dans chacun des postes, ou bien d'une pile unique, mais alors un fil supplémentaire est nécessaire pour faire communiquer la pile avec les deux postes;
2" Communication avec poste central : Torganisation d'un semblable réseau comporte elle-même plusieurs solutions. L'une d'elles est analogue aux installations des sonneries électriques; on peut même la substituer à ces dernières. Les postes simples peuvent appeler le poste central sans pouvoir être appelés par lui ; c'est le cas d un chef appelant ses subordonnés et ne lant pas être appelé par eux.
pans un autre arrangenient les postes simples peu*
Fi g. 386. -* Téléphone dûmestiqu*' Indéréglable, système Ader. Modèle à téléphone double.
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appeler le poste central et réciproquement. On réalise ces deux dispositions à l'aide d'un tableau.
Il est possible d'organiser un montage très simple à l'aide d'un commutateur rond. Avec ce système, le poste central peut appeler tous les postes du réseau, mais ceux-ci ne peuvent entrer en relation avec lui que lorsqu'ils ont été appelés ; ils peuvent alors répondre, soit par sonnerie, soit par téléphone.
Des communications plus compliquées encore sont susceptibles d'être réalisées et, notamment, le poste central peut mettre les différents postes en communication entre eux avec appel direct.
Téléphone indéréglable, système Berthon. — Cet instrument comprend un microphone Berthon à grenaille, monte sur une applique murale à l'aide de deux petites consoles métalliques qui servent en même temps à le relier électriquement {fig. 387). Sous le microphone on aperçoit le bouton d'appel, et un peu plus bas le crochet commutateur qui supporte un récepteur Ader n* 3.
On peut également faire usage pour les installations domestiques d'un appareil combiné Berton-Ader monté sur une applique murale, comme le type n* 8 bis que nous avons décrit et figuré (page 91).
Les microphones domestiques ne comportent pas de bobine d'induction; cet organe devient inutile en raison du peu d'étendue des réseaux.
De même, le nombre des éléments de pile affecté aux appels peut être très restreint, mais, quel que soit ce nombre, on ne doit jamais affecter que deux éléments au service du microphone.
On retrouve dans l'installation des microphones domestiques des combinaisons analogues à celles que nous avons ''''jnaléos à propos des téléphones magnétiques. La figure 388 représente un microphone Berthon monté sur tableau annonciateur à disque, petit modèle, à cinq direcns ; c'est un poste central qui peut appeler les postes sim-
Fig. 387. — Téléphone domestique, système Berthon.
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pics et être appelé par eux; ce poste peut également niettre les divers postes en communication entre eux.
Fig. 3SS. -. Poste téléphonique do mes Ug ne, système Bertbon.
Poste téléphonicïue domestique Mlldé. — La maison Mildé construit plusieurs uiodùîes de postes téléphoniques destinés aux usages doinciàtiques. L'un d'eux que nous représentons {fig. 389) a la forme d'un porto-montre; il comprend un récepteur à anneau^ une sonnerie, un bouton d'appel et un coninmtateur automatique ; le constructeur a donné le nom de portevoix électrique à cet instrument.
Les postes Mildé sont d'un montage commode et, dans la plupart des cas, peuvent se substituer sans chant^^enient à U"" installation de sonneries élcctri€|ucs déjà existante.
Applications aux opérations militaires, — L'emploi téléphone aux opérations militaires est séduisant à priori.
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matériel est peu encombrant, la aensibilitë de^; appareils est extrême, Icducation du personnel csst facile et n'exige pas beaucoup de tomps; ce dernier i^oint est un facteur impurtant surtout dans les armées où la durée du service est réduite jusqu'aux dernières limites. Dans toutes ces commodités n'y a-t-il pas un trompc-l'œil, et les inconvénients ne suri>a^sonlils pas les avantages? Dussions-nous nous faire considérer comme un ennemi du progrès, nous devons envisager avec sanîT-froid les inconvénients que peuvent présenter les téléphones employés aux armées.
Il existe trois faeons d'utiliser le téléphone en campagne :
i* On peut l'employer comme dans les usages de la vie civile pour transmettre la parole, soit qu'on se serve seulement de téléphones magnétiques, soit qu'on ait recours aux systèmes microtéléphoniques ;
2" On peut transformer le récepteur téléphonique en un vibrateur très sensible, permettant de percevoir à Toreille, i»ar une sorte de ronflement,des signaux Morse transmis par un manipulateur ordinaire ;
3" On peut me [ne utiliser le téléphone comme un parleur télégraphique ordinaire, dans lequel les signaux Morse sont limités par les deux bruits secs que produisent lu fermeture et l'ouverture du circuit à l'aide d'un manipulateur.
Le téléphone magnétique, en tant queporfe-paroie» est relié par un de ses cordons souples ou par une de ses bornes au lil de ligne qui est généralement un cable léger, de petit diamètre; par l'autre cordon souple ou par l'autre borne on le met en relation avec la terre. Pendant la conversation, le téléphone est alternativement porté de la boucUe a Toreillc; c'est un inconvénient auquel on peut aisément remédier en accouplant deux téléphones dont on maintient constamment l'un --^ face de la bouche, tandis que l'autre reste appliqué sur
reille.
Pour ne pas sencombrer de piles et de sonneries, ce qui
.erait au système tout son caractère de simplicité et de légc-
Fig. S89. — Tostû ti^léphoniquc ilg mes tique Milcl^.
reté, on fait usage de signaux acoutisques produits par de petites trompettes à anches dont les sons, émis devant la membrane du téléphone transmetteur, sont répercutés par la membrane du téléphone récepteur. Le bruit produit par cet avertisseur est, en petit, celui des cornes des tramways. C'est de la sorte que fonctionnaient les téléphones Siemens qui furent pendant un certain temps adoptés parlarmée française.
Fig. 390. — Poste téléphûiiigtie miUuire, modèle de li 5oci*të des TélOphones.
La difficulté de transporter les microphones sans les déré* gler ou les briser, a été longtemps considérée comme un obstacle à remploi de ces instruments pour le service de campagne. La question semble cependant résolue aujourd'hui et fiiJTérents postes microtéléphoniques militaires ont été co truUs et essayés. N'ayant pas à traiter ici des questions télégraphie militaire, il ne nous convient pas de dire quels ^
ceux de ces postes qui font actuellement partie de larmement soit des unités télégraphiques, soit des corps de troupes pour leur service intérieur; d'ailleurs, en téléphonie, les progrès sont si rapides que Tarmement d'aujourd'hui peut ne plus être celui de demain ; nous nous bornerons donc à donner une idée des principaux types, sans nous préoccuper de leur emploi.
Poste de la Société des Téléphones. — L'appareil combiné Borthon-Ader, transporté dans un étui convenablement approprié, constituerait un poste simple, d'un emploi commode, s'il était pourvu d'un système d'appel.
M. Berthon a réuni dans une boite portative les éléments d'un poste complet {fig. 390).
La boite, en chêne, mesure 0,242 m. sur 0,275 m . ; elle est munie d'une poignée, et renfermée dans un sac en cuir, avec bretelles, qui permet de la porter à dos d'homme. Elle contient un appel magnéto-électrique, ({ue l'on aper(:oit sur la droite de la figure, et que Ton manœuvre à l'aide d'une manivelle. La sonnerie est placée sur la face antérieure, et i^rend ses communications, quand la boite est fermée, à l'aide de deux équerres, situées près de la charnière. Vers la gauche, on aperçoit trois éléments de pile dont le liquide est immobilisé par de Tagar-agar; ces éléments sont renfermés dans des vases en ébonite complètement étanches; ils servent uniquement à faire fonctionner le microphone.
L'installation est complétée par une bobine d'induction, un commutateur et un appareil combiné Berthon-Ader.
Postes Mildé. — M. Mildé a construit un appareil léger qu'il destinait à la cavalerie. Cet appareil comprend un transmetteur {fig. 391) réuni à un récepteur, en forme de montre, par une poignée métallique articulée. Le bouton d'appel fait corps avec le transmetteur qui est également garni d'un commutateur; un second récepteur peut être ajouté au poste; les moyens d'appel sont indépendants.
Dans un second modèle ifig. 392) un transmetteur magnétique construit par M. Richard, de la maison Mildé, est monté sur une sonnerie à appel magnétique. Deux récepteurs sont suspendus à des crochets dont l'un sert de commutateur, comme dans les postes d'abonnés; l'appareil est également pourvu d'un paratonnerre.
^^-^STEs DE Branville. — M. dc Branville qui s'empressait ijours de prêter son précieux concours aux officiers et aux ctionnaires s'occupant de télégraphie militaire a, de son ^, construit plusieurs modèles de postes portatifs.
ISO TELEPHONIE PRATIQUE
a Les conditions générales auxquelles doivent satisfaire les divers appareils composant un poste militaire portatif, dit M, de Branville, sont les suivaiite.s ;
a Le pdi'leur doit transmettre les sons articulé*^ avec la plu^ grande clarté, imie à la plus grande intensité possible. La réunion, dans la plus larije mesurcj de ee^ deux nualités fon-
Fjir, 391. ~ Pi3>te télé|ihoniquo mîlitairCt î^yslômc Mildé.
damenialcs, conduit en principe à Tadoption du microphone.
« Les écouleiir6 doivent être à rci^dage permanent et reproduire la parole avec beaucoup de netteté, aJin d*obtenir uac audition satisfaisante.
« Leï:i piles doivent toujours être en état de fonctîonner à circuit fermé, pendant d'assez lony^ues périodes, sans polarisation notable; elles ne doivent exisrcr aucun entretien jusqu à épuisement des principes constituants. En outre, comme toute ]>ile doit ctrc renouvelée après un certain temps de service, il faut limiter leur emploi au nombre d'éléments nci^cssaire ^ "" bon fonctionnement du microphone.
a Les appels de poste à posle^ ou de posfe à ccn/raf, di . donc être fait^ sans le secours d'une pîlc auxiliaire, en
^•ip^
APPLICATIONS m
ployant, par conséquent, de petits appareils à courants d'induction , coiivunable meut appropriés.
« Tous les appan^ils et accessoires doivent, sans exagération de poids, être ^olidcInent construits, de far on à pouvoir ctrc employés dans un service actif, <^t agencés de manière â permettre, au besoin, une visite facile et rapide des ortjanes essentiels. 3>
C'est d'après ces données que M, de Bran ville construisit son poste niicroté léphonique portatif représenté par la figure WS.
D est un microphone d'Arsunvat et Paul Berl;
C C sont des récepteurs posés sur les crochets commuta' teurs DD\
b\^. ^ja. — Poiste iéU)phoniqiie milit:uio avec
tra II s m 1 1 E c u r i na l,' a*} { i< | u e*
Fi g. 393- — Poftte nv i t.' ro téléphonique m il f taire» î^ystème de Braaville,