‹ Témoignage devant la Commission royale [microforme]Chapitre 30 sur 43 · III · texte numérisé non relu

III

Les accusations dont nous avons parlé dans notre un résultat—elles nous ont fait voir, toucher, gible la tactique des monopolisateurs cieuse.

Se sentant trop faible pou: s'attaquer directement à Il France et dans les autres Pays gangrenés de libéralism grand respect pour ce pouvoir si puissant au Canada. Elle lui laisse pour

exerce depuis longtemps en matière d'éducation, puis elle s'attaque avec une astuce etune énergie extraord de la société domestique. Elle veut, pour ainsi dire, cette expression—désintéresser l'église en lui laissant,

tions, ce qu'elle a droit d’avoir ; et pendant ce temps, sur les droits des parents.

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Quand la Centralisation sera complète sous ce rapport ; quand tous les pouvoirs et tous les droits scolaires seront entre les maius de l'Etat— moins le contrôle religieux et moral—c'est alors que l'erreur se démasquera. Il faudra, à l'Etat, en vertu du grand principe, de M. l'abbé Verreau, que L'INTÉRÉT GÉNÉRAL PRIME LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE (lettre du 20 avril) ; il faudra à l'Etat l’universalité des pouvoirs qu'il consent présentement à Partager, il lui faudra l'omxiporexce dans les écoles publiques.

C'esi là le véritable caractère de la lutte commencée au Canuda.

Faut-il attendre que nous en soyions rendus là pour protester, pour revendiquer ce qui nous appartient ?

Voilà un ballon destiné à détourner l'attention du lecteur. Quelques coups d’épingle pourraient le dégonfler ;

mais ce serait encore perdre un temps précieux : il suffit

d'appliquer, avec les réserves faites plus haut, le mot attribué à Pie VIT: Tragediante.

Nous distinguons entre les droits de l'Eglise et les droits du père de famille, et il faut en cftet distinguer, il le faut absolument parce distinction existe dans l'ordre naturel des choses ct que l'E le veut ainsi,

que cette glise elle-même

Nous établirons plus tard par quelle habile confusion, M. l'abbé Ve veut effacer cette distinction, afin d'enlever de fait l'exercice de certains dr ces droits.

r'eau au père de famille

Nous avions placé cette distinction comme base de notre argumentation.

La mettre de côté c'était dénaturer complètement notre pensée.

Nous avons écrit le 17 avril :

Pour préciser davantage, nous dirons que, dans la question des écoles de Montréal, les vérités reconnues qui doivent servir de base à largumenta.

tion, et surtout servir de base au système, ce sont les droits respectifs et DISTINCTS du père de famille, de l'Eglise et de l'Etat,

Puis nous plaçions hors de cause, pour le moment, les droits de l'Eglise.

Nous disions 4 les Jroits distincts du père de famille, etc.” Sans mème avoir été à Rome,—pour nous servir de l'expression ct de l'allusion de notre contradicteur,—un élève de logique peut comprendre qu'il s'agissait des droits du père de famille autres que les droits de l'Eglise et autres que les droits de l'Etat. Les droits que le père de famille possède conjointement avec l'Eglise sont des droits conjoints, et non des droits distincts. Cela saute AUX yeux, n'est-ce pas ?

Il ne s'agissait donc pas de ces droits conjoints.

Dans sans

Votre théorie de droits conjoints est pour le moins étrange : elle renferme des conséquences que vous ne paraissez pas soupçonner.

Tous les droits du père concernant l'éducation de ses enfants sont subordonnés à ceux de l'Eglise. Voilà la véritable doctrine.

C'est pourquoi, nous disions que l'idée émise par M. l'abbé Verseau qu'#il “ faut être bien difficile pour se plaindre quand l'évèque ne réclame pas, “quand il ne trouve pas que les droits des parents sont lésés ” est « l’idée la plus étonnante et la plus fausse de son témoignage. ”

C'est pourquoi nous disions :

Est-ce à l'évêque à trouver que les droits des parents sont lésés ?

Quelle confusion dans vos idées! M. l'abbé.

L'évêque a mission de voir à ce que les droits de l'Eglise ne soient pas lésés ; mais il n'a rien à voir à ce que les nôtres le soient on ne le soient pas. Du moment que l'on laisse À l'église le contrôle et la surveillance qu'elle a droit d'exercer, l'évêque et le curé n'ont rien à dire : et ils n'ont jamais demandé plus ! Ils n'ont aucune autorité pour venir dire : 6 Non seulement nous réclamons ln part de l'Eglise, mais nous réclamons même celle des parents, ”

Quel est le lecteur non préjugé qui n'a pas compris que l'idée exprimée par là est celle-ci :

Nous, pères de famille, nous ne pouvons attendre raisonnablement de l'Eglise qu’elle réclamera, pour nous rendre service, plus que le contrôle moral et religieux. Le reste nous regarde. Nous ne devons pas nous croiser les bras et laisser à l'Eglise une tâche qu'elle n'accepte pas et qu'elle ne ne peut accomplir,

L'évêque, en tant qu'évêque, et le curé en tant que curé, n’ont pas l'hubitude d'intervenir dans les luttes qui se livrent, au sujet de la délimitation de leurs droits respectifs, l'Etat et lu société domestique—quand ces luttes, quelqu'en soit l'issue, ne doivent affecter en rien l'Eglise.

M. l'abbé Verreau, pour dénaturer notre pensée, s'est mis à disséquer ce paragraphe.

Telle proposition. a-t-il dit, prise dans le sens absolu, n'est pas exacte, etc. etc.

Nous lui avons répondu le jour même, le 18 avril :

Dans un article de journal, les vérités exprimées au courant de la plume ne sont pas des définitions dans le sens absolu. M. l'abbé connaît bien

cela. On n'écrit pas un article avec des définitions. Les propositions s’interprétent les unes par les autres.

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I ny a qu'un adversaire d 61 0 yal qui puisse séparer une pruposition de ses voisines, et lu critiquer en lui prétant un sens que son auteur n'a pas voulu lui donner.

Nous maintenons cette réponse,

Je me sens au-dessus de cette insulte réitérée.

Il y à des esprits qui s'obstinent à défendre une erreur quand on leur montre la vérité contraire, et chez qui la grossièreté augmente avec les ménagements qu'on leur témoigne.

“ La violation d'un droit ”, dit M. l'abbé Verreau se ruccrochant à une dernière branche, & est une injustice ; toutes les questions de justice, en “ tnt qu'elles lient la conscience,sont du domaine de l'Eglise, ete” Donc etc.

Ceci est une vérité, mais une vérité d'une application générale qui n'a rien à faire dans le débat. Cet intérêt que l’ordre naturel ne soit pas troublé, que personne n'accapare les droits d'autrui, ne prime pas l'intérêt personnel et plus immédiat du père de famille. Tout individu & un intérêt général d’un genre à peu près identique sur les propriétés de ses voisins les plus éloignés, de ses semblables des steppes de l'Asie, des déserts de l'Afrique, ou des îles perdues de les mers océuniennes.

Mais cela n'a rien à faire avec l'exercice du droit même de propriété.

Nous continuerons notre argument dans un prochain numéro.

Je prie le lecteur de voir, à la page 70, la question de

justice, telle que je l'ai présentée : cela suffit.

Mais la réponse qu'on vient de lire est si étrange qu’elle mérite d’être examinée en elle-même, comme exercice de dialectique.

Je la reprends et je distingue : Ceci est une vérité. d'une application générale, c’est-à-dire vague, très éloignée, comme l’exemple de nos voisins d'Afrique, cité plus bas, le fait comprendre :

Je nie que ce soit là le sens de ma proposition,

Ceci est une vérité d'une application générale, c'est-à-dire qui s'applique à un très grand de cas, je l'accorde.

C’est ordinairement la qualité des axiomes d’être d’une application générale, et il paraît que c’est pour cela qu’on les emploie dans la démonstration.

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Ainsi, à l’aide du principe que j'ai invoqué, on peut dire : Telle loi sur l’intérét consacre une injustice. Donc l'Eglise a le droit de réclamer ;

Telle autre loi d’expropriation consacre une injustice à l'égard des propriétaires,

Donc l'Eglise à le droit de réclamer ;

Telle loi scolaire consacre une injustice a l'égard des parents,

Donc l'Eglise a le droit de réclamer,

Ainsi de suite, et toujours en vertu du principe général que j’ai posé.

Plus le droit violé est évident et les Cnséquences de cette violation désastreuses, plus le devoir de réclamer est pressant.

Mais cet intérit que l’ordre naturel ne soit pas troublé, que Personne n’accapare les droits d'autrui, ne prime pas l’intérit Personnel et plus immédiat du père de famille.

Si votre phrase offre-un sens,ce que je n’oserais affirmer, ce ne peut être que celui-ci :

a) Que l’ordre naturel soit violé, c’est un mal.

b) Mais c'est un mal plus grand, que les droits du père soient violés.

Vous ne pouvez opposer la seconde proposition à la première, qui énonce un principe général : elle en est sinplement un cas particulier, parce que les droits du père, dans l'éducation morale et religieuse de ses enfants, découlent de l’ordre naturel.

C’est ce que vous avez proclamé, en disant, p. 44: L'6 ‘ ducation de l'enfant fait partie des droits et des obliga- ‘tions de la société domestique ”,

…...." Toute théorie contraire est attentatoire à la liberté et est contraire à l’ordre naturel des choses ”,

Plusieurs droits découlent de l’ordre naturel : vous pouvez les comparer les uns aux autres pour en connaître le plus important ; Mais il serait absurde de chercher à

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