‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 24 sur 43 · LE · texte numérisé non relu

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édifices publics et particuliers, tenant le milieu, par exemple, entre les jolis hôtels des pompiers et les palais qui abritent la farine et les épices (1).

Il me semble aussi qu’en dehors des questions de la religion et des convenances, pour les seuls intérêts temporels, on n'excède pas les règles de la justice en accordant aux corporations religieuses, dont les propriétés se trouvent situées dans les deux quartiers les plus riches, le droit d’être représentées dans la commission scolaire ;

Que ce n’est pas trop demander, si la valeur de ces propriétés atteint, par exemple, le douzième de la valeur totale des propriétés catholiques (2).

J'ai l’honneur d’être, Monsieur le Directeur, Votre serviteur,

H. À. VERREAU, Ptre.

Montréal, 26 avril 1883 (3).

(1) Il me semble impossible que la Commission Royale n’ait pas tenu compte de cette particularité.

(2) Voir, p. 35, la proposition de l'Æiendard au sujet des membres du clergé, commissaires d'école.

(3) Publiée le 9 mai,

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réal, qui est aussi l'organisation

tence et son autorité sion.

‘* école de l'Etat, est contre nous.

‘ mais nous voulons que le publi

par intérêt Personnel, je réponds :

les arguments sont bons. Réfut jugera les motifs.

SEPTIÈME LETTRE Monsieur le Directeur, L’Etendard, a résumé sa thèse en ce

‘* C’est une lutte entre l'E ‘“ sion scolaire actuelle e

s termes :

Il y a dans ce Passage quelque confusion.

Si vous prétendez que l’organisation

“Dans cette lutte, le Principal de l'Ecole Normale,

Nous nous y attendions ; c le sache bien. ” Est-ce un argument personnel ? est-

ce une menace ?

Si vous voulez insinuer que je sou

tiens cette discussion Peu importe le motif, si eZ mes arguments, Dieu

D'ailleurs, qu'est-ce qu'un

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Pas que le meilleur moyen de l'obtenir serait de faire la guerre au Souvernement, de l’attaquer sans cesse, en un mot de tâcher de me rendre redoutable ?

Si je n'ai aucun motif personnel de me rendre agréable où désagréable au Souvernement, j'en ai un, très grave, de ne pas considérer l'Etat comme une sorte de pouvoir diabolique qu’il faut dénoncer sans relâche. Il n’est pas nécessaire d’être prêtre pour savoir que l'Etat, dans Les choses qui sont de son domaine, est le représentant de l’autorité divine. Tant qu’il ne sort pas de ses attributions, nous lui devons notre respect et notre Obéissance, et tant que les évêques ne réclament pas, j'ai lieu de croire que

attributions pour empiéter sur les

Si, dans une discussion de ce genre, on devait admettre des arguments Personnels, je pourrais en faire valoir un d’une bien plus grande force contre votre thèse. Je dirais au public : Voici une école qui a sou tion au nom de Ja Religion :

question de l'influence indue, qu

levé mainte quesquestion du libéralisme, estion de l'Université.

“Or,toutes les fois que Rome a parlé,elle s’est prononcée pour l’opinion combattue Par cette école, Qui nous assure que cette école ne se trom pe pas dans la nouvelle question qu’elle agite, comme elle s’est trompée dans les autres ? ” D'ailleurs, quand ses nombreuses accusations de libéralisme et de gallicanisme, appuyées par les personnages les plus autorisés qu parti, n’ont pu diminuer en rien l'estime et la Confiance que la cour de Rome porte aux accusés, comme il appert par une foule de faits et par une déclaration solennelle, Pourquoi s'occuper davantage de ces nouvelles accusations de laïcisme ?

Mais vous avouerez avec moi, je crois laisser de côté l'argument personnel.

Si votre appel

, Qu'il vaut mieux

au public renferme une menace, je vous

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déclare, sans prétendre à un mérite extraordinaire, que je saurai en subir les conséquences.

Maintenant, Monsieur le Directeur, je vais résumer en peu de mots l’enseignement qui ressort üe mes lettres et de vos remarques.

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Dans mon témoignage, j'avais donné comme un fait constant que les droits de l'Eglise dans l'éducation des enfants sont respectés par notre législation scolaire et, en particulier, par l’organisation des écoles d> Montréal.

Vous avez admis ce fait.

‘ Les droits de l'Eglise, dites-vous dans le numéro du ‘17 avril, étant admis non-seulement en théorie, mais ‘en pratique, étant exercés par l’'Evêque ou ses délégués ‘et par les curés, il reste à déterminer et à appliquer les “* droits respectifs du père de famille et de l'Etat. ”

Et dans le numéro du 18 avril : ‘ Qu'on le remarque ‘“ bien, les droits de l’Eglise ne sont pas du tout en cause. ”

Partant de là, l’Etendard a déclaré que dans le débat actuel il s’agit simplenent des droite lu père de famille, et il a affirmé :

1o Que ces droits sont inviolables et de droit divin ;

20 Que ce n'est pas aux Evéques qu'il appartient de réclamer ces droits ;

80 Que dans l’organisation scolaire de Montréal, l'Etat viole ces droits.

Reprenons chacun de ces points

10 J’ai distingué dans les lettre jui écèdent, comme je l’avais fait dans mon témoignage, les droits du père e ce qui concerne (a) l'enseignement religieux et moral, (b) l’enseignement civil, c’est-à-dire le choix des maîtres, des programmes et des méthodes.

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(a) J'ai admis que le père a le devoir de donner une éducation chrétienne à son enfant, et qu'il a un droit absolu et inviolable à ce qu’on ne le gêne pas dans l'accomplissement de ce devoir,

Mais j'affirme que ce droit fait partie des droits de l’Eglise.

Il ne peut être sauvegardé ou violé sans que ceux-ci le soient par là même, et, vice versa, si les droits de l'Eglise sont sauvegardés, celui des parents, e l'éducation religieuse et sauvegardé.

Or, vous avez admis que les droits de l’Eglise ne sont pas violés, Donc, pour être logique, vous devez admettre que les droits du père ne le sont pas non plus.

(b) Reste l’enseignement civil.

Si l’Eter lard prétendait qu’en cette matière, le droit du père est te.iement absolu que toute intervention de l'Etat est un crime, ;: pourrais lui répondre par la bouche du Dr de Angelis l’our les sciences (autres que celles de la “ Religion), l’Egli ille à ce qu'il ne s’y glisse rien de ‘contraire, soit à la ligion, soit aux mœurs. LE RESTE ‘REGARDE L'ETAT, quelquefois même des particuliers, ” sous la dépendance plus où moins grande de l'Etat, suivant “la coutume et la pratique raisonnable des lieux ” (Opi- “’nion de Mgr de Angelis sur notre loi d'éducation. Circu- “ laire de l’Archevéque de Québec, 31 mai 1870) (1).

Donc, d’après ce canoniste distingué, l'Etat peut régler l'enseignement dans les écoles, pourvu qu’il respecte les droits de l'Eglise. Donc l’enseignement civ droit inviolable et divin.

n ce qui concerne morale des enfants, est aussi

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20 J'ai affirmé et j'affirme, comme conséquence de ce qui précède, que si l'Etat osait intervenir pour em-

(1) 20 Quod pertinet autem ad utius scientias, Eecte #Pargantur circa religionem vel cirea moralitatem. Re! el quandoque etiam ad privatos cum minori vel mujor

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pêcher le père de famille d'accomplir son devoir, l'Evêque a le droit et l'obligation de protester et de réclamer la liberté nécessaire au père et à l'E lise.

30 Enfin, à Montréal et à Québec, non seulement l'Etat respecte les droits de l'Eglise, mais encore il n’impose ni méthode, ni programme ; l'Etat n'oblige pas le père d’envoyer son enfant À une école particulière, ni À aucune école que ce soit. En un mot, il laisse le père absolument libre de donner à son enfant le genre d'instruction qu’il désire, et il vient à son secours en établissant différentes espèces d'écoles qui offrent toujours des garanties,

“ Mais, avez-vous dit, ce droit est illusoire pour la plupart des parents, trop pauvres pour faire eux-mêmes l’éducation de leurs enfants ou pour choisir l’école qui leur convient le mieux. ”

La pauvreté, qui empêche un citoyen d'exercer un de ses droits ou de profiter d’un avantage offert par l'Etat, ne constitue, de la part de l'Etat, ni inj ustice, ni violation de droits.

Pour la démonstration de sa thèse, l’Etendard aurait dû prouver que l'Etat est obligé de fournir à chaque père de famille, condamné à l’indigence, un instituteur qui convienne à ses goûts, où même à ses besoins,

Personne ne soutiendra une pareille proposition,

L'Etat, et pour une plus grande précision, le gouvernement de la Province de Québec, en ouvrant à Montréal, des écoles où les droits de l'Eglise sont sauvegardés, —vous l'admettez vous-même, —aide à l’accomplissement qu plus important de tous les devoirs dans l’éducation, celui de donner aux enfants l’enseignement moral et religieux.

Notre gouvernement, en ouvrant à Montréal, des écoles où l’on donne une instruction utile et solide, bien loin de violer les droits des parents dans l’enseignement civil, leur fournit, au contraire, le moyen de remplir une de leurs

grandes obligations.

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