‹ Téléphonie pratique (volume 2)Chapitre 30 sur 35 · H'IH · texte numérisé non relu

H'IH

CF^fi^iTr

Fig. 406. — Diagramme des divers postes d'avertisseurs Digeon (emploi d^ continu), avec appareils automatiques de contrôle.

Flg. 407. — Diagramme des divers postes d'avertisseurs Digeon (emploi du courant

intermittent).

La disposition des cames diffère d'un poste d'appel à l'autre ; s cames sont réparties sur la roue de façon à figurer plu-

' -^"i* «wyciwuii.!»'-'

sieurs fois de suite une mùme lettre de Talpliabct Morse; à chac[ue poste d'appel est alïcctée une lettre difTércntep ï!?ur la bande du récepteur Morose, les émissions successives produites par la rotation de la roue à cames forment des points et des traits qui sont l'exacte reproduction de la lettre Morse figurée sur la roue. Le poste d'appel enregistre donc ïui-ménie^ sur la bande du poste de secours ^ la lettre qui sert à le désii^ner et, pour éviter toute erreur, cette lettre est plusieurs fois répétée.

Emploi du courant inter»itteht, — L'appareil avertisseur des postes de secours (fig, 407) se compoï^e d'un électro-aimant, d'une armature portée par une équerre articulée, et d*unc lame R qui ferme le circuit de la pile locale» lorsque Tarmature adhère aux noyaux. Dans cette dernière position, un bouton placé à l'extérieur de la boite de Tappareil permet de ramener l'armature. De plus, lorsque le réseau comporte plusieurs postes de secours, l'appareil du poste 1 est agencé de façon à envoyer le courant sur la ligue des que Tarmature est attirée- A cet effet, la vis butoir V est isolée de l'équciTe articulée, et une seconde lame R' a été placée a côté de la lame II.

Sur la planchette du commutateur de chacun des postes d'appel est fixée une platiuc p^ reliée à la terre, et sur laquelle vient frotter, quand le levier bascule, un contact flexible vissé sous ce levier.

Le commutateur des postes de secours avec ou sans pile de ligne comporte deux plaques p et p'.

Il suffît de faire bascuîci' le commutateur de l'un riuelconcpie des postes pour fermer le circuit de la pile de ligne pendant le passage du contact du levier sur lu plaque p ou sur les plaques p, p . Dans ces conditions, Tarmature de I^avcrtisseur du poste 1 est attirée. La lame 11' de cet appareil fait circuler un courant sur la ligne, et toutes les armatures des autres postes de secours placés dans ce circuit sont attirées.

Pour entrer en commuiiicatiou avec le poste qui appelle, on appuie sur le bouton extérieur et on décroche le télépLone- On peut obtenir le ronflement en mettant au poste pourvu de la pile un avertisseur semblable à celui que représente la ligure 405 (poste A'), mais avec une armature polarisée.

Dans le cas où le circuit devrait desservir plusieurs postes de secours tout en ne comportant pas de fil de retour r^n pourrait placer aux extrémités de la ligne deux piles d'in sites égales dont les pôles positifs seraient reliés à la ligr les pôles négatifs à la terre.

Un réseau de 7 postes, dont 3 principaux et 4 intermédiaires, fonctionne régulièrement depuis le mois de mai 1888 dans les bâtiments de l'administration des Postes et des Télégraphes ; on y emploie le courant continu.

Adaptation au réseau d'jncendib de la Ville de Pabis. — Le Comité de perfectionnement du régiment des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris s'est prononcé à l'unanimité, dans sa séance du 7 avril 4892, en faveur de l'avertisseur Digeon. Toutefois, afin d'utiliser les bornes monumentales au nombre de 300, déjà en service ou en voie de construction, M. Digeon dut apporter à son appareil un certain nombre de modifications de détail.

Les figures 382 et 383 page 421 et page 427 montrent comment on se sert des avertisseurs placés sur la voie publique. Dans la première, c*est une personne qui signale un incendie ; dans la seconde, c'est un officier de sapeurs-pompiers qui s'entretient avec un poste de caserne. La figure 384, page 433, représente un sapeur pompier recevant un avis de sinistre.

La plaque que Ton voit au bas de la figure 408 est la face extérieure de la porte. Normalement, elle devrait porter un marteau destiné à briser le carreau. Ces marteaux ont été provisoirement enlevés jusqu'à ce que le public se soit familiarisé avec l'emploi des avertisseurs. Il y a eu, en effet, au début, plusieurs faux appels dus à la présence du marteau, manœuvré inconsidérément par des gamins ou par de mauvais plaisants. Quoi qu'il en soit, que le marteau existe ou n'existe pas, il faut, pour se servir de l'avertisseur, briser la glace d'un coup sec, ainsi que l'indique l'inscription placée sur la porte.

Le bris de la vitre a pour effet de faire basculer la plaque située en arrière. Cette plaque agit sur un jeu de leviers; la porte s'ouvre d'elle-même et un fort carillon se met en branle. On aperçoit ce mécanisme sur la face interne de la porte [fig. 408). Le timbre a été enlevé pour laisser voir le mouvement d'horlogerie.

Le carillon a un double objet : d'abord, il attire l'attention des passants et de la police, de sorte que quiconque aurait mésusé d'un avertisseur pourrait se trouver dans une fâcheuse situation; ensuite, par son tintement, qui dure.de 10 à 15 secondes^ il empoche la personne qui a brisé la glace de transmettre

médiatement son message téléphonique. Pendant ce temps,

sapeur de garde à la caserne décroche ses téléphones et se

3Daro à recevoir l'avis.

La porte, en s'ouvrant, démasque Tembouchure d'un téléphone et une plaque portant en gros caractères le détail des opérations à exécuter.

S'il y a eu fausse alerte, il se trouve généralement quelqu'un sur la voie publique qui prend Tinitiative de crier dans le téléphone : « No vous dérangez pas. »

S'il s'agit d'un sinistre à signaler, voici comment on procède :

Des que le carillon a cessé de se faire entendre, la personne qui signale le sinistre approche sa bouche de rembouchure du téléphone et transmet, d'une voix forte, lentement et bien distinctement, des indications aussi courtes et aussi précises que possible, telles que :

Feu de cave, d'atelier, de plancher, grand feu, etc., telle rue, tel numéro ;

Ou bien, éboulement, inondation, telle rue, tel numéro.

A défaut du nom et du numéro de la rue, il y a lieu d'indiquer un point de rei)ère qui puisse guider les pompiers.

Les indications qui précèdent doivent être répétées, à intervalles égaux, jusqu'à ce qu'un ronflement se produise dans Tavertisseur; c'est le signal de réception et, à partir de ce moment, on est certain que les secours partent.

Un sapeur est détaché de la caserne pour remonter l'avertisseur et le carillon d'alarme, remplacer la vitre et fermer la porte.

Sur la face latérale [fig, 383, page 427) se trouve une portière de service. Seuls les officiers de pompiers ou les chefs d'escouade possèdent la clé qui permet de l'ouvrir. Une fois cette portière ouverte, on aperçoit un bouton d'appel et une mâchoire destinée à recevoir le téléphone double que les escouades de pompiers emportent toujours avec elles. De la sorte, il est possible de vérilier l'état des lignes, de demander des secours, en un mot, de s'entretenir à tout instant avec le poste de caserne.

A la caserne {fig, 409), le bureau comprend un appareil Morse automatique et un tableau sur lequel sont placées une sonnerie et une clé spéciale; à gauche est accroché un téléphone double; à droite, un second récepteur.

Les téléphones sont des récepteurs magnétiques imaginés par le commandant Krebs, bien connu par ses travaux en aérostation. M. Digeon s'est réservé de faire usage d'un po microtéléphonique; mais, jusqu'à présent, les essais n'ont j donné de résultats satisfaisants. D'ailleurs, l'adjonction '^

Fig. 408. — Avorlisscur Diu'ccn dit ;i borne moimuicnlalc.

niicruphone compliquerait, sans nul doute» le «y^teine et, pour les petites distances .sur lesquelles on opère, les téléphonas magnétiques sont trcs sufiisants.

Dés que la porte d'un avcitisseur est ouverte, son mouvement d'horlogerie se met en marche ; il en résulte une série d'émissions de courant qui arrivciit au poste de caiserne et agissent sur le récepteur Morse, Chaque avertisseur fait, en cffct^ partie d'un réseau rcuni à une caserne de pompiers, et dans chaque réseau, les avertisseurs sont désignés par les différentes lettres de l'alphabet,

La lettre indicatrice est fiiTurée en signaux Morse sur une roue à cames mise en mardi e par le mouvement d'horloL^eriet et cette indication est répétée trois fois de suite sur la roue, Ainsj^ pour l'avertisseur A, la roue porte trois fois de suite, sur son pourtour, une saillie courte figurant li?i point et une saillie longue figurant tut trait; pendant le mouvement de rotation de la roue, ce jeu de cames rencontre un ressort, et, en le faisant basculer, chaque fois qu'une des sailUes passe au dessous, envoie successivement sur Ja ligne un courant de courte durée et un courant ]>rolongé; c'est bien ainsi que se fait la lettre A de l'alphabet Morse.

Dès la première émission de courant, provoquée par une saillie spéciale, le récepteur Morse de la caserne commence â dérouler, tandis que la sonnerie se fait entendre, puis la

lettre A se reproduit trois fuis de suite sur la bande ( — -■ ).

A ce moment, la roue de ravertisseur a exécuté une révolution complète et le mouvement s est arrêté. Le sapeur de garde sait donc que l'appel provient de l'avertisseur A dont un tableau de service indique la position. Le sapeur décroche alors les téléphones et inscrit les indications téléplioniques au fur et à mesure qu'il les reçoit. Dés qu'il les a bien comprises^ il abaisse pendant quelques instants le levier de la clé placée â côté de la sonnerie. Il se produit aussitôt dans le téléphone de l'avertisseur un ronllement intense qui indique que l'appel a été reçu et compris.

Plusieurs avertisseurs peuvent appeler simultanément san:? qu'il en résulte le moindre inconvénient» L'expérience a démontré que les lettres indicatrices des dilTérents avertisseurs s'enregistraient toujours régulièrement sur la bande du récepteur Morse, et que le sapeur télégraphiste démél-"'* sans difficulté les indications téléphoniques qui, répète plusieurs fois, finissent toujours par se succéder réguliéremr Dès que ces indications ont été comprises, le ronflement "

ll'îll'l'lV

484 TÉLÉPHONIE PRATIQLIi

venlioiiïicl c^st rcru par tous Irs avertÎKî^curs qui *>nt ajii^clc.

La fiuaircilO va nous permettre de suivre les rommuiiiration** d'un n;si-au d'à vur tisseurs et (iv revenir sur quelques ùriranc-s dont nous n'avons montré que superlîciellemcnt le fouetiunnetncnt.

Tous ]e^ }îosle> sont installée on iiL4Ûvatinn sur uuelj|zne â double lil» mais, au point de vue des appels et de l'enregistrement des siu'iiaux par le rétopteur Morsr, H y a inlcrêt à intervertir de lieiix i-n deux^ les communications des avt."rtisseurs avec les deux /ils de liifiie. Ainsi, par exemple, pour les avertis.seurfï de ranir imiKur, les siirnaux pa^^ seront par le tu n' î; pour les avertisseurs de rany!' j^air, ec-^t le lit n'' û ciui sera ulîlistj. Il est facile de se rendre compte des avant a ires (pic iirêsenle cidte disposition : Supjïosons (pu% \n\v suite d une avarie queU-onque, le 111 n" i devienne défectueux, tous les avertisseurs de rang impair sont immobiliséf?; ïe réseau n'est ]ïas pour cela hors de service, car les avertisseurs de ranL^ l^air, montes sur le lil n ' 2, cruitinuent à fonctionner très rc^yliereineut ; i) sulTit donc, datis ce cas lïe dérauirement, d(* se i>orter à lun des avertisseurs Ir-s plus rapproclies de celui qui est momcntanémenl hors (ïe service. Dans la liijure 410 lavrilisseur iv 2 est uif»ntc sur le lil sui>erieur, 1 avertisseur n' H sur le liï inférieur; il est hicn l'ntendu que les désiiinations de fil SK/x-rècur et de (U inféricar que nous employons ici ne se rap})or[cnt tpi'à mitre dessin, car toutes les lignes du reseau d'inceudie sont souterraines,

Lorstiuo tnus les i*oslef5 sont au repos, eonime le poste de casiTuc n* i et le poste avertisseur n° 2, aucun courant ne circule sur la liLTue,

ïr^upposons que le pus te n' 3 ait été actionne : des Ton ver turc iW la porte, provoquée j>ar le bris de la irlace, le mouvement li linrlng^erie s*t/st mis en marche. Ce mceanism** est nui par un poids dont la vitesse de chute est rendue uniforme par un régulateur à ailettes. Entre les deux [datines *pii su]>portciit les ru y aire s. so t mu veut l'axe d'une roue K et l'axe d'un coniuni ta leur C Sous l'actitm du poids, la roue K fait un tour com|)Ict, maïs un ^^euL Elle porte, en saillie, une tfoupille j; qui man«euvri.', au passade, le commutateur (.': les ressorts verticaux tn^ n, isolés du massif j maintiennent le commutateur C iians rune tni raulre des deux positions qu'il p'*"' occuf)er.

Pendant la révolution tïe ht roue H, les cames, disjïos ^ur le pnurtoui- île cette roue, soulèvent tour à tour le le vie

tr

TJ

If)

rt

^^ îs

ex

ei

ASO TÉLÉPHONrE PRATIQUE

et le mettent en contact avec la vis V, reliée à un des fils Je litrne. Les déplacements du levier L sont réglés par le ressort antag-oniste T et par la vis butoir Y\

Dans le poste avertisseur n* 3, le paf^sage de la première came sous le levier L a pour efTet, en fermant le circuit de la pile du poste de caserne n' î, tle faire déclencher Tappan^il Morse, en même temps que la fionnerie se met en branle, par suite de la fermeture du circuit d'une pile locale. Le passao^e des trois jeux de cames qui suivent, et qui représentent la lettre A, détermine l'impression de cette lettre sur la bande du récepteur Morse. Le levier L revient au repris dès que la roue R a exécuté sa révolution.

Pour bien comprendre comment le circuit est fermé entre les postes i et 3, iJ est utile de revenir sur un aLrencement particulier du poste de caserne n** L Le fil de dérivation qui aboutit au récepteur Morse est soudé sur le fil de jonction des deux récepteurs téléphoniques. Cette disposition permet, chaque fois qu'un avertisseur est actionné, de redonner aux aimants des téléphones les propritHés matrnétiques qu'ils auraient pu perdre. Le fil de dérivation peut éiralenient Otre soudé sur le milieu d'une bobine de résistance R', intercalée entre les deux récepteurs teir-phoniques; cest une variante. Quoi qu'il en soit, le circuit entre les postes I et 3 comprend : terre, ressort n, commutateur i\ massif, ressort L, vis V (au poste 3), lig-ne, B, 7-, récepteur de droite, fil de dérivation. Morse, pile, tern* (au poste I).

Quand la roue R est sur le point de terminer sa révolution, après que la troisième came a a soulevé' le levier L, la goupille g fait basculer le commutateur C, qui abandonne le ressort n pour s'appuyer sur le ressort m, comme dans le poste 4 bis. La communication du poste avertisseur est rompue avec la terre, et un circuit métallique, destiné aux conversations téléphoniques, est constitué entre le poste avertisseur et le poste de caserne (postes 1 bis et l bis).

On voit qu'après le bris de la glace du poste avertisseur, tout s'y passe automatiquement; la personne qui demande des secours n'a qu'à parler devant 1 embouchure du téléphone, comme nous l'avons dit plus haut.

Au poste de caserne, la première émission de courant, en déclenchant le contact du récepteur Morse, a fermé le circuit d'une pile locale sur la sonnerie (poste 1 bis); en eJTet, récepteur est suspendu au crochet interrupteur qui bute cont son contact, tandis que la clé n est pas encore abaissée. 1

sapeur de garde, en décrochant son téléphone, coupe le circuit de la sonnerie par le mouvement de bascule du crochet interrupteur. Dés qu'il a reçu et compris l'avis de feu, il abaisse la clé et produit le ronflement qui indique que les secours partent; c'est cette disposition que représentent les postes 1 bis et 4 bis ; le tremblement de la sonnerie du poste de caserne est répercuté par le téléphone du poste avertisseur. Après quelques secondes, le sapeur de garde relève sa clé et suspend de nouveau son téléphone au crochet.

En examinant avec attention les différentes dispositions représentées par la figure 410, on voit facilement que, pendant les conversations téléphoniques échangées entre un poste avertisseur et un poste de caserne, les appels provenant d'autres avertisseurs continuent à être enregistrés par le récepteur Morse; il serait superflu de faire ressortir les avantages qui résultent de cet agencement des circuits.

Outre les avertisseurs et les postes de caserne, M. Digeon a combiné un poste central ou grand poste qui peut communiquer à tout instant avec les postes de caserne; c'est le poste n* 5 de notre dessin. Il comporte un relais, une sonnerie, un commutateur automatique et un appareil téléphonique.

Lorsque le poste 5 veut appeler le poste 1, il lui suffit de décrocher son téléphone. Le levier commutateur e bascule et, au passage, frotte contre la plaque f qui met la ligne à la terre. Cette prise de terre provoque le déclenchement du récepteur Morse et le fonctionnement de la sonnerie au poste n° 1. Le circuit téléphonique s'établit de lui-même, comme dans les autres postes.

Si le poste 1 veut appeler le poste 5, le sapeur de garde abaisse sa clé. Le courant ainsi envoyé sur la ligne traverse le relais R"; l'armature h est attirée et ferme le circuit de la pile locale sur la sonnerie.

La vérification et le contrôle de toutes les parties composant le système Digeon peuvent être effectués rapidement, et avec la plus grande facilité. En effet, d'un poste avertisseur quelconque, on peut, au moyen d'un téléphone portatif, contrôler l'état de la pile et des conducteurs de ligne, vérifier le fonctionnement du récepteur Morse, s'assurer enfin que les communications téléphoniques et le ronflement ne laissent rien à Hésirer.

Application aux chemins de fer. — Le système do postes

iléphoniques à appel omnibus^ construit par la maison Bré-

^uet, permet l'appel direct d'un poste quelconque par un autre

488 TÉLftr^IIONIE PRATIQUE

poste étralcment quelconque, et n'exige qu'une seule liii:iie, à simple ou à double lil, quel que soit le nombre des postes à relier.

Tous les postes sont semblables, chacun d'eux comprend :

Un transmetteur; Deux récepteurs; \J.ne sonnerie; \'n indicateur à cadran; Un bouton d'appel spécial à poussoir;

Un tablea\i sur lequel est monté rensemblc du poste [fig. 411).

Les postes sont successivement réunis à la suite l'un de l'autre par un seul lil. Si la ligne est à simple fil, le premier et le dernier poste sont reliés à la terre ; si la ligne est à double tîl, le premier et le dernier poste sont reliés directement au lil de retour.

Supposons qu'il s'agisse de mettre en conmiunication téléphonique, par une ligne à double lil, 13 {lostes numérotés de 1 à 13.

L'indicateur à cadran de chacun des postes comprend quinze cases. Treize de ces cases portent les numéros de 1 à 13; la quatorzième case porte l'indication occupée et la quinzième l'indication libre.

Lors([ue l'aiguille de l'indicateur du poste 1 est sur la case 1, elle ferme le circuit de la sonnerie de ce poste sur la pile locale. Lorsque Taiguille de l'indicateur du poste 2 est sur la case 2, elle ferme le circuit de la sonnerie de ce j>oste sur la pile locale, et ainsi de suite pour tous les postes.

Cela posé, supposons que le poste 10 veuille appeler le poste 3.

L'opérateur du poste 10 presse trois fois sur le bouton d'ap) de sou appareil.

La première foisj les aiguilles de tous les postes du réseî

Fier. 411. ■— Pnsto lél(>phoni(|ue û appel omnil)U>.

se portent sur la case 1 et, au poste 1 seul, la sonnerie tinte un coup.

La seconde fois, toutes les aiguilles se portent sur la case 2 et, au poste 2 seul, la sonnerie tinte i coup.

La troisième fois, toutes les aiguilles se portent sur la

».se 3 et, au poste 3 seul, la sonnerie tinte aussi longtemps

'aucune modification ne sera apportée à Tensemble, c'est-à-

re jusqu'à ce que, le poste 3 étant prévenu, la personne

490 TELKPHONIE PRATIQUE

appel f'e se porte à Tap pareil et presse sur son bouton d'appel

autant de fois qu'il le faut pour amener les aîguilleis do tons les indicateurs sur la ca*4e n occupée » {dans le cas présent 11 fois;; puis la conversation peut s'engager entre les postes 3 et 10.

Tous les postes sont ainsi avertis que deux poste^î sont en conversation et qu'ils doivent attendre pour communiquer eux-mt*nies.

Dès que la conversation est terminée, le poste qui a appelé (ici le pnsto 10) pousse une fois son bouton d'appel et les aiguilles de tous les indicateurs reviennent sur la case «x libre »; la ligne est ainsi rendue libre pour tous les postes.

La (îûrure 412 représente l'installation de 3 postes sur une ligne à simple (11.

Le système Bréguet a Tavantage do supprimer un grand nombre de fils sur les lignes; il est utilisé sur les chemins de for flu Sud de la Franc e. Avec de légères modifications, il peut être employé pour les postes télégraphiques, et Tadministration française l'a déjà mis à l'essai sur la ligne omnibus de Troyes à Aix-en-Otlie.

Applications à rexploitation des mines. — Dans l'exploitation des mines, remploi du téléphone comme moyen de correspondance est tout indiqué. L'innocuité des faibles courants mis en œuvre est un gage de sécurité et la téb aphonie ne peut olTrir dans le monde souterrain que des avantages, sans qu'on ait â redouter les tlangers inliérents à d'autres applications de rèlertricité. Il existe déjà en France )>lusieurs installations de ce genre. Outre les correspondances que Ion peut échanger entre l'usine et les ditlérentcs galeries, on peut encore mettre en relations téléphoniques les cages de descente et de montée avec le poste du mécanicien chargé de les manœu^Ter. A Blanzy^ à Maries et à Nœux, à la Fcrronnicre, le téléphone est en pleine exploitation et on nous assure qu a Anzin un vaste plan d'organisation est à Tétude,

Applications à la mesure électrique. — Le téléphone a été substitué^ au galvanomètre dans plusieurs instruments de mesure; il a l'avantage de fournir des résultats plus rapides, en en sens qu'on n'est plus forcé d'attendre qu*une aiguille aimantée ait repris sa position d'é<(iiilibre après avoir été déviée; il a rinconvénient d'introduire dans les expériences un facteur nouv^fiu : le plus ou moins de sensibilité de l'or^^ili** de l'observateur.

Dans cet ordre d'idées, le pont cVi7iduciion est une inv, santé application du principe de la balance d'inductior

professeur Hughes Ta récemment appliqué à ses recherches sur la self-induction.

Le D' Nippoldt a fait construire un appareil portatif destiné à fournir une mesure approchée de la résistance des terres, notamment lorsqu'il s'agit de la vérification des paratonnerres qui protègent les édifices.

Plus récemment, M. le capitaine d'artillerie Guérin a imaginé également un appareil portatif qui permet de mesurer rapidement, et sans difficulté, les prises de terre ou toutes autres résistances avec une approximation suffisante. L'instrument a les dimensions d'une caisse de résistances ordinaire et pèse 10 kilogrammes.

Pont de Kohlrausch. — Cet appareil est destiné à mesurer la résistance intérieure d'une pile fermée sur elle-même ou l'intensité du courant qu'elle fournit; on peut aussi l'appliquer à la mesure des résistances des circuits métalliques. En principe, l'instrument n'est autre qu'un pont de Wheatstone dans lequel on a substitué au galvanomètre un téléphone, et à

\^^.>^jj'siiiiiM|M.tjiM.i.iii|tMi;ngpi^^jiiii|irii|Mii|iiii|Hiqiiii|liii|Mi^

Fig. 413. — Pont de Kohlrausch.

la pile une bobine d'induction dont l'interrupteur est soumis à l'action d'une pile locale. Ce dispositif permet d'opérer des mesures indépendantes de la force électromotrice de polarisation, ce qui ne saurait avoir lieu par les méthodes ordinaires.

Le circuit primaire de la bobine I (/îg. 413) est traversé par

le courant de la pfie P qui met en marche l'interrupteur à

raison de cent cinquante interruptions par seconde; on emploie

à cet efi'et un élément au bichromate de potasse ou doux élé-

nts Daniell. Le circuit secondaire aboutit d'une part à la

:1e graduée C D, de l'autre au bloc r, uni par une cheville à

laisse de résistance R. Cette dernière est composée de cinq

unes mesurante,!; 1; 10; 100; iOOO ohms. Les branches de

proportion du pont sont formées par un fil de mailîechort tendu A B, de trois dixièmes de millimètre de diamètre et de 25 centimètres de longueur. Sur ce fil, on peut promener le curseur E, monte à glissière sur la règle C D. Cette règle est graduée de telle sorte, que le chiffre indiqué par la position du curseur E, représente toujours le rapport de la portion a du fil de mailîechort laissée à gauche à la.portion b restant à droite. Un récepteur téléphonique est monté sur les bornes m, m' et relié par conséquent aux extrémités A B du fil de mailîechort. La résistance à mesurer s'intercale entre les bornes n, n\ Pour évaluer cette résistance, l'interrupteur étant mis en marche, et l'une des bobines de la caisse K étant mise dans le circuit par Tenlévement de la cheville convenable, on porte le téléphone à Toreille et on fait glisser le curseur jusqu'à ce que le téléphone cosse de faire entendre le bruit de Tinterrupteur. Dans la pratique, ce résultat n'est pas toujours obtenu, mais on arrive à constater le point qui donne un son minimum dans le téléphone. A ce moment, la lecture de la graduation y donne la relation

^ = y ; d'où x = y R.

Pour obtenir la valeur réelle de x, il suffît de multiplier y par la valeur de la bobine débouchée. Le pont d'induction de Kohlrausch est peu répandu en France sous la forme que nous venons d'indiquer, mais la maison Brégueta construit un autre modèle d'un maniement commode, et dans leciuel le fil de mailîechort est moins exposé à se détériorer.

Cet instrument do mesure affecte la forme circulaire.

Sur un disque de bois, sont installés : un commutateur, un interrupteur, une bobine d'induction, une touche se déplaçant sur des bobines de résistance, une manivelle terminée par le curseur que l'on fait mouvoir sur un limbe gradué. Six bornes, disposées par paires, reçoivent le téléphone, la pile et la résistance à mesurer.

Le commutateur permet ^l'employer l'instrument comme un pont de Wheatstone ordinaire ou bien comme pont d'induction.

En plaçant une fiche entre A et B {fig. 414), l'induit de la bobine d'induction est en dehors du circuit et, en substituant au téléphone un galvanomètre, on a un pont de Wheatt.. En interposant la fiche entre A et C, et en faisant foncti-^' l'interrupteur, op développe dans le circuit secondçiire

APPLICATHJNS

bobine d'induction des courante îndiiiN. Ces courants traversent le fil de maillcehort DE qui forme deux ilcs branehes du pont, la résistance à mesurer F qui occupe la troisième branche et la résistance lï qui compose la quatrième branche, le téléphone étant placé sur la diacronale. Dans la quatrième branche du pont, la touche 11 peut ètn» posée t^ur les plot^ t. 10, 100 qui mettent dans le circuit des bobines de 1, lu, 100 ohms, i^ur la diatronale. la manetle >I transporte le curseur m le louî? du fîl de maillée hort D E et fait ainsi varier le

'Wm\

Fi^. 411, — Pont d'InductiùQ^ Jiiadèlc de la uiiiiEiOii Eréguct*

rapport don deux branches a et b. Le limbe sur lequel se meut le curseur a d ailleurs été yraduo suivant les valeurs du rap-

port.^, de telle sorte que si la quatricmc branche du pont est

égale a un ohm, on lit direct émeut en ohms ou fractions d*ohm sur ic limbe la valeur de la n'Histancu a mesurer, valeur qui correspond a la position du curseur m lorsque le téléphone devient silencieux ^

Rëcïierciïg des fautes da>s les CABLK3. — Daus SOS ferons sur VélGctrieUé ^, M, Eric Cièrard fait counaitre une nicthodc qu'il a inuitjinco et dans laquelle il fait usage du tcléphono pour la recherche dus défauts dans les cables. Le procédé

/.(/ itotiif^ie éieclrîffa€j 1. XX\UI( p. 'iOj (2 juin 1888}. Une Ui'iani- Lt.'çonn ^tir ici^ciricUéj l. 11^ p, 103»

404 TÉLÊPnONIE PRATIQUE

consiste à promener le long du câble, traversé par un courant, une bobine dans le circuit de laquelle on a placé un téféphoae,

Supposons, pour fixer les idéeSt un câble isole à ses deux cxtrcmités et sur le trajet duquel existe une perte à la terre : l'un des bouts du cable est réuni à un interrupteur mis en mouvement par un mécanisme d'iiorlo^erie; l'interrupteur est relie à Tun des pôles d'une pile, l'autre pule est à la terre, La partie <ki câble comprise entre Miiterruptcur et le défaut est parcourue par un courant intermittent doïU la période dépend du réglage de Tinterrupteur. L'instrument de vérilication est une bobine à noyau de Jer doux formé par un faisceau do fils; les deux bouta du conducteur de celte bobine sont attachés au téléphone que l'opérateur tient eonstaniment à l'oreille. En suivant la direction du cable avec la bobine, présentée normalement à la direction (ht conducteur et le plus i>rès possible de ce dernier, les intermittences du courant de la pile qui tra-* verse le cable provoquent dant^ la bobine des courants induits très nettement accusés par le téléplione. Dès que le défaut est dépassé, le téU aphone devient silencieux,

a Cette métliode, dit M, Éric (Jlérard, s'applique aisément aune installation intérieure d'abonné *, dont le branchement a été, au préalable, interrompu et dans laquelle il est facile de transporter la bobine parallèlement à la direction des fils placéi3 sous des moulures ou dissimulés dans les cloisons ou planchers,

<f Dans le cas d'une canal i^sation souterraine, la bobine accusatrice devra être appliquée prés du conducteur aux trous dliomme ou aux boites de jonction, de manière à localiser le défaut entre deux boites do jonction succcsi^ives. Si le conducteur a une armature métallique protectrice, celle-ci s^i'enléve aisément aux regards intercalés dans la canalisation. La méthode peut être tentée, même dans le cas d'une canalisation en service. j>

KegHEAGHE des défauts HK GERTJIAGIî BAKS lès ABitiS DES CABLES. —

>L Le Goaziuu a proposé tout récemment un instrument permettant de vérilier le centrage des âmes des câbles au moment de leur construction. Il y a grand intérêt, surtout lorsqu'il s'airit de câbles sous-marins, a n'employer que des âmes dont le revêtement de gutta-pereha est parfaitement régulier, le conducteur occupant Taxe du cylindre formé ^^^

1. n s^1;^it ki du Lmuiérc, ûii transport ùù force ou de itjuie auà taUatLon, -

le revêtement. Pour vérifier si cotte condition est remplie, rame est pincée, sous une pression assez faible pour ne pas la déformer, entre les quatre branches d'une mâchoire. Chacune des branches est formée par un cadre recouvert de fil et placé normalement à la direction de Tâme en expérience ; les cadres opposés sont enroulés en sens contraire et ont des résistances égales; ils se font donc équilibre.

Un courant rendu intermittent par un interrupteur est lancé dans rame du câble; un téléphone est placé en circuit sur chaque paire de cadres. Tant que l'équilibre subsiste, c'est-àdire tant que l'âme métallique est à égale distance des quatre cadres, le téléphone reste silencieux; si, au contraire, l'âme métallique est plus rapprochée de Tun des cadres, en d'autres termes si l'âme est décentrée, l'équilibre est rompu et l'un des téléphones fait entendre le bruit produit par les intermittences de courant provenant du vibrateur et circulant dans l'âme du câble.

Par les exemples qui précèdent, nous avons montré combien est vaste déjà le champ d'exploitation des systèmes téléphoniques; l'avenir nous réserve sans doute encore de nombreuses surprises.

■ ■ mrmiM p

TABLE DES MATIERES

Page 1