‹ Tension artérielle et diabèteChapitre 23 sur 66 · Blum, Deut. Arch. für Klin. Medis., 1901, 2 H · texte numérisé non relu

Blum, Deut. Arch. für Klin. Medis., 1901, 2 H

Le D' Lépine qui a pesé les organes des diabétiques conclut que « le cœur est en général petit | dans le diabète ; » par contre «les reins étaient augmentés de volume dans la proportion de 80 % »

Le remarquable travail du D' Séverie, qui date de 1907, lui a permis de formuler les conclusions très instructives ci-après, conclusions qui, étant donné la haute conscience et la puissante méthode du travail de l’auteur, auraient pu être beaucoup plus utiles si notre estimé confrère avait disposé des ressources actuelles des appareils à Maxima et Minima. |

« 1° Les auteurs et nous-mêmes avons constaté que la majorité des diabétiques ont une tension artérielle élevée.

« 2° L’élévation de la pression chez ces malades, tient à des causes diverses.

« a) Causes accessives : néphro-sclérose, angiosclérose, goutte, fréquentes chez les diabétiques:

« b) Augmentation de la masse sanguine due à la suralimentation et à l'état de réplétion exagérée des vaisseaux. à

« c) L'hyperglycémie des diabétiques.

« 3° L’abaissement de la pression artérielle chez certains (diabétiques) tient à l’amaigrissement ; celui-ci peut d’ailleurs être produit: .

« a) Par un régime mal organisé ou des troubles digestifs ne permettant pas une alimentation suffisante s

« b} Par la tuberculose pulmonaire.

LOT 40 La pression artérielle élevée se voit en général dans les diabètes sans dénutrition (diabètes des obèses, diabètes dits arthritiques). L’abaissement se voit au contraire dans les diabètes avec dénutrition. « La première est donc d’un pronostic favorable,

la deuxième d’un pronostic très défavorable, »

En 1913, le D° Th. Coader publie sa thèse (déjà citée) dans laquelle après avoir fait un résumé historique, l’auteur écrit: «il apparaît que l’étude des rapports pouvant exister entre l’état de la tension artérielle d’une part, et la présence et la quantité de sucre et d’albuminurie dans les urines d’autre part, n'a pas été faite... « Nous en savons les raisons : état d’imperfection de la sphygmomanométrie, connaissance insuüflisante des syndromes diabète et hypertension. Décidé à apporter sa contribution à l’avancement du problème, M. Coader consacre son travail à la Valeur pronostique et diagnostique de la recherche systématique de la tension artérielle chez les diabétiques simples.

Notons de suite que le D' Coader part de idée qu’il est très fréquent d'observer l'alburmninurie chez les dtabétiques. L’albuminurie existerait d’après les

différents auteurs « dans le quart, le tiers ou même

plus de la moitié des cas chez les diabétiques. Gette

albuminurie offre des modalités cliniques nom-

breuses, notamment celle qui relève d’une néphrite

60 = ‘chronique concomitante, qui s'accompagne d'hypertension artérielle et qui est toujours d’un pronostic très réservé. « D’autres fois l’albuminurie évolue sans symptôme de néphrite: il s’agit là de véritables albuminuries diabétiques. » (Classification du Pr Rathery, cité pages 15 et 16 de la thèse).

Pour le D' Coader personnellement, dès qu’il existe de l'albuminurie, il existe une lésion rénale ; celle ci peut être très légère, elle est même souvent aisément réparable pourvu que la cause déterminante de l’albuminurie cesse » (page 18).

Etant donné la position prise par lui en matière de diabète, l’auteur a été conduit à rechercher :

« 1)... D'abord les rapports pouvant exister entre l'état dé la tension artérielle d’une part et la présence et la quantité de sucre dans les urines d’autre part » (page 75).

€ 2)... Ensuite les rapports pouvant exister entre l’état de la tension artérielle d’une part, et la présence et la quantité d’albumine dans les urines d'autre part » (page 75).

En résumant « la valeur de Ja recherche de la tension artérielle « chez les diabétiques simples » (non consomptifs) l’auteur dit:

« Nous avons pu, par la recherche de la tension artérielle, montrer l'importance d’un traitement systématique du diabète. Il semble bien en effet, qu’il ne soit pas indifférent pour le rein d’éliminer d'une facon constante des quantités plus ou moins

considérables de sucre, car l'hypertension arté-

de MM

rielle qui est facilement réductible chez les diabé tiques soignés précocement, devient au contraire, irréductible chez les diabétiques soignés tardive: ment. »

Au point de vue thérapeutique, la recherche de là tension artérielle peut donner pratiquement des indications très importantes chez les diabétiques albuminuriques. »

En effet, en présence d’un diabétique albuminürique, la question se pose toujours de savoir lequel des deux régimes, il faut instituer : régime anti-diabétique ou anti-néphritique, ces deux régimes étant souvent assez contraire l’un à l’autre. pr

Le D' Coader, qui est avee le D' Séverié; le seul auteur à notre connaissance ayant traité spécia+ lement le problème . diabète-tension artérielle, présente ses conclusions générales comme suit (p- 81-82) :

« 1° Chez les malades atteints de hubare simple sans albüminurie, nôus avons pu distinguer deux groupés de malades,

« Le prémier groupe comprend les diabétiques présentant dés variations parallèles de la tension artérielle avec le chiffre de la glycosurie. Ghez ces malades, la tension est élevée avec une glycosurie forte, la tension est normale avec une glycosurie faible. |

« Le second groupe comprend les malades présen: tant une tension élevée, quelque soit le chiffre de

léur glycos urle.

AE

« Nous pensons que, dans le premier cas, le pronostic est bénin, et dans le second, la stabilité de l'hypertension indique un pronostic réservé.

« Ces derniers cas surviennent chez les diabétiques ‘qui se soignent tardivement :

« 2 Chez les diabétiques -albuminuriques nous distinguons également deux groupes de faits :

« a) Les malades chez lesquels l’albuminurie, la glycosurie et la tension artérielle subissent des variations parallèles. Nous pensons que dans ces cas, le pronostic est relativement bénin.

« b) Les malades chez lesquels l’albuminurie, la glycosurie et l'hypertension semblent indépendantes les unes des autres : la tension restant élevée avec une glycosurie faible ou l’aglycosurie.

« Il s’agit dans ce cas de malades atteints de néphrite chronique déjà avancée et le pronostic est réservé.

« Nous estimons que la recherche systématique de la tension artérielle vient donner des indications importantes au point de vue du pronostic et au point de vue de l'établissement du traitement, particulièrement en ce qui concerne les cas où l’albuminurie et la glycosurie se trouvent associées. »

Les progrès accomplis depuis 15 ans en matière de pathogénie du diabète et des troubles de la ten. sion artérielle, complètent sur beaucoup de points, les idées de l’auteur et substituent parfois à ses hypothèses, les certitudes des acquisitions nouvelles,

surtout celles résultant de l'emploi de l'insuline,

en

emploi qui inscrit la théorie diastaso-hormonique ci-dessus énoncée, à la place d'honneur parmi les causes fondamentales du syndrome diabète, et peutêtre aussi du syndrome hypertension (Prof. Rathery).

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