‹ Tensions Artérielles et Vis viscosité Sanguine Dans Le Glaucome PrimitifChapitre 5 sur 51 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

OSCILLOMÉTRIE

L’oscillomètre de Pachon permet de mesurer les tensions artérielles maxima et minima. Il repose sur le principe suivant: soit un brassard inextensible doubléintérieurement d’un coussin pneumatique qui comprime le membre où chemine l'artère explorée ; un dispositif permet de faire varier la pression du coussin et de la connaître à tout instant ; un levier traduit les battements de l'artère au point comprimé. On donne d’abord au brassard une pression supérieure à la pression maxima. Puis, on diminue cette contre-pression : la première oscillation obtenue marque la pression maxima (Mx). Les oscillations croissent et deviennent maximales ; puis une oscillation plus faible indique la pression minima (Mn). Enfin, les oscillations décroissent et disparaissent.

Dans l’appareil de Pachon, la pression est faite dans le coussin par une pompe à air, la décompression donnée par une valve d’échappement; en

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appuyant sur le séparateur on obtient les oscillations qui traduisent les variations du pouls exploré; un manomètre indique les pressions exercées par le brassard.

Pour prendre une tension, on opère de la façon suivante : le brassard radial étant placé sur le poignet du sujet, on donne, à l’aide de la pompe, une pression franchement supérieure à la pression maxima supposée. Avec la valve on fait ensuite tomber la pression de centimètre en centimètre environ ; entre chacune de ces chutes on appuie sur le séparateur pour observer les indications de l’oscillomètre. A l'apparition de la première oscillation nettement différentiée, qui marque le début des oscillations graduellement croissantes, on lit sur le manomètre la pression correspondante ; ce chiffre donne la pression maxima (Mx).

On continue à diminuer la pression du brassard; on parcourt alors toute la zone des oscillations graduellement croissantes, au cours de laquelle l’observateur peut étudier les caractères du pouls (rythme, forme, amplitude). La première oscillation plus faible (Mn) succédant aux plus grandes, correspond à la pression minima.

Pour tous détails pratiques et pour la critique de l'appareil, que nous n’avons pas à faire ici, nous ne saurions trop recommander le remarquable ouvrage de Gallavardin. ;

VISCOSIMÉTRIE

La notion de viscosité sanguine est fort ancienne, on la trouve exprimée dans presque tous les protocoles des saignées siemployées jadis. Mais sou étude est de date récente : c’est seulement vers 1845 que Poiseuille, déterminant les lois générales de la viscosité, et posant les principes de la viscosimétrie des liquides, fit quelques expériences sur le sang animal. Jusqu'en 1406,on n’expérimenta guère que sur les animaux et avec du sang défibriné ou oxalaté.

Nous ne ferons que citer les travaux de Haro (1873-1856) et de Ewald (1878).

En 1895, Benno-Lewy, trouve que, suivant les espèces animales, le sang est de deux à dix fois, et en moyenne trois fois el demie plus visqueux que l’eau.

En 1898, Bottazzi, au moyen du viscosimètre d'Ostwald, détermine la différence de viscosité du sang (défibriné) in toto, de celle du sérum sanguin.

En 1900, Hürthle calcule la viscosité du sang de chien (4,3), de chat (4,2), de lapin (3,3), et signale l'influence de l’alimentation.

Reprenant cette idée, Burton Opitz, la même

année, étudie, chez le chien et le lapin, les variations de viscosité produites par la narcose (peu d'influence), la saignée (diminution non proportionnelle à l’importance de la saignée ni à la diminution du poids spécifique) et par l'alimentation. Il obtient, chez le chien, une viscosité minima par le jeûne, et maxima par le régime carné ; chez le lapin, une viscosité minima avec les carottes qui renferment beaucoup d’eau, maxima avec les avoines qui contiennent beaucoup d’albumine. Enfin, pour Burton Opitz, le sang défibriné est moins visqueux,et le sang oxalaté plus visqueux que le sang normal.

A. Mayer {1901-1902), avec un viscosimètre imaginé par lui, recherche le rôle de la viscosité sanguine dans les échanges osmotiques, idée reprise plus tard par le professeur Roger.

Pour R. Tissot (1907), inventeur aussi d’un viscosimètre, les facteurs principaux de viscosité sanguine sont: les albumines introduites par la nutrition (confirmé par Borelli et Datta, Determann, Koranyi et Bence),le nombre et le volume des hématies, et la présence d'acide carbonique (confirmé par Adam). Tissot soutient également que l’hypertension, dans les scléroses viscérales, relèverait surtout de l’hyperviscosité sanguine, due elle-même à l’hypo-alcalinité du sang par présence de CO".

Nous mentionnerons spécialement les recherches du professeur Roger (1908) sur le rôle de la viscosité sanguine dans les phénomènes mécaniques de la

circulalion, et aussi dans les échanges entre le sang

ét les tissus ; certains œdèmes pourraient être ainsi dus à des modifications de viscosité plus qu'à des troubles vaso-moteurs ou des modifications chimiques du sang.

Sur l’homme, les premières expériences réellement intéressantes sont dues à Walter Hess de Zurich, qui, en 1906, fit connaître son viscosimètre, réalisant de gros progrès sur les appareils précédents, C’est celui dont nous nous sommes servi pour nos mensurations, nous en donnons plus loin la description. Walter. Hess rechercha d'abord la viscosité sanguine de sujets normaux ; les moyennes sont les suivantes :

Homes ni nor, 4,93,2:5,3 MONTS REA ES Se ER 3,9 à 4,9

il signala l'influence de l’âge dans un tableau que nous reproduisons :

Age o à 10 ans 10 à 20 20 à 35 35 à 50 5o à 80

Hommes.. 3,89 4,43 4,70 4,91 4,65 Femmes... 3,80 4,22 4,27 4,44 4,54

et l'influence du régime alimentaire, confirmant sur ce point les résultats de ses prédécesseurs.

Enfin il établit le rapport entre l’hémoglobine et la viscosité (normalement voisin de 19), et montra que : les bains chauds diminuent la viscosité sanguine.

Bachmann, en 1908, Gay en 1909, et Austlian en 1911, ont étudié les variations de la viscosité du

R. Alexandre 2

mm DD ms sang dans divers états pathologiques, mais leurs résultats ne concordent pas toujours.

Nous citerons,pour terminer, les noms de O.Müller et Inada,Rubino, Boveri, Segale, Rebaudi Adam, qui ont constaté la diminution de la viscosité sous l'influence du traitement ioduré ; ceux de Nicotra- Perro, Zanda, Herzog, Loria qui ont étudié l’action de divers médicaments.

Qu'on nous pardonne cette longue et fastidieuse énumération chronologique ; nous voulions par là montrer combien tous ces résultats sont imprécis, quelquefois même contradictoires, quels rapports lointains ils ont avec la clinique journalière.

A A. Martinet (1911-1912) revient tout le mérite d’avoir apporté un peu de netteté dans cette question, d’avoir un peu vulgarisé l'emploi du viscosimètre, et surtout mis en lumière les rapports de la tension artérielle avec la viscosité sanguine. Bachmann, Trumpp, Determann citent bien quelques observalions, mais ils n’en tirent aucune conclusion. Nous avons fait plusieurs emprunts à l'ouvrage que Martinet a publié assez récemment, et nous aurons l’occasion de le citer de temps en temps au cours de ce travail.

On s’explique d’ailleurs aisément la lenteur des progrès en viscosimétrie, si l’on réfléchit que les viscosimètres anciens étaient coûteux, fragiles et d’un maniement délicat; ils exigeaient une assez grande quantité de sang, et une durée de mensuration trop longue pour éviter une grosse cause

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d'erreur : la coagulation. Les moyens employés pour parer à celle-ci (étuves, addition d'hirudine, défibrination, oxalatation, etc.) compliquaient . la technique sans diminuer, bien au contraire, les causes d'erreurs,

Le viscosimètre de Hess réalise de gros progrès sur les précédents. Il nécessite peu de sang, permet une mensuration rapide, des observations nombreuses, est peu encombrant, peu coûteux, peu fragile, assez facile à manier. Après en avoir donné une courte description, nous résumerons la technique opéraloireetajouterons quelques remarques pratiques destinées à diminuer les chances d'erreur.

VISCOSIMÈTRE DE WALTER HESS

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