‹ Tension artérielle et diabèteChapitre 13 sur 66 · L'AGE · texte numérisé non relu

L'AGE

par la déperdition d'azote, correspondant à une destruction exagérée des albumines corporelles, et par l’évolution incomplète des matières azotées, qui s'arrêtent en partie au stade d’acides aminés, d’ammoniaque, de créatine et formant moins d’urée qu'à l'état normal.

| b) Un trouble de métabolisme des graisses, caractérisé par l’hyperlipémie et surtout par la combustion incomplète des corps acétoniques ; il en résulte une accumulation d'acide $-oxybutyrique, d’acide diacétique et d’acétose dans l'organisme, ce qui constitue un état d’acidose. :

« Entre ces deux formes extrêmes, il en existe des intermédiaires » ; |

….« En définitif, ce qui sépare le mieux les deux formes de diabète, c’est que l’une reste bénigne ou modérée et n’évolue point, tandis que l'autre évolue et passe fatalement de la forme simple, sans dénutrition, à la forme grave, avec dénutrition et acidose ». |

.… € Le diabète sans dénutrition représente une infirmité plutôt qu'une maladie; avec un régime convenable, le diabétique ne souffre pas, et son trouble métabolique reste latent. Le diabète avec dénutrition azotée est au contraire une maladie, la plus grave des maladies, celle où on observe la plus profonde, la plus inéluctable des décompositions organiques (p. 8 et 9).

« Les auteurs anciens décrivaient « l'évolution du diabète avec acidose » en deux chapitres successifs :

PAT les signes prémonitoires du coma; et le coma con-

firmé ». Aujourd'hui, on distingue : « 10 une longue

période d’acidose, tantôt latente et réduite à ses

stigmates urinaires, tantôt manifestée par des

signes cliniques et évoluant par poussées successives ; 2° le coma, avec ses signes de début qui sont ceux de la poussée d’acidose, et la période du coma confirmé qui aboutit rapidement à la mort »

(M. Labbé et Nepveux, Acidose et alcalose, p. 154).

L'examen du mécanisme du diabète, dont nous venons d'évoquer en raccourci les particularités dominantes, ne renseigne pas beaucoup sur les causes de cette maladie.

Le diabète, syndrome complexe, est aussi syndrome mal déchiffré. Pourtant notre sujet, — qui cherche à établir les relations éventuelles entre les variations de la tension artérielle et le diabète, — nous oblige à rechercher, si les causes des deux syndromes, hypertension et diabète, n’ont pas de régions physiopathologiques ou biochimiques communes. |

Comme nous l'avons fait en nous occupant des variations pathologiques de la tension, nous nous efforcerons de pénétrer également dans le complexe

causal du diabète.

Le diäbèté serait héréditaire avec prédilection pour l'hérédité patérnellé (Rathery) ; les Israélites paraissent particulièrement disposés à contracter la maladie (Noordén, Bouchardat). be

Le diabète paraît contagieux (Débové, Teissier).

Il existé üné véritable « débilité congénitale » concernant le métabolisme des H. de C; « qu'une faute d'hygiène vienne se greffer sur cet état, le diabète apparaîtra » (Rathery). On rencontre souvent dans la même famille une alternance entre le diäbèté, la goutte et principalement l'obésité qui péut marqüer le prémier stade du diabète par sa mauvaise assimilation des H. dé GC, c’est-à-dire en les convertissant en graisse (Bouchardat). « Les farnilles d’arthritiques fournissent le contingent le plus important aux pérturbés de la nutrition » (Ras thérÿ). Cette constatation nous intéresse spéciale: ment : les arthritiques étant très souvent des hyper: téndus.

La sédentarité, le travail intelléctuél intense, les soucis moraux et la tension perpétuelle d’ésprit, qui fournissent le plus grand nombre d’hypertandus, äccusént én mêtne tëmps le plus de diabétiques,

Les infectiôns semblent favoriser grandement l’éclosion du diabète latént : pourtant le professeur Marcel Labbé estime que « les maladies infectieuses

paraissent rarement être la cause du diabète. La

nat ait) de du

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syphilis même, qui a été regardée comme la cause habituelle par certains auteurs, ne paraît pas devoir être invoquée que dans des cas exceptionnels ». Le professeur Rathery partage cette opinion.

Nous savons-bien qu'en énonçant pour cause du diabète une autre maladie, comme en indiquant les complications et associations morbides qui l’accompagnent, nous ne désignons pas les vraies causes du mal. Etablir une pareille filiation causale n’est en somme que pousser plus loin l’inconnue recherchée. Les soi-disant causes anatomo-pathologiques,comme celles découlant des anomalies du système nerveux (diabète traumatique, d’origine psychique, des maladies mentales, des lésions cérébrales), ne sont réellement que des complications, des associations qui aggravent le tableau pathologique, mais non des causes.

On ne saurait dire la même chose de toutes les maladies « qui évoluent sur le même terrain que le diabète ». Parmi ces maladies « d’accompagnement » (et la liste en est longue), les unes sont beaucoup plus intimement liées à l’évolution du diabète que celles qu ’on rangeait autrefois dans le cadre de l’arthritisme et qui résultent d’une alimentation vicieuse » (M. Labbé) telles que la goutte et l'obésité déjà nommées.

S'il est permis de considérer comme des maladies d'accompagnement la tuberculose pulmonatre« d’une fréquence déplorable chez les diabétiques », et assu-

mant des caractères cliniques spéciaux, les affections

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du système cutané qui empruntent elles aussi une gravité particulière chez les diabétiques ; les maladies du cœur dont les associations ne sont que fortuites » (« Il n’y a pas d’aortite diabétique, mais seulement des aortites chez les : diabétiques ». M. Labbé), par contre les affections découlant de l’action des glandes vasculaires sanguines sur le métabolisme des H. de C. nous paraissent comme participant directement du diabète, et non plus comme affections d'accompagnement.

… © Les glandes vasculaires sanguines jouent sans aucun doute un rôle très important dans la physiologie pathologique du diabète. Mais ce rôle est loin d’être simple ».….

« La complexité du problème provient : d’une part des connections intimes reliant entre elles les diverses glandes vasculaires sanguines : rôle de suppléance, rôle d’antagonisme ; or, il suffit que l’une quelconque de ces fonctions soit prédominante pour modifier à l'extrême le tableau morbide. D'autre part, une même glande contient des sécrétions multiples à actions souvent antagonistes que nous ne connaissons pas toutes et dont l'existence vient aussi compliquer le problème pathogénique. »

. « C’est dans l’état de synergie fonctionnelle des différentes glandes vasculaires sanguines que doit être recherchée la clef du problème; il est probablement bien exceptionnel qu’une seule de ces glandes intervienne dans un cas donné » (Rathery,

op. cit., page 48-50).

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L'action des glandes vasculaires sanguines sur le métabolisme des H. de C. serait conditionnée par deux groupes de glandes à fonctions opposées :

lo Glandes agissant#pour empêcher l'hyperglycémie et la glycosurie :

foie, pancréas, parathyroides, donc déterminant le diabète par hypofonctionnement glandulaire ; |

20 Glandes agissant pour produire l'hyperglycémie et la glycosurie :

foie, thyroïdes, surrénales, hypophyse, donc déterminant le diabète par hyperfonctionnement glandulaire (d'après le professeur Rathery).

Nous pouvons donc concevoir que l’activité anormale d'au moins certaines glandes endocrines, semble jouer un rôle fondamental dans la pathogénie du diabète. |

Cette conception présente, en dehors de l'intérêt fondamental qui la rattache à l’origine du syndrome diabète, un intérêt particulier au point de vue spécial auquel nous nous sommes placés : le diabète et la tension artérielle.

En effet, certaines glandes vasculaires sanguines, le foie et le pancréas surtout, interviennent aussi, comme nous l'avons rappelé dans les troubles des pressions artérielles.

Un rapide examen de l’activité spécifique du foie et du pancréäs, nous permettra de mieux dégager leur intervention simultanée dans le diabète et dans

les anomalies tensionnelles.

« Le rôle du foie dans l’éclosion du diabète est très important. Par suite de son double rôle ; rôle d'arrêt (mise en réserve) et rôle de mise en liberté du glucose, on.peut admettre qu'un hypofonetionnement comme un hyperfonctionnement de l'organe peut déterminer le diabète. »

… € Le foie intervient bien certainement, comme Bierry et Rathery l'ont montré, dans la formation du sucre protéidique. » |

« Nous dirons donc que le fote intervient fréquemment dans le diabète, sinon toujours, du moins, dans la majorité des cas, » (Rathery, op. cil., pages 52-53). |

On peut produire expérimentalement le diabète en agissant sur le pancréas: Von Mering et Minkowsky ont prouvé que l’extirpation totale du pan: créas chez le chien, détermine le diabète aigu suivi de la mort dans les 25 à 30 jours. Ce diabète ne ressemble pas au diabète humain, par contre, en n'enlevant qu'une partie de la glande, on provoque un diabète atténué se rapprochant de celui de l'homme (Diabète de Sandmeyer). Allen démontre que l'on peut reproduire à volonté les différents types de diabètes humains : les diabètes moyens paraissent lorsqu'on enlève sept huitièmes du pancréas, le diabète grave quand on enlève neuf dixièmes.

Malgré les conclusions qui s'imposent comme suite de ces expériences sur le rôle du pancréas dans le

diabète, il ne semble pas permis d'affirmer que la

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