SOEUR MARY BASIL N'AVAIT RIEN A FAIRE
Q. — Quelle fut, en 1915, votre première conversation avec l'archevêque au sujet de Soeur Mary Basil? R. — Soeur Mary Basil était à peine depuis 10 jours à Ste. Marie, quand j'appris qu'on ne la traitait pas comme les autres et qu'elle n'avait rien à faire. J'en parlai à l'arclievêque, le priant de lui donner du travail. Il me promit de s'en oxicuper. Il revint quinze jours après, et m'assura qu'il parlerait à la Mère supérieure. Plus tard, au printemps et en été, nous eûmes d'autres conversations. Il circulait des lettres anonymes dont on accusait la soeur Basil. L'archevêque s'irrita et vint me voir. J'essayai de le convaincre que soeur Basil était incapable d'une telle action. Il me montra une carte postale, création, dit-il, d'un cerveau malade, et me chargea d'informer la soeur Basil qu'elle se trouverait bientôt dans un asile. Il me répugnait de me charger de cette commission, mais plus tard, je la lui fis. Elle s'en tourmenta, et vers juin 1915, me montra une lettre qu'elle écrivait à sa Grandeur. L'archevêque me dit avoir reçu la lettre, et nia avoir parlé de la mettre dans un asile. 11 m'avertit alors de ne pas intervenir.
Q. — Avez-vous parlé à la Supérieure locale au sujet de la soeur Basil? R. — Oui, la Supérieure locale m'apportait mes repas. "Savez-vous, ma Soeur, lui dis-je, qu'il n'est pas bon de laisser Soeur Basil- ne rien faire?" "Je n'y suis pour rien, répondit-elle, il me faut faire ce qu'on^ mé dit."
Q. — Est-ce dur poui*une religieuse de ne pas travailler? R. — Oui, tout se fait suivant une règle. Chacune doit faire ' quelque travail ou rester dans sa chambré.' La privation de travail ressemble fort à la prison cellulaire.
Q. — Est-ce par suite de vos idées personnelles à ce sujet que vous vous en êtes occupé? R. — Oui.
Q. — Y eut-il encore d'autres discussions? R. — Oui, le 15' juillet, quand l'archevêque vint me voir et me questionna à propos, de Sainte Marie. Il était ennuyé et me dit: "Mon père, Soeur Basil vous conte des mensonges." "Je ne crois pas, répliquai-je, je la vois souvent." Le lendemain, l'archevêque me dit: "Je ne sais que faire. Je ne peux pas demander au Conseil de revenir sur sa décision après toutes ces lettres anonymes." "Je suis sûr, affirmai-je, qu'elle n'en est pas l'auteur. Si j'avais votre autorité, l'affaire serait finie en 24 heures." ! 4^
Q. — Estrce le devoir de l'archevêque d'exercer sa surveillance sur tous les établissements et d'empêcher les Supérieures de maltraiter les personnes sous leur dépendance, ou de leur dénier leurs droits naturels et civils? R. — Oui.
Q. — Y eut-il quelques changements antérieurement au 14 septembre 1916? R. — Oui, quand elle revint de Smith's Falls, elle se chargea de mon appartement en lieu et place d'une infirmière qui m'avait soignée au cours d'une maladie de plusieurs mois. Ce travail prit pas mal de son temps pendant ma convalescence, mais beaucoup moins dans la suite.