POS
OSCILLOMÉTRIE
. La tension artérielle d’un même sujet étant susceptible de varier avec les heures de la journée, et sous l'influence de certaines conditions physiologiques (marche rapide, fonctions digestives, etc.), nous avons fait nos mensurations toujours au même mounent de la journée. De plus, les malades ont été, avant chaque séance, soumis à un repos d’au moins vingt minutes.
Pour l'évaluation des résultats, nous nous sommes guidé sur les chiffres suivants inspirés des travaux de Martinet,
Chez les adultes normaux, ,indemnes de tout trouble circulatoire cliniquement appréciable, la tension maxima paraît osciller entre 13 et 17 selon les individus. En dehors de ces limites, un examen attenlif révèle un état pathologique qui explique l'écart trouvé.
Chez les vieillards, la tension maxima est toujours
— fo — plusélevée. Balavoine,dans sa thèse, donne un tableau
comparatif que nous reproduisons ici:
Age Tension maxima ho: ans. then 19 4D “SSSR RE 15 1/2 DO rt, SCT SARLS 16 5D)- seit RE 16 r/2 60 5 DS RATE: 17 69, =. LORS FE VISE 70" ur, NOIR SION EURE 18 D. ie RME ns ET 18 1/2 80 A GA SEEN 2 19
Il est bien évident qu'il ne s’agit que de moyennes approximatives ces chiffres, sujets à des variations individuelles assez étendues, n’ayant qu'une valeur tout à fait relative. Nous accorderons un écart d’environ 1 1/2 en plus ou en moins de la courbe de Balavoine,
Ce qu'il est essentiel de retenir, c’est le fait suivant: alors que la tension minima ne varie guère avec l’âge (elle oscille toujours entre 8 et 11), la tension maxima s'élève assez régulièrement, après quarante ans surtout.
Par suite, la différence entre les tensions maxima et minima (Mx-—Mn), que nous désignons par P, et qui représente assez fidèlement la pression du pouls, ou encore le travail fourni par le musele cardiaque, croît en proportion directe de maxima. C’est là une
Le
des conditions d'équilibre circulatoire,
Glaucomes inflammatoires. — Sur les. 16 cas de
Te Es
glaucome inflammatoire examinés par nous, 8 présentent une tension maxima normale ou très voisine de la normale (obs. IT [19], LL [19], IV [r8], VIH [19], X [18], XH[18], XIII [i8a/2], XIV [16]: 6 sont hypertendus, dont 5 notablement (obs VI {21} VIT [23], XI [23], XV [22], I |23]) et 1 faiblement (obs. XVI [19 1 2]); 2 sont hypotendus légèrement (obs. IX [15], V [15]).
Parmi les 8 cas de tension maxima normale, 6 ont aussi une tension minima normale et un rapport P normal (voisin de 8): ce sont les observations Il [Mn —9.P =8],II[Mn 11. P — 8], IV [Mn — 10.
P = 8}, X{Mn = 9. P — 9], XI [Mn = 11. P = 5], XIV [Mn = 8. P = 8]. 2 seulement ont une tension minima élevée (14 el 12) et une pression P réduite à 3 et 7. Ce sont les observations VIII et XIII.
Sur les 6 hypertendus, 3 ont une tension minima voisine de la normale (11 au plus) et P est proportionnel cl:cz eux à Mx (obs. VIH [in — 11. P — 12], XV [Mn 10. P 12}, XVI[Mn — 9. P —1o1/2}).
Chez les 3 autres, au contraire, les tensions minima sont élevées et P est faible (obs. I [Mn — 12.P— 11], VI[Ma=—13,P — 8}, XI [Mn = 12. P x1]).
Enfin les : hypotendus, âgés de soixante et un et soixante-treize ans, ont une tension maxima de 15. Chez le premier (obs. V}, Mn est relativement élevé [r1] et P réduit à 4. Chez le second, ces valeurs sont en rapport normal [Mn — 8. P = |.
En résumé, sur 16 cas de glaucome inflammatoire
8, la moitié par conséquent, ont une tension maxima
normale, et parmi les 6 hypertendus, 3 ont un rapport normal entre Mx et Mn, ce qui indique un état d’équilibre cardio-vasculaire suffisant. Ces résultats coïncident-ils avec les chiffres précédemment recueillis et publiés ?
MM. Terson et Campos (Arch. d'ophtal., XVIIT, 1898), sur 20 glaucomes inflammatoires, trouvent 15 hypertendus. M. Joseph dans sa thèse (Paris, 1904) et aussi M. Frenkel (Arch. d’ophtal., XXV, 1905) notent également une très forte proportion . d’hypertendus.
En revanche, Bajardi (Giorn. della R. Acad. di medic. di Torino,feb.1900) présente 18 cas sur 39 où la tension maxima était normale, et M. Balavoine (thèse de Paris 191 1) 5 cas sur 7.
Nos observations peuvent donc être rapprochées de celles de Bajardi et de Balavoine, et nous nous rangerons à leur avis en concluant que (e glaucome inflammatoire n'a pas de rapports avec l'hypertension artérielle.
Glaucomes chroniques simples. — Il n'en est plus de même dans le glaucome simple, pour lequel nous avons recueilli les chiffres suivants :
Sur 9 glaucomes chroniques, 8 sont hypertendus (0bs. XVIT [26], XVII [20]. XIX [19], XX [29], XXI [19 1/2], XXIL [26], XXII [30], XXV [22]), dont 5 très fortement (tensions de 22 à 30). Un seul présente une tension maxima normale (obs. XXIV [16]).
Ces résultats, contrairement à ceux obtenus dans
TT
les glaucomes inflammatoires, semblent confirmer ceux de M. Joseph (loc. cit.) et de M. Frenkel (loc. cit.), qui insistent sur la fréquence des tensions fortes dans les glaucomes chroniques. Iis infirment en revanche ceux de MM. Terson et Campos (14 normaux sur 14 cas), de Bajardi (10 normaux sur 16)et de M. Balavoine (2 normaux sur 2).
Mais l’étude de la tension minima nous permet dès maintenant de faire des restrictions sur lesquelles nous insisterons encore à proposdurapportsphygmoviscosimétrique. |
En effet, sur les 8 hypertendus que nous avons cités, 6 ont un rapport P.normal ou voisin de la normale ; chez ces malades la tension minima est restée basse et P s’est élevé proportionnellement à Mx; c'est, nous l'avons déjà vu, en faveur d'un équilibre circulatoire relatif (obs. XVIII [Mn = 11. P. = 9],XIX [Mn —9P—10], XXI[Mn=— 9. P—8], XXI [Ma — 12. P— 14], XXITT [Mn = 12. P = 18], et XXV [Mn = 51. P = 1]).
D'ailleurs, il est bien difficile de comparer les résultats des divers auleurs précédents : les uns se sont servis de l’appareil de Riva-Rocci, d’autres de celui de Potain, les troisièmes enfin de l’oscillomètre de Pachon, et l’on ne peut savoir au juste quelle part attribuer à cette cause d'erreurs.
En résumé, 8 malades sur 9 sont hypertendus absolument, mais 6 d’entre eux gardent un rapport nermal entre la pression maxima et la pression minima: 4, bien que pléthoriques, jouissent d’une
excellente santé et ne présentent aucun signe clinique de déséquilibre circulatoire. Ce que l’oscillomètre seul nous permet d'affirmer, c'est que le glaucome chronique simple s'accompagne de tensions : artérielles maxima élevées. Nous ne pouvons tirer d’autres conclusions sans le secours de la viscosimétrie.
Glaucomes hémorragiques. — Les 2 malades, .
dont nous rapportons l'observation, étaient tous deux hypertendus ; l’un‘(obs. XX VI) très fortement, puis Mx =- 34 et Mn — 14 ; l’autre moyennement (obs. XX VII [Mx — 21, Mn = 14]}). Chez ce dernier, la tension minima est très élevée relativement à la tension maxima. |
D'ailleurs, au sujet du glaucome hémorragique, les auteurs sont tous, ou à peu près, unanimes à contater l’hypertension. MM. Terson et Campos citent 4 cas de glaucomes hémorragiques ; tous les quatre tout hypertendus. Bajardi en rapporte une observation ; le malade était aussi un hypertendu. Les 2 cas de Joseph ont des tensions 19 et 20. Enfin, Balavoine présente 5 observations ; les 5 malades ont, avec l’'oscillomètre de Pachon, des tensions maxima toutes égales ou supérieures à ‘0 et des tensions minima oscillant entre 11 et 13. |
Nous formulerons avec eux la proposition suivante : le glaucome hémorragique s'accompagne de fortes tensions artérielles. |
Mais nous ne saurions nous contenter de cette for-
LA mule. L’hémorragie résulte assez souvent d’un déséquilibre circulatoire, c’est dans la notion de viscosité que nous chercherons l’explication de ce trouble, le mécanisme des hémorragies.
VISCOSIMÉTRIE
De même que pour la mesure des tensions, nous avons toujours opéré au même moment de la journée et à peu près à la même température ; cette dernière précaution doit être prise le plus souvent possible,la viscosité du sang étant facilement influencée par les écarts de température. |
Nous avons adopté, comme limites approximatives provisoires de la viscosité chez les individus normaux, les chiffres de 3,8 et 4,5 donnés par M. Martinet, et à peu près identiques aux moyennes obtenues par Walter Hess lui-même.
Glaucomes imflammatoires sur 16 mensurations, neuf fois la viscosité a été trouvée normale (obs. II [4,2], HI [4,3], IV [4,2], VI[4,31, VIL (4,51, X [4,1], XII [4,4], XI [4,5], XVI[4,2].
Six fois élevée, une fois faible légèrement.
Les 6 cas d’hyperviscosité sont ainsi répartis :
Un pléthorique simpie (obs. XV [5,:]).
Un emphysémateux (obs. IX [5,6]).
Deux malades ayant une mauvaise circulation de retour (varices,cyanose des extrémités(obs.VIIL[5,5],