‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 2 sur 43 · AE OR LS RE · texte numérisé non relu

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Il me semble difficile de trouver un mode de nommer les commissaires d'écoles meilleur que celui qui existe actuellement. L'autorité religieuse y est représentée, l’opinion et les sentiments des citoyens n’en sont pas exclus, puisque le conseil de ville et le gouvernement, qui doivent exprimer, quoique dans des mesures différentes, les sentiments du peuple de la ville, y sont aussi représentés. I serait peut-être avantageux d’élire un plus grand nombre de commissaires.

J'ai visité quelques-unes des écoles des Commissaires. Je n’y ai trouvé de luxe ni dans l'installation ni dans l’ameublement : au contraire, tout ce que j'ai vu m'a paru nécessaire,

J'entends par luxe dans les écoles ce qui ne sert qu’à l’ornement et n’est d'aucune utilité ; mais ce qui peut conserver la santé et assurer la durée des édifices, des meubles et des instruments, loin d’être un objet de luxe,doit être regardé comme une chose utile. Par exemple, si l’on avait employé dans les écoles des pavés en pierre, en tuile, ou en marbre, on aurait obtenu un résultat de beaucoup préférable sous le‘rapport de la salubrité. Les planchers en bois sont, dans un grand nombre d'écoles, une cause d’insalubrité.

Mais je m’attache surtout à ce qui sert à l’enseignement, comme les pupitres, les chaises, les tableaux. Je n'y vois pas de luxe. Et j’ajouterai que quand ces choses sont faites en bois dur, bien poli ou bien verni, les enfants ont plus de respect pour ces objets. Dans les écoles que j’ai visitées, je vois que les meubles sont bien conservés en général. À l’Ecole Normale, les pupitres et les sièges ont pu être conservés pendant vingt ans sans qu’ils fussent détériorés,

.salis ou même égratignés.

Je viens de faire une nouvelle expérience en améliorant

les pupitres employés à l'Ecole Normale, et je vois que les élèves éprouvent un certain sentiment de bien-être

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plus grand qu'avec l’ancien système, et non bien-être, mais je puis affirmer d'ordre, dignité même.

Je rapporterai ce que me disait un vénérable curé qui vit encore, M. Delage, curé de l’Islet. I1 avait insisté pendant quelque temps auprès du directeur des Frères chargés de l’école, pour faire donner aux élèves des pupitres et des sièges comme nous en avions À l'Ecole Normale ; mais alors les règles de l’Institut ne permettaient pas au directeur de faire ce changement. Plus tard, les règles ayant été modifiées, les pupitres et les sièges furent changés, et les enfants se trouvant commodé ayant devant eux un pupitre convenable, & d’après mon curé, à la fois plus tranquilles, ] ct les progrès devinrent sensibles (1).

Pour moi, qui connais les avantages qu'offre ce genre d'ameublement pour lavoir, le premier, introduit à l'Ecole Normale, je crois que les commissaires, en l'employant dans leurs écoles, ont bien mérité, non seulement de la ville, mais de tout le district. a été suivi dans beaucoup d’endroits il le sera généralement.

En Belgique, j'ai visité les écoles de la ville de Lié Le bourgmestre insista pour que je v les écoles américaines. C’étaient de: {roles meublées d’après le système adopté ici. Les maîtres étaient unanimes, autant que je puis me rappeler, à reconnaître les heureux effets que l'introduction de ce genre d’ameublement avait produits dans leurs écoles.

La disposition des classes dans les écoles de que j'ai visitées, surtout dans celle de 1

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dèle que je voudrais voir adopter dans toutes les écoles.

(1) Je re voyais, et je ne vois encore dans ce à nuire à l'institut des Frères des Ecoles Ch Riticius a pensé autrement, et il a porté accusation très grave. Voir Note B.

fait rien qui soit de nature rétiennes. Le Cher Frère contre moi, dans un journal, une

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Quant à ce qu’on pourrait appeler le luxe des édifices, je vois là encore, malgré tout, un progrès qui profitera, je l'espère, à tout le pays.

Il est dans l'esprit de la Religion, il me semble, que les enfants soient traités convenablement, et que les lieux qui sont destinés, soit à l’enseignement, soit à la vie religieuse, aient un cachet de grandeur.

Et pour les écoles en particulier, je me rappelle que Léon XIT exigeait qu’elles fussent grändes, et, suivant son expression, abondantes de lumière et d’air, isolées autant que possible, surtout éloignées des lieux bruyants et trop fréquentés. Elles devaient être fournies de tout ce qui est nécessaire à l’enseignement, instruments, cartes, tableaux. et il eu faisait une obligation aux communes et aux villes (1).

Mais, pour ne pas sortir de la ville de Montréal, je dirai que les messieurs du Séminaire ont donné, vers 1840, pour les maisons d’école, un exemple de luxe qui était très grand et qui, certainement, n’était pas déplacé.

Je vois, par leurs comptes fournis au gouvernement, que cette maison‘ a coûté avec le terrain, au-delà de treize mille louis, même, £17,000, si je comprends bien l'Etat

(1) En vérifiant les textes, j'ai constaté que les conditions indiquées plus haut étaient exigées, non per la constitution de Léon XII, mais par la Congrégation des Etudes, en vertu de l’article 300 de la constitution.

Voici le texte de l’article auquel j'ai fait allusion :

TiroLo II. Pelle scuole, e materia della instruzione elementare.

14. Le camere destinate alle scuole dovranno essere ampie, e fornite di panche in proporzione del numero degli scolari, ventilate, abbondanti di luce, lontane dalle bettole e da altri luoghi clamarosi, separate e libere da qualunque uso domestico, e corredate di ogni comodo necessario. Sarà cura de’ Muestri il tenere le scuole colla dovuta decenza e pulizia.

Tire Il. Des écoles et de l'enseignement élémentatre.

14. Les pièces destinées aux écoles devront être vastes, pourvues de bancs, en proportion du nombre d'enfants : elles seront ventilées, abondantes de lumière, éloignées des auberges et des endroits bruyants, séparées et libres de tout usage domestique. Elles devront être pourvues de toutes les commodités nécessaires. Les maîtres devront veiller à l'ordre et à la propreté des écoles.

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de gestion. Or à cette époque, les revenus annuels du Séminaire n'étaient en moyenne que de £10,000 (1).

Cette école, qui existe encore, qui n’a que le malheur d'être mal placée, mal clôturée, l'emportait sur les plus beaux édifices de cette Époque, et, aujourd’hui, elle est encore au nombre des belles maisons de la ville.

Voyez le couvent des dames du Sacré-Cœur, au Sault ; et le monastère qu’érigent actuellement les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame: ce sont des édifices magnifiques.

Je me rappelle que lorsqu'il fut question de construire des écoles au nom de la ville, le grand désir des commissaires — surtout de M. le juge Baudry et de M. l'abbé Prévost, du Séminaire—était d’avoir des maisons plus convenables que celles qui existaient alors, Ils commencèrent par l’école Montcalm, qui était pour le quartier, et pour l’époque un très bel édifice. Autant que je puis me rappeler, on approuvait leur conduite, et ils s’applaudissaient eux-mêmes de ce commencement,

Je considère qu’il est de première nécessité d’avoir à côté de l'école une cour de récréation [afin d'y réunir les enfants à leur arrivée et à leur départ, et de leur permettre de sortir entre les classes]. I1 vaudrait mieux ne pas avoir d’école que de laisser les enfants dans la rue.

Je concours pleinement dans l’opinion exprimée devant la Commission que la concurrence des instituteurs laïques et des instituteurs religieux, enseignant à côté les uns des autres, produit une émulation très avantageuse à l’éducation. Et les faits sont là pour le prouver.

(1) £13,805, sans compter le bois de construction, acheté en quantité considérable pour les églises et les écoles. (Etat de gestion, No. 2, 1853)

En transmettant cet Etat, le vénérable M. Billaudele, supérieur, disait au sujet des écoles entretenues par le Séminaire : 4 Parmi ces écoles, se “ trouve celles des Frères. . ., dont l'établissement a coûté au Séminaire “ au-dessus de dix-sept mille louis, et dont le soutien coûte annuellement “ douze cents louis, année commune, etc. ”

# Revenus véritables, année commune £10,746. ” Aujourd'hui, l'évaluation municipale donne à cette école une valeur de #90,000.

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J'ajoute que l'existence simultanée de ces écoles laisse une liberté plus grande aux parents. Je suis intimement persuadé qu’en les conservant, nous pourrons éloigner bien plus longtemps de ce pays les malheurs qui affligent aujourd’hui l’ancien monde.

Dans l’intérêt même des sociétés religieuses et de la religion, je crois qu’on ne doit pas chercher à détruire les écoles laïques, établies, bien entendu, avec les garanties qu’il est naturel de supposer. Quand il n’y aura que des écoles dirigées par des religieux, il se fera certainement une réaction, laquelle, comme toutes les réactions, dépassera le but. C’est dans l’ordre des choses humaines.

Mais avant cela, plus d’un parent, forcé d’envoyer ses !

enfants à une école de religieux plutôt qu’à une école laïque, s’il éprouve quelque mécontentement, confondra le maître avec le système, et la religion avec le religieux.

L’exclusivisme, par lui-même, est toujours un danger. Qu’il n’y ait que des laïques dans l’enseignement, c’est un mal; qu’il n’y ait que des religieux, je ne crois pas que ce soit un bien.

D'ailleurs, un ordre religieux enseignant est obligé d’avoir des règles dont les membres ne peuvent pas se départir, et par là même, l’ordre religieux pourra bien ne pas convenir dans un endroit où les autorités ont raison de suivre un système particulier d'enseignement, ou veulent apporter quelque modification au programme adopté pour les études (1).

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Les écoles laïques, n’étant pas soumises à une pareille *

obligation, peuvent se prêter plus facilement à tout ce que les autorités désirent.

(1) Presque toujours l'école principale doit être considérée comme une espèce de Maîtrise, où le curé trouve les jennes chantres et les enfants de chœur qui rehaussent l'éclat des offices. Le curé a donc besoin d’avoir les

enfants à sa disposition. L'ordre général, qui règle chaque mouvement . P g q 8

de la classe, pourra en souffrir, les progrès seront peut-être moins rapides ;

mais les enfants dirigés par un maître habile trouveront une large compen- :

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