‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 25 sur 43 · EE · texte numérisé non relu

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Restent encore deux autres points, l'administration des taxes et l'élection des commissaires.

Quant à l'administration des taxes scolaires, il est de la dernière évidence qu'elle n'appartient au père de famille ni de droit naturel, ni de droit divin, ni de droit ecclcsiastique, Elle est déterminée par la loi, et, avec certaines formes de gouvernement, elle peut être concentrée dans une seule main,—comme toutes les autres administrations, —$ans que le père de famille puisse l'exercer directement par lui-même, ni indirectement par son député,

En dehors d’une législation spéciale, il semble que cette administration doive appartenir au contribuable plutôt qu'au père de famille ; mais le grand point est de concilier les intérêts domestiques de celui-ci avec les intérêts pécuniaires de celui-là, surtout quand il y a,—comme c’est

le cas à Montréal, —beaucoup moins de contribuables que de pères de famille.

Si l’organisation des écoles par divisions de paroisses est préférable aux yeux de quelques-uns, elle a aussi de grands désavantages :

(a) Désavantages pour la classification des écoles d’après les besoins de différentes classes d'enfants ;

(b) Désavantages au point de vue pécuniaire, du moins pour quelques paroisses. Celles du Quartier Ste-Marie, par exemple, ne recevraient plus que $7,000 environ, au lieu de 820,000, ou bien elles seraient obligées d'élever la taxe scolaire, qu’on trouve déjà trop lourde,

Je crois n'avoir négligé aucun de vos arguments.

L’Etendard, avec plus de franchise que de bon goût, a déclaré, il est vrai, que dans plusieurs de ses arguments On w'atleint pas même des moulins à vent, on ne trouve que

males

le vide. Pour moi, j'ai tâché d'y trouver ce qu'il y a de plus favorable à sa cause.

Je me suis efforcé, en même temps, de discuter d’une manière digne du caractère sacerdotal, digne des personnages distingués que vous comptez, dites-vous, M, le Directeur, parmi vos souscripteurs : j'ai voulu aussi respecter la position sociale que vous occupez parmi nous.

Mais, je dois vous déclarer, qu’en discutant devant le public, je n’entends pas reconnaître la compétence de son tribunal dans ces questions. J'ai vu dans l'accusation que | 15 vous portiez contre moi et dans l'appel que vous me faisiez LR une occasion de détruire les erreurs et les préjugés qu’on cherchait à répandre, J’en ai profité ; mais c’est à l’autorité diocésaine, à l’Evêque de Montréal de déclarer si, dans le cas actuel, les droits de l'Eglise et des pères de famille sont violés, et dans quelle mesure ils le sont.

C'est à NN.SS. les Evêques de la province, —qui ont, dans le Conseil de l’Instruction publique, un pouvoir efficace, —de trouver un moyen de rémédier au mal, s’il existe. Pour nous, prêtres et laïques, nous ne pourrons nous ‘écarter du droit chemin en suivant fidèlement, ‘‘ dans ces questions d'éducation, la ligne de conduite ‘qu’ils auront jugée, devant Dieu, la mieux appropriée à “ la gravité des temps et des circonstances ” (Bref de Léon XIII, déjà cité).

J'ai l'honneur d’être,

Monsieur le Directeur,

Votre serviteur,

H, A. VERREAU, Ptre.

Montréal, 18 mai 1883 (1).

(1) Une partie de ceite lettre fut publiée le

31 mai ct l'autre, le 1er juin.

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