AU 31 DÉCEMBRE
Paris-Bruxelles (1" circuit).
Paris-Bruxelles (2« circuit).
Paris-Bruxelles (3« circuit).
Paris-Londres (!«' circuit).
Paris-Londres (5" circuit).
Lille-Courtrai.
Lille-Toumai.
Paris-Amiens.
Paris-Fontainebleau .
Paris-Le Havre (!«' circuit).
Paris-Le Havre (2» circuit).
Paris-Lille.
Paris-Lyon-Marsoille.
Pari s- M eaux.
Paris-Nantes.
Paris-Pontoise.
Paris-Reims.
Paris-Rouen (!•' circuit).
Paris-Rouen (2° circuit).
Paris-Saint-Quentin.
Paris-Troves.
Paris-Valenciennes.
Paris- Versailles.
Paris-Argenteuil.
Paris-Asnières.
Paris-Aubervilliers.
Paris-Belle vue.
Paris-Bondy.
Paris-Boulog^e-sur-Roinc.
Paris-Charenton.
Paris-Choisy-le-Roi .
Paris-Clichy-la-Garenne.
Paris-Crëteil.
Paris-Enghien.
Paris-Fontenay-sous-Bois.
Paris-Gonesse.
Paris-Issv.
Paris-lvry-sur-Seine.
Paris-Juvisy.
Paris-Montmorency.
Paris-Montreuil-sous-Bois.
Paris-Neuilly-sur-Seine.
Paris-Nogent-sur-Marne.
Paris'-Puteaux-Suresnes.
Paris-Le Raincy.
Paris-Rueil.
Paris-Saint-Cloud .
Paris-Saint-Denis.
Paris-Saint-Germain en Laye.
Paris-Saint-Ouen.
Paris-Sèvres.
Paris-Le Vésinet.
Paris-Villejuif.
Garches-Saint-GIoud.
Meudon-Bellevue.
Bois-Golombes-Asnières.
Colombes-Asnières.
Deuil-Montmorency.
Puteaux-Courbevoie.
Saint-Maur les Fossés-Gréteil.
Thiais-Choisy-le-Roi .
Enghien-Montmorency.
M arlv le Roi-Saint-Germain en Lave.
Lille-AnnœuUin.
Lille-Armentiùres.
Lille-Arras.
Lille-Calais.
Lille-Douai.
Lille-Dunkerque (l'^'' circuit).
Lille-Dunkerque (2** circuiti.
Lille-Halluin.
Ijille-Roubaix.
Lille-Saint-Amand.
Lille-Séclin.
Lille-Tourcoing.
Lille-Valenciennes.
Dunkcrque-Bergues.
Maubeuge-Hautmont.
Fourmies-Roubaix.
Fourmies-Anor.
Fourmies-Avesnes.
Fourmies-Etrœungt.
pies, accompaorncs de figures, sufliront pour montrer tout le parti que l'on peut tirer chez soi d*une installation téléphonique bien agencée.
Les appareils utilisés peuvent être de simples téléphones magnétiques ; il n*y a aucun inconvénient, les distances à franchir étant ordinairement très courtes; il y aurait économie si les appels avaient lieu par des systèmes électro-magnétiques. Cependant, comme on fait habituellement usage de piles pour les appels, on peut toujours affecter deux ou trois éléments de celle-ci au service des microphones et employer des appareils microtéléphoniques, toujours plus puissants que les téléphones magnétiques.
La Société générale des Téléphones a adapté deux de ses systèmes aux usages domestiques :
le récepteur Ader seul et aussi le microphone Berthon combiné avec le récepteur Ader.
Téléphone domestique indéréglable, système Ader. — L'appareil le plus simple comprend une applique murale {fig. 385), au centre de laquelle on voit un bouton d'appel. Deux crochets formant commutateur supportent un récepteur Ader n** 3, soit à manche en bois noir, soit à anneau. Les bornes qui couronnent l'applique murale reçoivent les deux pôles de la pile, le fil de ligne, le fil do terre et les deux fils de sonnerie.
Cet agencement à téléphone unique est peu commode: il
faut porter alternativement l'appareil de la bouche à l'oreille,
-^uivant qu'on veut l'employer comme transmetteur ou comme
écepteur. Ce va-et-vient perpétuel qui suit les phases de la
îonversation ne laisse pas que d'être gênant; en outre, si l'on
*.e prend pas le soin de faire des poses, les commencements
Fig. 385. — Téléphone domestique indéréglable, système Ader. Modèle à téléphone unique.
rrif^ '^^•9
appeler le poste central et réciproquement. On réalise ces deux dispositions à )*aide d'un tableau.
Il est possible d'organiser un montage très simple à l'aide d'un commutateur rond. Avec ce système, le poste central peut appeler tous les postes du réseau, mais ceux-ci ne peuvent entrer en relation avec lui que lorsqu'ils ont été appelés ; ils peuvent alors répondre, soit par sonnerie, soit par téléphone.
Des communications plus compliquées encore sont susceptibles d'être réalisées et, notamment, le poste central peut mettre les différents postes en communication entre eux avec appel direct.
Téléphone indéréglable, système Berthon. — Cet instrument comprend un microphone Berthon à grenaille, monte sur une applique murale à l'aide de deux petites consoles métalliques qui servent en même temps à le relier électriquement (/îgf. 387). Sous le microphone on aperçoit le bouton d'appel, et un peu plus bas le crochet commutateur qui supporte un récepteur Ader n* 3.
On peut également faire usage pour les installations domestiques d'un appareil combiné Berton-Ader monté sur une applique murale, comme le type n* 8 bis que nous avons décrit et figuré (page 91).
Les microphones domestiques ne comportent pas de bobine d'induction; cet organe devient inutile en raison du peu d'étendue des réseaux.
De même, le nombre des cléments de pile affecté aux appels peut être très restreint, mais, quel que soit ce nombre, on ne doit jamais affecter que deux éléments au service du microphone.
On retrouve dans l'installation des microphones domestiques des combinaisons analogues à celles que nous avons ''''jnalées à propos des téléphones magnétiques. La figure 388 représente un microphone Berthon monté sur tableau annonciateur à disque, petit modèle, à cinq direcns ; c'est un poste central qui peut appeler les postes sim-
Fig. 387. — Téléphone domestique, système Berthon.
TÉLÉPI )n fait usage de sij I trompettes à anci rane du téléphone t rane du téléphone i iseur est, en petit, c sorte que fonction pendant un certain 1
Fig. 390. — PoElc téltïph
difliculté de transpo u les briser, a été lo à l'emploi de ces in ■ La question semb mts postes microtél et essayés. N'ayanI apliie militaire, il ne
ceux de ces postes qui font actuellement partie de larmement soit des unités télégraphiques, soit des corps de troupes pour leur service intérieur; d'ailleurs, en téléphonie, les progrès sont si rapides que Tarmement d'aujourd'hui peut ne plus être celui de demain ; nous nous bornerons donc à donner une idée des principaux types, sans nous préoccuper de leur emploi.
Poste de la Société des Téléphones. — L'appareil combiné Borthon-Ader, transporté dans un étui convenablement approprié, constituerait un poste simple, d'un emploi commode, s'il était pourvu d'un système d'appel.
M. Berthon a réuni dans une boite portative les éléments d'un poste complet {fig, 390).
La boîte, en chêne, mesure 0,242 m. sur 0,275 m.; elle est munie d'une poignée, et renfermée dans un sac en cuir, avec bretelles, qui permet de la porter à dos d'homme. Elle contient un appel magnéto-électrique, ({ue l'on aper(:oit sur la droite de la figure, et que Ton manœuvre à l'aide d'une manivelle. La sonnerie est placée sur la face antérieure, et prend ses communications, quand la boite est fermée, à l'aide de deux équerres, situées près de la charnière. Vers la gauche, on aperçoit trois éléments do pile dont le liquide est immobilisé par de Tagar-agar; ces éléments sont renfermés dans des vases en ébonite complètement étanches; ils servent uniquement à faire fonctionner le microphone.
L'installation est complétée par une bobine d'induction, un commutateur et un appareil combiné Berthon-Ader.
Postes Mildé. — M. Mildé a construit un appareil léger qu'il destinait à la cavalerie. Cet appareil comprend un transmetteur {fig. 391) réuni à un récepteur, en forme de montre, par une poignée métallique articulée. Le bouton d'appel fait corps avec le transmetteur qui est également garni d'un commutateur; un second récepteur peut être ajouté au poste; les moyens d'appel sont indépendants.
Dans un second modèle ifig. 392) un transmetteur magnétique construit par M. Richard, de la maison Mildé, est monté sur une sonnerie à appel magnétique. Deux récepteurs sont suspendus à des crochets dont l'un sert de commutateur, comme dans les postes d'abonnés; l'appareil est également pourvu d'un paratonnerre.
^*'^STEs DE Branville. — M. dc Branville qui s'empressait ijours de prêter son précieux concours aux officiers et aux ctionnaires s'occupant de télégraphie militaire a, de son ^, construit plusieurs modèles de postes portatifs.
mm, ^9 V I '
roue E. Sur la tranche de la roue E sont encastrées de petites lames de fer doux e, e, e, régulièrement espacées, et pénétrant dans le disque de- laiton jusqu*à une profondeur de 5 millimètres. On conçoit aisément ce qui va se passer : lorsque la roue F, mise en mouvement, entraîne la roue E, chacune des petites lames de fer doux e, e, e..., en «'approchant des noyaux magnétiques, développe dans les bobines un courant induit; en s'en éloignant, elle provoque un courant induit de sens inverse; mais, à ce moment, une seconde lame s'approche et produit un nouveau courant induit, de même sens que le premier. Il s'établit ainsi, dans lo circuit des bobines, une succession de courants alternatifs d'autant plus rapide que le mouvement de la roue E est lui-même plus accéléré.
Sous le couvercle de la boite se trouve un interrupteur II ou clé d'appel, dont la liaison avec la machine proprement dite se fait par les charnières sur lesquelles s'appuient des ressorts. Quatre bornes L, T, T L, T L sont disposées sur une des faces latérales de la boite. Les communications sont les suivantes : la borne L, qui reçoit le fil de ligne, est réunie en h au
massif ou, pour mieux dire, au ressort de l'interrupteur II. Le contact a est relié à l'une des bornes TL, qui communique également à l'un des cordons du téléphone récepteur; l'autre cordon de cet instrument s'attache à la seconde borne T L qui communique avec la borne T et, par son intermédiaire, avec la terre. L'entrée du fil des bobines est en relation avec le plot h, la sortie avec la borne T.
Lorsque le bouton d'appel H est au repos, lo téléphone
récepteur est dans le circuit, et les courants vouant do la
ligne suivent le trajet L, /i, a, récepteur, tene. Si on abaisse
lo ressort H, de façon à lo mettre en contact avec le plot 6,
et si, en môme temps, on met en marche les roues F et E, au
~~oyen de la manivelle, les courants induits développés dans
5 bobines traversent un circuit fermé comprenant, à la station
p" départ, la terre, le plot b, le levier II h, puis la ligne et le
îepteur de la station d'arrivée. Ces courants impriment à la
îmbrane téléphonique réceptrice des vibrations intenses qui
FIg. 395. — Appel phonique électromagnétique, système Sieur.
(le nombre de ces lignes n'est pas limité à quatre comme dans l'exemple que nous avons choisi), un appel phonique, une clé d'appel double.
Le téléphone transmetteur A a 80 millimètres de diamètre, un pavillon amplificateur, monté à coulisse, peut s'adapter à son embouchure.
Le diamètre des récepteurs est de 50 millimètres; ils se montent sur une mentonnière, qui sert à les maintenir appliqués contre les oreilles, sans le secours des mains qui restent libres; le téléphoniste a, do la sorte, toute facilité pour établir les communications qui lui sont demandées ou pour transcrire les messages.
Les conjoncteurs, les annonciateurs et les clés sont semblables à ceux que Ton emploie dans les bureaux téléphoniques et que nous avons décrits.
L'appel magnétique est une petite machine dont l'induit est une bobine Siemens ; elle est complétée par une roue phonique Sieur, et le mouvement de rotation est obtenu au moyen d'une manivelle.
Les courants alternatifs produits par cet appel magnétique sont suffisants pour vaincre l'inertie des armatures des annonciateurs qui, attirées par les électro-aimants, laissent tomber les volets.
La roue phonique, que l'on met dans le circuit en pressant sur la clé d'appel D, a pour effet de produire une série rapide d'émissions et d'interruptions de courants de chaque période qui actionnent fortement les membranes téléphoniques à la station d'arrivée, et transforment les téléphones en récepteurs d'appel très efficaces.
Les lignes doubles sont attachées aux bornes L| T^, L^ T.,..., si elles sont à simple fil, les bornes T^, To, T^, T^, sont réunies à une terre commune.
Supposons que la ligne 2 appelle : l'annonciateur 2 tombe ; le poste central engage la clé C sous les deux crochets de droite du groupe 2, presse sur la clé d'appel D pour répondre, et tourne la manivelle de l'appel magnétique; la conversation peut alors commencer.
Pour mettre deux lignes en communication, le téléphoniste du poste central emploie un cordon souple à deux clés ; il place l'une de ces clés sous la paire de gauche des crochets de l'un des conjoncteurs, et l'autre clé sous la paire de droite du second conjoncteur. L'un des annonciateurs reste ainsi en dérivation 3t permet de recevoir le signal de fin de conversation.
duction, un microphone, une pile de 2 ou 3 rléments, un téléphone, une caisse de résistances.
La bobine d'induction se compose de trois circuits : un circuit secondaire dont les extrémités aboutissent au récepteur téléphonique, deux circuits primaires que nous désignerons par les lettres A et B. Les deux circuits primaires sont d'égale résistance et enroulés en sens inverse; ils ont des points d'attache communs et sont parcourus par le courant d'une pile traversant un microphone. Dans l'un d'eux, A, par exemple, est intercalée la caisse de résistances.
Sur la planchette du microphone on place une montre, un réveil-matin ou tout autre instrument produisant un bruit périodiquement rythmé. Les variations de courant provenant des vibrations microphoniques agissent simultanément sur les circuits A et B.
Mais ces circuits étant égaux et enroulés en sens inverse sont traversés par des courants égaux et circulant en sens inverse dans la bobine; ils sont donc sans action sur le circuit secondaire, et le téléphone reste muet. Il n'en est plus ainsi lorsqu'on détruit l'équilibre en faisant varier la résistance du circuit A au moyen de la caisse de résistances.
Dés qu'cm aura fait varier la résistance de la caisse, si peu que ce soit, le téléphone deviendra sensible, mais il est clair que le son produit dans le téléphone ne sera pas perçu avec une égale intensité par toutes les oreilles. Ainsi, pour fixer les idées, supposons la caisse de résistances graduée en ohms : lorsqu'on débouchera 4 ohm, une oreille fine pourra percevoir le son produit dans le téléphone ; il faudra déboucher 10, 15 ohms pour rendre ce son perceptible à une oreille dure-^ on conçoit aisément qu'on puisse, de la sorte, avec une graduation convenable de la caisse de résistances, évaluer avec une très grande approximation la variation do résistance qu'il faut introduire dans le circuit pour faire entendre telle ou telle personne et en déduire, par comparaison avec l'audition normale, quel est son degré de surdité. On peut aussi employer l'audiomùtre pour déterminer la différence de sensibilité auditive entre les deux oreilles, soit à l'état normal, soit par suite des influences extérieures, telles que les variations de la pression atmosphériauo ou même les maladies qui affectent Torganisme général. ÎALANCB d'induction. — C'cst uuc dcs applicatious les plus .énieuses que M. Ilughes ait faite de son microphone. En difîant légèrement la balance d'induction, on peut la faire vir à la recherche des projectiles logés dans les parties
oreilles. C'est une disposition analogue à celle que Ton emploie dans les bureaux centraux pour les téléphonistes de service; elle a Tavantage de laisser libres les deux mains de Topérateur. Un des flls des récepteurs est en relation avec la sonde métallique, Tautre se termine par un morceau d'acier que le patient place dans sa bouche ou bien tient dans sa main, préalablement mouillée.
Stétdoscopes microphoniques. — Cet appareil construit par M. Ducretet se compose de deux tambours identiques, garnis de membranes vibrantes bien tendues, comme ceux qu'emploie M. Marey. Les deux tambours communiquent entre eux par un tube de caoutchouc. L'un sert d'explorateur, l'autre supporte le microphone, composé d'une plaque de charbon, sur laquelle repose par sa pointe un crayon de même nature. La pression normale du crayon de charbon est réglée par un levier coudé, pivotant autour d'un axe situé au sommet de l'angle que font les deux branches. L'une de ces branches .supporte le crayon, l'autre est garnie d'un curseur. Enfin, un récepteur téléphonique est introduit dans le circuit, ainsi qu'une pile de 2 ou 3 éléments Leclanché. Lorsque le tambour explorateur est placé sur difiërents points de la peau du sujet en expérience, l'observateur entend distinctement dans le récepteur les plus faibles pulsations du cœur, des artères ou du pouls.
Un autre instrument du même genre a été imaginé par le docteur Boudet de Paris.
L'organe d'exploration est, suivant le cas, un pavillon conique ou bien une sorte d'embouchure fermée par une membrane fortement tendue, au centre de laquelle un bouton d'ivoire reçoit les pulsations de l'organe à observer. Quelle que soit sa forme, ce pavillon communique par un tube de caoutchouc avec un tambour analogue à ceux dont nous avons parlé plus haut. L'un des charbons du microphone est fixé au milieu de la membrane tendue de ce tambour; le second charbon microphonique est un cylindre suspendu et mobile autour d'un axe horizontal; ce second charbon repose par son propre poids sur le premier, mais il est possible de régler sa pression. A cet effet, une aiguille aimantée est assujettie le long de son axe; au dessus, une vis aimantée agit sur l'aiguille qu'elle attire plus ou moins, suivant qu'on la fait avancer ou eculer, et qui modifie ainsi, à la volonté do l'opérateur, la pression des contacts microphoniques. La boîte contient une oile au chlorure d'argent qui actionne le microphone et un
le public soit bientôt mis à même d'assister, au bout d'un fil télégraphique, aux représentations de l'Opéra, de TOpéra- Comique et de la Gomédie-Française. Il est de règle en ce monde que toute chose nouvelle doit passer par une période d'évolution. On commencera par aller entendre l'Opéra dans un local approprié qui remplacera les salons de TExposition; puis, peu à peu, on tiendra à rester cliez soi, et à entendre ce qui se passe à la Comédie-Française, puis à la place Favart, et Ton réclamera un réseau théâtral. On s'abonnera aux téléphones de rOpéra, de l'Opéra-Comique, etc., comme on s'abonne aujourd'hui aux téléphones de la Société générale. »
Cette prévision est aujourd'hui un fait accompli, grâce à la Compagnie du théâtrophone.
Cette Société, moyennant un abonnement fixé pour le moment à 180 francs par an, installe, cliez les abonnés au réseau téléphonique de Paris et de la banlieue, des appareils qui leur permettent d'entendre à domicile les représentations de différents théâtres. Chaque soirée d'audition donne lieu en outre à la perception d'une taxe de 15 francs, quel que soit le nombre des auditeurs. Les abonnés j^euvent d'ailleurs changer de théâtre autant de fois qu'ils le veulent dans la mCnne soirée.
Mais là ne se bornent pas les opérations de la Société du théâtrophone; elle a organisé également des auditions dans un certain nombre d'établissements publics, tels que cercles, hôtels, restaurants, cafés. Un réseau spécial, des lignes omnibus, pour ainsi dire, réunissent ces établissements par petits groupes, au siège de la Société où est installé le poste central en relation avec les différents théâtres.
Ainsi, il existe pour les établissements i)ublics un service d'auditions quotidiennes, dont nous indiquerons plus loin le fonctionnement et le mode de contrôle; pour les abonnés, les auditions n'ont heu que sur leur demande ; ils peuvent se faire inscrire à l'avance ou bien réclamer l'audition au cours de la soirée.
Le poste central est installé dans le sous-sol d'un immeuble situé rue Louis-le-Grand, n° 23.
Les conducteurs aboutissent à une rosace (/i(7. 397); différentes catégories de câbles y sont rangées par ordre. On y distingue :
Les lignes reliant l'administration aux théâtres ;
Les lignes spécialement affectées au service du théâtrophone ;
Les lignes d'abonnés;
La ligne de ville, reliant l'administration au bureau central
e l'avenue de l'Opéra pour ses communications de service.
la clientèle. Dans chaque établissement se trouve un télégraphe à cadran, semblable à ceux qui existent sur le tableau du bureau central.
Tous les cadrans d une même ligne de théâtrophone sont mis
Fig. 398. — Tableau de distribution des lignes du thcâtrophonc.
en marche simultanément par la manœuvre du commutateur
à manivelle; ils indiquent par la position de leur aiguille la
nature de Taudition. Ainsi, chaque cadran {fig. 399) porte les
idications : Opéra, Opéra-Comique, Français, Nouveautés,
ouffes... L'aiguille placée sur une de ces indications fait
^nnaitrc que le théâtre correspondant est en relation avec
indicateurs portent la mention « entr acte ». Il n'y a donc ni interruption, ni surprise.
Nous avons dit que les télégraphes répétiteurs du tableau central reproduisaient les indications des cadrans du réseau ; aussi la téléphoniste n'a-t-elle qu'à jeter un coup d'œil sur son tableau pour savoir qu'au Grand-Hôtel, par exemple, on entend les Bouffes, que le Café-Riche est en relation avec TOpéra- Comique, etc.; elle peut, en outre, contrôler le bon fonctionnement des théâtrophones en plaçant son appareil d'opérateur (un Berthon-Ader), non pas directement dans le circuit, ce qui introduirait sur la ligne une résistance inutile, mais à proximité; le jeu d'un levier à touche suffît pour effectuer cette opération; la téléphoniste entend alors, par induction, faiblement, mais très nettement, tout ce qui se passe sur la ligne.
Le service'des auditions à domicile se fait par l'intermédiaire du bureau de l'avenue de l'Opéra. La Compagnie du théâtrophone est reliée à ce bureau par un grand nombre de lignes. La liaison entre l'abonné et le théâtrophone se fait au bureau de l'avenue de l'Opéra, la liaison avec le théâtre a lieu au bureau central de la Société.
Lorsqu'un abonné du réseau téléphonique est relié à la Compagnie du théâtrophone pour une audition, les annonciateurs des différents bureaux centraux restent en dehors du circuit. Mais, au bureau central de la Compagnie, un relais Ader, très sensible, permet de percevoir les appels de l'abonne.
Ainsi, l'abonné relié avec le théâtre n'a plus de relations avec le réseau, mais, comme il peut toujours communiquer avec le bureau central du théâtrophone, il lui est facile d'obtenir par là telle communication qui lui convient et de causer, par exemple, pendant Tentr'acte, avec un ami relié à un autre théâtre. La théléphoniste du théâtrophone peut toujours, d'ailleurs, avoir recours à l'intervention du bureau de l'avenue de l'Opéra qu'elle api)elle par la ligne de ville.
Un appareil de mesures complète l'installation du bureau central du théâtrophone; il permet de vérifier, à chaque instant, l'état des lignes et de constater qu'aucune dérivation ne vient affaiblir l'intensité normale des auditions.
Dans chaque théâtre, la Compagnie possède, à proximité de la scène, un local qui contient les piles, les commutateurs et
les bobines d'induction. Ce local est relié, d'une part, au br
central de la rue Louis-le-Grand et, d'autre part, à la i sur laquelle sont disposés les transmetteurs, soit deva"*" • derrière la rampe, soit même entre les lampes et la ram
u»ir»»^i^»Pf""'' ^r
La figure toi montre la disposition adoptée pour pouvoir, à chaque instant, mesurer la résistance de la ligne d'un abonné qui écoute, et cela assez rapidement pour que Tabonné ne s'en aperçoive même pas. Ce résultat s'obtient au moyen d'un jeu de commutateurs à double fil à deux directions A4 , A2, A3... B, C, D, et d'un pont de Wheatstone avec galvanomètre à miroir
riCHES
QALVMNOMC T
Fig. 401. — Diagramme des communications servant à mesurer la résistance
des lignes d'abonnés au Thoàtrophonc.
et échelle. L'employé chargé d'efïectuer les mesures possède une liste des abonnés sur laquelle, en regard de chaque nom, se trouve inscrite la résistance normale de la ligne de l'abonné, vant qu'il est relié à tel ou tel théâtre, upposons que Tejnployé veuille vérifier l'état de la ligne .'abonné qui écoute sur la ligne n"" 3. Il commence par régler résistance variable de son pont de Wheatstone de façon à
APPLTCATFONS
Les électro-aimants E ont 600 ohms de résistance, et tous les appareils fonctionnent en dérivation avec une tension de 400 volts.
Le courant est distribué au moyen d'un manipulateur à manivelle que l'on aperçoit sur la droite de la ligure 398 et qui se compose d'un tambour en bois sur lequel viennent frotter doux balais. La jante du tambour est munie, sur deux quarts de cercle diamétralement opposés, de lames de cuivre assez larges pour qu'au passage les doux balais se trouvent en contact avec ces lames. Pour un tour complot de la manivelle,
Ffjç.402. — Récepteur du télégraphe à aiguille de la O* du ThèAtrophone.
le courant est envoyé deux fois sur la ligne et, grâce au mouvement de rotation employé, on est certain que les périodes pendant lesquelles la ligne est en contact avec la source d'électricité et les périodes pendant lesquelles elle est ouverte, se succèdent régulièrement et à intervalles égaux, quelle que soit la rapidité de la manipulation.
Applications aux réseaux de secours. Avertisseur Dige on. — Dans presque toutes les capitales de l'Europe et dans bon nombre d'autres villes importantes, il existe un réseau électrique reliant entre eux les postes de police et les casernes de sapeurs-pompiers. Ce réseau se ramifie jusqu'à des avertisseurs placés sur la voie publique et permettant aux particuliers de signaler un sinistre au poste de pompiers le plus voisin. Jusqu'ici le service de ces réseaux était assuré par des appareils fondés sur le même principe que les appareils télégraphiques à cadran; ils avaient, comme tous les appareils à signaux
APPLICATIONS 'â73
ment un commutateur et un téléphone. Le poste est embroché sur le fil de ligne qui pénètre par la borne P et ressort par la borne S; le téléphone est interposé entre les bornes P et T. A Tintérieur du commutateur, la borne S est reliée à Taxe du levier, la borne P à Téquerre E, la borne T à l'équerre H.
Les postes d'appel peuvent être installés chez les particuliers, dans les établissements privés ou publics ou bien sur la voie publique. Dans le premier cas, le commutateur et le téléphone sont enfermés dans une boîte, dont la face antérieure est garnie d'une glace qu'il faut briser pour ouvrir la porte et décrocher le téléphone. Dans le second cas, c'est-à-dire pour les postes placés sur la voie publique, la boîte est également garnie d'une vitre, mais, au moment du bris de cette vitre, la porte s'ouvre en découvrant l'embouchure de l'appareil téléphonique et le levier du commutateur bascule. Cette disposition peut être adaptée à la boîte du poste privé.
Le circuit d'un réseau de postes d'appel et de postes do secours peut être à simple ou à double fil.
En temps normal, tous les téléphones sont accrochés aux leviers des commutateurs, et un courant permanent traverse les bobines de tous les avertisseurs. Si donc, au moyen du bouton E (fîg, 403), on amène l'armature F au contact des noyaux, cette armature y adhère tant que dure l'aimantation ; c'est la position de repos. En suivant la marche du courant sur la figure 405, on voit que dans cette position les appareils téléphoniques sont en dehors du circuit.
Si le courant est interrompu, en un point quelconque du circuit, accidentellement ou volontairement, les noyaux des avertisseurs perdent leurs propriétés magnétiques, l'armature obéit à l'action do son ressort antagoniste, et les tiges i i' (voir fig. 403) glissent sur les plaques DD'; le circuit de la sonnerie est fermé. L'interruption de courant dont nous venons de parler se produit, au poste d'appel C {fig. 405), lorsqu'on décroche le téléphone; le levier du commutateur abandonne la lame m pour s'appliquer sur la lame n et, pendant ce mouvement de bascule, la ligne est isolée; à ce moment les sonneries se mettent en marche.
L'appel entendu, dans chacun des postes do secours, on tourne la manette K et on décroche le téléphone que l'on porte
l'oreille. Par cette double manœuvre : 1** les sonneries sont lées; 2» les appareils téléphoniques sont introduits dans le
cuit; 3° les avertisseurs sont isolés; 4° la pile de ligne du
)ste A est momentanément supprimée. En effet, dans cette
position, les équerres H et I communiquent entre elles, tandis que les équerres supérieures sont isolées ; le circuit télépho-
j^^sàjA
Fig. 406. — Diagramme des divers postes] d'avertisseurs Digcon (emploi du^.
continu).
nique se trouve ainsi débarrassé de toutes les résist
inutiles, et les postes A, B, C peuvent échanger entre eux des communications verbales.
Lorsque les conversations sont terminées, on replace les téléphones au crochet; il convient, en outre, pour remettre la ligne en état de fonctionner à nouveau, do ramener les armatures au contact des noyaux.
M. Digeon recommande, pour Tinstallation de son avertisseur en courant continu, l'emploi de la pile Callaud grand modèle.
Maintenant que nous avons expliqué le système dans ses grandes lignes, il convient de revenir sur des questions de détail qui ont une grande importance dans la pratique. Il faut, en effet, que la personne qui appelle soit avisée que son signal d'alarme a été entendu et qu'elle peut faire usage du téléphone; il faut aussi, dans certains cas, qu'au poste de secours il existe un contrôle; il faut, en d'autres termes, qu'il reste une trace de Tappel.
L'accusé de réception du signal d'alarme est produit par le ronflement du téléphone du poste d'appel. La figure 405 représente la disposition théorique du poste de secours à pile de ligne qui permet d'obtenir ce résultat (poste A'). Dès que l'armature tombe, la sonnerie de ce poste se trouve intercalée dans le circuit de la pile de ligne et les intermittences de courant de cette trembleuse produisent, dans chacun des téléphones embrochés sur la ligne, un ronflement caractéristique et suffisamment intense. Pour faire cesser le ronflement au poste d'appel (poste C), il suffit que le poste de secours ai)pelé (poste A') décroche son téléphone et tourne la manette K.
L'appareil de contrôle permet de connaitre, sans le secours de la parole, quel est le poste d'appel qui a donné le signal d'alarme. A cet effet, chaque poste d'appel est pourvu d'une roue à émissions ou à cames adaptée à un mouvement d'horlogerie; cette roue est fixée sur la planchette du commutateur [fig. 406, poste 3), ou bien peut servir de sonnerie d'alarme automatique ifig. 406, poste 4). Le poste de secours à pile de ligne (poste n° 1) est muni d'un récepteur Morse à déclenchement, à arrêt et à enroulement de la bande automatiques. Au moment où l'on décroche le téléphone du poste n** 2, les armatures des postes n** 1 et 5 tombent; de plus, le mouvement d'horlogerie du poste n^ 3 se met à dérouler et entraine la roue à cames R; en ♦'^"rnant, celle-ci produit des émissions et des interruptions de
irant qui sont enregistrées par le récepteur Morse du poste
l, récepteur qui s'est mis en marche dès la première émis-
n de courant.
îùëi^.
Fig. 406. — Diagramme des divers postes d^avertisseurs Digeon (emploi di
continu), avec appareils automatiqaes de contrôle.
Tim\
Flg. 407. — Diagramme des divers postes d'avertisseurs Digeon (emploi du courant
intermittent).
La disposition des cames diffère d'un poste d'appel à l'autre ; s cames sont réparties sur la roue de façon à figurer plu-