‹ Tensions Artérielles et Vis viscosité Sanguine Dans Le Glaucome PrimitifChapitre 11 sur 51 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Ün cas complexe (obs. I [5,3]).

Un diabétique (obs. XI [5]).

Ces résultats concordent avec les données de Martinet pour lequel:les principales causes d'hyperviscosité sont : l'hyperglobulie (pléthoriques), l’hyperplycémie (diabète), l’anoxhémie (cyanosés, asphyxiques). io

Notre malade à viscosité faible (obs. V [3,7] est

- un artério-scléreux avec œdème des mémbres infé-

rieurs. Or, pour Martinet, l’hydremie et les ædèmes coïncident souvent avec une diminution de la viscosité du sang. |

En résumé sur: 16 cas de glaucome inflammatoire 9 s’accompagnent de viscosité normale, et, chez les autres, les écarts constatés s'expliquent aisément par l’état général seul. Nous ne pouvons saisir jusqu’à présent aucun rapport entre la viscosité sanguine et le glaucome inflammatoire.

‘Glaucomes chroniques simples. — Dans nos observations de glaucomes simples, six fois sur neuf la viscosité est très neltement supérieure à la normale, (obs. XVII [3,8], XX [5], XXI [5,2], XXIT [6,4|, XXI [6,4]; XXV [5,5]). |

Trois fois elle est normale ou voisine de la normale (obs. XVIIT [4,41], XIX [4,4], XXIV [4,r]).

Jamais elle n’a été inférieure.

‘Ces notions envisagées isolément ne peuvent conduire à aucune conclusion, et l’on comprend plus que jamais la nécessité de faire intervenir d’autres

lie

facteurs inséparables de la viscosité; nous voulons surtout parler de la numération des globules,de leur volume et de leur teneur en hémoglebine, de la proportion des gaz contenus dans le sang, de la perméabilité rénale, de la rétention chlorurée,etc., tous éléments capables de modifier dans de fortes proportions l’état de la viscosité sanguine.

Glaucomes hémorragiques.— Nos 2 observations de glaucome hémorragique présentent : l’une (obs.XX VI) une hyperviscosité assez forte (6,6), et l’autre (obs. XXVII) une viscosité voisine de la normale (4,5).

Là encore la viscosité seule est impuissante, alors que l'étude du rapport sphygmo-viscosimétrique

x : dE à () nous fournira de précieux renseignements.

Nous allons maintenant envisager celui-ci dans nos trois catégories de glaucome.

SPHYGMOVISCOSIMÉTRIE

Normalement, dans un organisme sain, en état d'équilibre circulatoire, il existe un rapport constant et nécessaire entre la viscosité sanguine et la pression artérielle, rapport facile à saisir a priori.D'une part, la viscosité sanguine représente le coefficient de frottement interne, la résistance du sang à la circulation à travers les vaisseaux ; d'autre part,la pression artérielle marque la puissance cardiaque,la force qui doit vaincre cette résistance. Plus cette dernière est grande, et plus l’impulsion systolique devra être forte. Abstraction faite du filtre rénal et de l'élasticité des vaisseaux qui sont, eux aussi, facteurs de résistance, il est donc bien évident que l'état d’eusystolie ne peut être maintenu qu'à une seule condition : la pression artérielle doit s'adapter à la viscosité sanguine. C’est ce que Martinet énonce sous le nom de loi de concordance normale sphygmovistosimétrique.

« A l’état normal, dit-il, avec un système circulatoire indemne et en parfait état d'équilibre, il existe un rapport constan entre la tension sanguine (maxima radiale) et la viscosité sanguine, et ce rap-

port © est voisin de 4 (3,8 à 4,5). »

R. Alexandre 4

er

L'équilibre cireulatoire vient-il à se rompre sous l'influence d’un état pathologique quelconque, on observe alors un bouleversement du rapport précédent. 2 cas peuvent se présenter:

1° La tension artérielle sera élevée par rapport à

PURES MX la viscosité, el Le fAPper deviendra supérieur

C’est ce que Martinet a observé dans la népbrite interstitielle,la pléthore sanguine avec polyurie,pollakyurie,nycturie, dans l’artério-sçlérose et l’aortite chronique. La caractéristique de ces cas est l’hydrémie par adultération fonctionnelle ou anatomique du système cardio-artério-rénal ; l'impulsion cardiaque est violente, la viscosité faible,les vaisseaux souvent altérés ; ceux-ci se rompent facilement, et les hémorragies sout, en effet, des accidents très fréquents au cours de cet état dynamique que Martinet nomme hypersystolique ; illes résume dans cette première loi de discordance. |

| FULPREE Mx «Quand Île rapport sphygmo-viscosimétrique TV: s

s élève notablement au-dessus de ia normale (supérieur à 4,0), il existe un trouble temporaire ou permanent, fonctionnel ou anatomique de la circulation, caractérisé par l’hypersystolie, Phypertention artérielle avec bloquage rénal. Les lésions anatomiques ou le trouble fonctionnel sont localisés au système artério-rénal. »

2° La pression est faible par rapport à la viscosité.

AT LU Les malades de cette catégorie présentent une circülation de retour défectueuse, une hypertension veineuse produite par un obstacle au niveau du cœur gauche (affections mitrales), du poumon (pneumopathies chroniques, tuberculose), du foie (cirrhoses, congestion) des veines (varices, phlébites, cyanose cutanée). Ces états, dits Ayposystoliques, sont soumis à la deuxième loi de discordance :

; R Mx

«Quand le rapport sphygmo-viscosimétrique x s’abaisse notablement au-dessous de la normale (inférieur à 3,9), il existe un trouble temporaire ou permanent, fonctionnel ou anatomique de la circulation, caractérisé par l'hyposystolie absolue ou relative, la tendance au ralentissement circulatoire, à la stase et à Phypertension veineuses. La lésion anatomique ou le trouble fonctionnel sont localisés au système cardio-phlébo-pulmonaire. »

I faut envisager une troisième catégorie de faits; nous voulons parler des cas complexes où plusieurs affections chroniques à tendances contraires, annulent réciproquement leurs effets dynamiques et où le

Mx ET rapport Vs perd de sa valeur. Ces cas sont d’ailleurs peu fréquents. “

Quels résultats nous donne l'étude de ce rapport chez nos malades? Voyons d’abord les glaucomes, inflammatoires.

Glaucomes inflammatoires. —- Sur 16 cas, 8 sont

en état d’eusystolie, 5 d’entre eux ont, avec une

viscosité normale, une tension artérielle normale. Ce

sont les observations Il (2 = of) nt ( 28 =)

IV ee . 28), XII (es ke tt) et XIII (CE “

= nu)

Tous ces sujets sont en bonne santé, ont un cœur normal, des urines ne contenant ni sucre ni albumine ; quelques-uns ont des artères peu souples ; mais, en somine, ils sont en état d'équilibre circulatoire parfait : ils ont la tension de leur viscosité.

Les trois autres eusystoliques sont les n° XV, V

Len XV (= = 4.23). à la fois hypertendu et \®5"

hypervisqueux, est un pléthorique simple ; mais lui aussi a la tension de sa viscosité, et ne présente aucun signe de bloquage rénal. |

Le no V, bien qu'ayant un rapport normal

15 N ; ; De Er En 4,05 } présente des signes cliniques indéniables d’artério-sclérose. 11 est vrai que sa tension minima est élevée relativement, et que P — 4 seulement. Il est permis de supposer que son cœur, non hypertrophié, lutterait difficilement, si en plus de - la dureté des artères, il avait à vaincre une viscosité un peu plus forte.

k | Le n es — 6,33) est un cas très complexe,

in ME

présentant des signes cliniques nets d’artério-sclérose, mais associés à une anémic cancéreuse ; enfin, la malade tousse et est dyspnéique.

Sur les 5 hypersystoliques [obs. VI 5 = 4, ss),

A Cr RER s 23 ONE NII (5 D I - PS fr6o) X (= 4.63 },

è = 641 & sont hypertendus et 1 seul

ne présente aucun signe clinique d’artério-sclérose (no VI), 2 sont diabétiques, goutteux, artério-scléreux avérés (n° X, XI).

Enfin, il reste 3 hyposystoliques [obs. VII

(2 - 3 08) IX 5 - 9 67). xIv ( (= 3,20)

Le premier (tension normale et hyperviscosité) présente de la cyanose marquée des extrémités et des varices aux membres inférieurs.

Le second (hypotendu et hypervisqueux) est bronchitique et emphysémateux.

Le troisième (tension normale, hyperviscosité) a des varices des membres inférieurs.

En résumé : tous ces résultats coïncident bien avec les données de Martinet ; mais, au point de vue oculaire, ils nous sont d’un médiocre secours, et ne nous permettent de saisir aucun rapport précis entre le glaucome inflammatoire et l’état de la circulation générale.

Le glaucome inflammatoire n'est lié ni à l’hypertension artérielle,ni à l’artério-sclérose ; il se rencontre

gt en

dans les états dynamiques les plus divers etau cours des affections les plus variées. L’étude de l’oscillométrie et de la viscosimétrie ne nous a pas permis de faire du glaucome irritatif une entité morbide bien définie, et nous ne pouvons donner, jusqu’à présent, aucune application étiologique ou diagnostique.

Glaucome chronique simple. — Appliquée au glaucome simple, l'étude du rapport sphygmo-viscosimétrique nous fournit un peu plus de clarté.

Nous avons vu précédemment que sur 9 glaucomateux,. 8 étaient hypertendus, 6 présentaient une viscosité élevée. M. Joseph, constatant,comme nous, de l'hypertension chez ses malades, en déduit une relation in lim e éntre le glaucome et l’artério-sclérose;

Mx 7 F dde du rappotie ne nous permet pas d’être aussi

affirmatif. Artério-sclérose et hypertension ne sont pas en effet synonymes, et tous les hypertendus ne sont pas des artério-scléreux.

Chez nos malades, dans un cas [obs. XXIV Mx 16 3 :

ME = 3 90 ] la tension est normale, la visco- VSE 4, sité oct normaux aussi sont la tension minima et le rapport P ; l'examen clinique ne révèle

aucun signe d’artério-sclérose.

Sur les 8 hypertendus, nous avons / Ho 3 hypersystoliques et 1 hyposystolique.

Trois eusystoliques [obs. XVIII Ce = = 4.5), XIX

4,4 32), XXV | — —- i) sont en état d’équi- (2 ; ) (5e Ô libre parfait, et indemnes de toute manifestation

artério-scléreuse. L'un d’eux est un emphysémateux

très amélioré par le traitement ioduré.

Le quatrième eusystolique [obs. XXI ( = 4, 3) ),4

est un diabétique de soixante-douze ans avec cœur hypertrophié et troubles urinaires ; ses artères ont encore une souplesse relative et il est, au moins temporairement, ep état d'équilibre circulatoire.

re L'hyposystolique [obs. XXI (= =336)] très

légèrement hypertendu.est fortement hypervisqueux; il n’accuse pas de signe d’hypertension veineuse : peut-être pourrait-on expliquer sa baisse relative de tension par l'influence du traitement ioduré auquel il était soumis lorsque nous l’avons vu.

Enfin des trois hypersystoliques Vs Dax

(2 580), XXUL( 22 —4,67).XVII =5,41)] à | 6,4 7

deux sont des artério-scléreux avérés ; le dernier est un pléthorique goutteux avec pollakyurie et nyeturie.

En résumé, dans le glaucome chronique, l'hypertension artérielle est très fréquente. Faut-il voir là une relation avec la nature même du glaucome ? il

LA

est bien difficile de saisir le lien qui unit ces deux états pathologiques. D'autant plus que les tensions les plus fortes au tonomètre ne correspondent pas toujours avec les pressions artérielles les plus

élevées.

Quoi qu'il en soit, il ne faut pas se hâter de conclure à l’artério-sclérose. Plusieurs de nos hypertendus sont, nous le répélons, des eusystoliques, dont la viscosité élevée rétablit un équilibre parfait. Ce sont. des pléthoriques simpies, ou goutteux et diabétiques, chez lesquels les troubles sont purement fonctionnels, et qui possèdent un appareil vasculo-rénal indemne de toute lésion anatomique. Ils sont donc curables sous l'influence d’une diététique appropriée qui abaissera graduellement leur tension artérielle sans rompre l'équilibre circulatoire. Grâce au bon fonctionnement de leur système cardio-rénal, on pourra, chez eux, par des boissons assez abondantes (2 litres à 2 lit. 1/2 par vingt-quatre heures)obtenir un lavage salutaire de leur sang. Enfin, le traitement ioduré permettra d'abaisser à la fois tension et viscosité, par diminution de la pléthore, et de soulager leur cœur et leur rein.Ce traitement général, d’ailleurs, ne sera qu'un adjuvant au traitement local dirigé contre l'hypertension oculaire.

Glaucome hémorragique. — Nos deux malades, nous l’avons vu, sont hypertendus, l’un est hypervisqueux ; chez l'autre, Vs = 4,5 (normal). Mais tous

ne ON

Vs . égaux à 5,15 et 4,66. Ils rentrent dans la catégorie

deux sont hypersystoliques. Leurs rapports sont

des hydrémiques, et leurs hémorragies peuvent très bien s'expliquer par ce déséquilibre entre la pression artérielle qui agit fortement, et la viscosité qui résiste peu. Ces deux glaucomateux sont des arlério-scléreux avec artères dures et cœur hypertrophié. Ils sont à rapprocher du cas présenté par MM. Onfray el Balavoine, à la Société d’'Ophtalmologie en 1911: il s'agissait d’une femme de quarantecinq ans, atteinte de glaucome hémorragique et offrant de l'hypertension artérielle associée à une hypoviscosité nette.

Ces 3 cas nous permettent déjà de supposer que le glaucome hémorragique se caractérise par l’hypersystolie, cette hypersystolie étant même la cause des hémorragies.

Onen déduit facilement tout le profit à tirer de la connaissance du rapport sphymo-viscosimétrique qui pourra, dans cerlains cas, faire craindre une hémorragie au cours d’une intervention chirur-

gicale sur le globe occulaire. Nous croyons que : Mx ,, + toutes les fois que le rapport Vs démontrera qu'il y

a hypersystolie, il y aurait intérêt à ajourner une intervention, dans la mesure du possible bien entendu, et exception faite des cas d'urgence, el à préparer celte intervention par un traitement médical susceptible de rétablir l’équilibre circulatoire.

ET

Ce traitement, d’ailleurs, diffère un peu de celui qui convient aux eusystoliques. Chez les hypertendus à viscosité basse, il y a sclérose vasculorénale. Ces malades sont des cardio-rénaux avérés ; les lésions sont en partie irréductibles, et le pronostic est plus sombre. Une élévation de la ration liquide leur serait plutôt nuisible; elle élèverait la tension artérielle et abaisserait la viscosité. De même, les iodures sont plutôt à éviter comme dans tous les cas où la puissance de réserve du cœur est nulle ou minime, où l'insuffisance rénale est évidente, où la tendance hémorragique est manifeste.

La diète hydrique temporaire (1 litre à 1 litre 1/2 par vingt-quatre heures), puis le régime mixte hypochloruré extrêmement restreint, le repos absolx, les émissions sanguiues répétées fourniront la base du traitement.

Telles sont les quelques notions que nous avons pu tirer de l'étude de la sphygmo-viscosimétrie. Elles permettent d'espérer qu’un plus grand nombre de faits, associés à une étude parallèie des facteurs de la viscosité sanguine (nombre et volume des globules, perméabilité rénale, etc...), mèneront à des résultats pratiques très appréciables.

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