‹ Tension artérielle et diabèteChapitre 22 sur 66 · PRET · texte numérisé non relu

PRET

tuberculeux, sans que l'examen le plus minutieux ait

démontré qu'ils l'étaient réellement. »

En 1903 le Professeur Vaquez (Bulletin médical de mai) prend position contre la thèse Broadbent- Potain-Bouchard-Teissier-Bosc et Vedel en écrivant : « Dans l’immence majorité des cas, quand l'hypertension dépasse 23 à 24 centimètres, on peut affirmer l’existéence d’une néphrite interstitielle. Il est vrai que les tensions élevées peuvent se rencon- | trer dans le cours du diabète. Avec M. Potain, nous avons noté dans deux cas de diabète comme tension 26 centimètres. Mais ce maximum est inconstant. Il doit éveiller l'attention, obliger à un examen minutieux de l’urineet faire craindre une lésion

rénale si fréquente dans la glycosurie. »

A l'occasion du Congrès, l'attitude du Professeur se précise nettement. Le Dr Vaquez pense que l'hypertension fait son apparition chez les diabétiques avec les maladies d'accompagnement, ou qu’elle préexiste si les complications à caractère

hypertenseur préexistent elles-mêmes.

« Il nous reste à faire connaître la relation non signalée jusqu'ici de la glycosurie et de l’hypertension artérielle, Potain note bien dans son livre que l'hypertension artérielle peut être révélatrice du diabète.

D’après cette indication, nous avons fréquemment cherché, chez les diabétiques, à évaluer la

tension artérielle, et contrairement à ce que disait

notre Maitre, nous ne l'avons jamais trouvée élevée. Mais dans le même temps, nous fûmes surpris de voir chez deux de nos malades de la ville, que nous observions depuis plusieurs années, et qui étaient atteints de néphrite chronique par hypertension, des poussées soudaines et parfois persistantes de glucosurie, Dans le premier cas, la glycosurie apparut d’une façon subite, avec quelques phénomènes révélateurs, soif, état fongueux des gencives, et atteignit d'emblée 130 gr. La tension artérielle était alors à 27 cm. ; la glycosurie dura 15 jours et reparut un an plus tard, également à un chiffre élevé, à 100 gr. environ, et ne persista que 6 semaines,

Le sujet succomba récemment au cours d’une crise d'œdème pulmonaire. Nul doute que si un pareil malade, qui jusqu'alors ne présentait que peu de symptômes morbides, avait attiré l'attention du médecin sur ce seul phénomène de glycosurie, on ait conclu chez lui à l'existence d'un diabète avec hypertension, alors qu'il s'agissait en réalité d'un malade atteint primitivement d'hyper:ension et présentant une crise intermittente de glycosurte. Dans le second cas, la glycosurie également intermittente ne dépassa jamais quelques grammes.

Ces cas encore ignorés, nous rendront peut-être compte de l'interprétation qu'il faut donner aux faits signalés par Potain. Ils sont, à coup sûr, fort

intéressants à rapprocher des constatations faites

ES y Ares

par Blum (1) et relatives aux relations de la glycosurie avec le fonctionnement des glandes surrénales et l'hypertension.

Dans leur traité intitulé Diabète, Goutte, Obésité, les Docteurs Rathery et Castaigne expriment des idées analogues sur l'association du diabète avec des affections hypertensives devenant hypotensives dans les formes graves.

« La coexistence d’athérome aortique et d'artériosclérose est loin d’être rare ; elle doit être recherchée, car elle comporte des indications thérapeutiques spéciales. L'état de tension artérielle a une grosse valeur pronostique : la tension n’est pas constamment élevée commé on le croyait autrefois; l'hypertension étant un signe révélateur d'une néphrite chronique plus ou motns lente.

« D'autre part, il semble que la tension soit assez basse dans les formes graves de la maladie. »

Dans sa thèse déjà citée, le D:' Ch. Séverie nous dit que les auteurs allemands n’ont entrepris aucune étude concernant la tension artérielle chez les diabétiques. « Ils ont simplement noté un des symptômes qui accompagnent généralement l’hypertension »... : l'hypertrophie du cœur. « A l'autopsie Mayer a trouvé dans 13% des cas de l'hypertrophie du ventricule gauche », sur le vivant dans 27 % des cas. Israël a rencontré cette hypertrophie à l'autopsie 10% et le Dr Saundby (anglais) 13%

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