‹ Tensions Artérielles et Vis viscosité Sanguine Dans Le Glaucome PrimitifChapitre 8 sur 51 · C. — DÉTAILS PRATIQUES · texte numérisé non relu

C. — DÉTAILS PRATIQUES

Une notice allemande. accompagnant l’appareil, donne quelques instructions destinées à éviter les causes d'erreurs. Nous passerons en revue les prin-

cipales de ces indications.

1°. Propreté et entretien de l'appareil. — L'appareil doit toujours être dans un état de propreté parfaite. Nous venons de voir que l'évacuation immédiate du sang et le nettoyage rapide de l’appareil,après l’opération, constituent la première condition de cette propreté. Avec M.Martinet nous croyons,en revanche qu'il est utile, comme le recommande la notice, de laisser séjourner de l'ammoniaque dans les tubes, lorsque l’appareil est au repos. Après le nettoyage suivant toute expérience, nous avons toujours expulsé l’'ammoniaque, et asséché le tube à sang par un courant d'air produit au moyen de la poire, et jamais nous n’avons eu le moindre ennui.

Inutile également, l’expulsion de l’eau distillée après chaque opération. Son niveau étant ramené au o, le robinet H est fermé et l’eau pourra servir

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pour un assez grand nombre d'expériences ultérieures.

Si le robinet H tourne difficilement, ou ferme incomplètement, l’enduire de vaseline en respectant son orifice.

[orsque le liquide vient à déborder du tube de mensuralion, et s’accumule dans le tube coudé, M. Martinet conseille d’aspirer dans le ventilateur, au moyen de la poire, et, tenant élevée l'extrémité droite de l'appareil, d’évacuer le liquide par l'orifice O du ventilateur.

On peut encore, comme nous avons eu l’occasion dg le faire, retourner complètement tout l'appareil avec sa boîte,de manière que la partie horizontale du tube coudé, primitivement inférieure devienne supérieure ; le liquide est alors facilement expulsé, non

plus par aspiration, mais par refoulement à travers le tube de mensuration..

Les tubes de rechange peuvent être jetés à chaque fois, leur prix étant peu élevé (2 fr. 50 le cent), ou lavés très soigneusement à l'acide nitrique ; tout tube inparfaitement nettoyé ne laisse pas pénétrer le sang.

2° Mouvement de l'appareil. — Lorsque le sang est parvenu au oO, il faut vérifier si l’eau est bien également au 0, ce qui est toujours quand le robinet fonctionne bien. Sinon, on pourra continuer l’expérience jusqu’au bout ; mais il faudra ajouter au résultat, ou en soustraire, le nombre de dégrés qui

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séparaient le ménisque de l’eaa du o, au début de l'expérience.

Lorsqu'on aura peu de sang à sa disposition, il suffira d’aspirer jusqu'à la marque 1/2 et de multiplier le résultat par 2. On prendra ia même précauüon si le sang est très visqueux, l’eau pouvant dans ce cas dépasser le coude du cube Te.

On veillera à opérer toujours à une température oscillant entre 17 et 20 degrés, en évitant de grands écarts de température ; les laboratoires et les chambres de malades réalisent d'ordinaire ces conditions.

Enfin, avant de rechercher la viscosité du sang,on pourra expérimenter sur des liquides quelconques (solutions sucrées, alcool, ammoniaque, etc.). Ces exercices préliminaires permettront aux débutants de se familiariser avec le maniement de la poire et du ventilateur, qui est certainement la partie la plus délicate de l’opération, celle qui, de l'avis de M. Martinet, rebute le plus fréquemment les commençants (aspiration violente ou trop lente, aspiration pour refoulement ou vice-versa).

3° Prise de sang. — Nous jugeons encore inutile de faire tremper au préalable la main du sujet dans de l’eau à 40 degrés. Nous avons toujours procédé de la manière suivante : lavage d’une extrémité digitale à l’alcooi absolu qui sèche instantanément, puis piqûre au vaccinostyle; et toujours nous avons

obtenu suffisamment de sang.

M. Martinet signale justement deux inconvénients du bain de main: re hyperhémie active déterminant des modifications dans la composition-du sang capillaire ; 2° humidité dont il est difficile de se débacrasser complètement, el qui peut aussi causer des erreurs,

TONOMÉTRIE

Le tonomètre de Schiotz permet de mesurer avec précision la tention intra-oculaire ; il repose sur le principe suivant : |

L'œil peut être considéré comme un sphéroïde à parois pratiquement inextensibles,mais déformables sous l'influence d’une force localisée, le globe cédant au point d'application de cette force. Or,cette déformation est directement proportionnelle à la force qui la produit, et inversement proportionnelle à la dureté de l’œil, ou, ce qui revient au même, la dureté de l’œil est en rapport inverse avec la déformation qu’il subit sous l'influence d’une pression extérieure donnée.

Nous pouvons donc établir l'équation.

T (dureté de l’œil ou tension intra-oculaire) D. (déformation) P. (pression)

Daus l’appareil de Schiotz, D et P sont connus. En effet, P est représenté par une tige métallique cylindrique qui supporte, vers son cinquième supérieur,un poids amovible et connu (5 gr. 5, 9 gr. 5, 10 gr. ou

15 gr.). Cette tige mobile glisse sans frottement dans une gaine métallique, munie elle-même d’un chariot qui permet de maintenir tout l’appareil en équilibre vertical. Par son extrémité inférieure concave, elle s'applique sur la cornée dont elle épouse . la forme, et qu’elle déprime plus ou moins, selon le poids dont elle est munie. Son extrémité supérieure mousse est en rapport avec un système de levier qui multiplie et enregistre sur un cadran ses moindres mouvements verlicaux et, par suite, la dépression imprimée à la cornée. Enfin, un diagramme qui accompagre l'appareil, permet de lire, étant connu le poids employé (P) et le chiffre relevé sur le cadran gradué (D), la tension oculaire en millimètres de mercure.

Pour mesurer une tension oculaire, le malade doit être couché, la tête légèrement inclinée en arrière, le regard dirigé en haut ; la cornée a été anesthésiée par une goutte d'holocaïne à 20/0. Après avoir contrôlé l’exactitude de l’appareil, sur la cornée métallique située dans la boite (l'aiguille doit se placer au o de la graduation), et passé, à la flamme d’une lampe à alcool, la partie inférieure de la tige et de la gaine, on écarte les paupières de la main gauche. Puis, tenant de la main droite l’appareil par le curseur, On l’applique doucement sur la cornée. La tension est-elle normale ? on obtient avec le poids de 5 gr. » une excursion de l'aiguille entre 3 et 6 divisions.

Si l'aiguille reste au o, ou passe même à gauche,

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c'est que le poidsest trop faible : on le change pour un plus fort jusqu'à ce que l'aiguille chemine aux environs de 3 millimètres (2 à 4 mm.). Va:t-elle au 5 ou au delà ? cela indique que le poids est trop fort. Enfin, le poids convenable étant trouvé, et l'aiguille en bonne position [elle est alors souvent animée d’oscillations de 1 millimètre environ, isochrones au pouls], on lit sur la graduation, et on se reporte au diagramme.

Toute cette opération est facile, simple et rapide et sans inconvénients pour le patient qui ne sent rien; les résultats en sont précis.

Elle est seulement contre-indiquée, lorsque la cornée présente une ulcération profonde, ou après une opération récente.

Elle est difficile, mais possible, en cas de nystagmus,de spasme orbiculaire, de photophobie, d'amaurose unilatérale et aussi chez les enfants craintifs.

Enfin, la mensuration est faussée dans les cas de kératocone et de staphylome antérieur.

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