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Morton (1) n’avait pas tardé à protester contre l'application sur le vivant du procédé qu’il avait employé sur le cadavre, uniquement dans un but de dissection anatomique : « Il me semble plutôt dangereux, dit-il, de manipuler une sonde si près du quatrième ventricule ».
Nous ajouterons les critiques suivantes : Outre le danger que nous venons de signaler, la trépanation de l’occipital constitue déjà à elle seule une opération grave, car cet os est très vasculaire, et l’on ne peut que difficilement se rendre maître de Phé-
morrhagie. Dans un cas de Walsham l’hémorrhagie fut si consi-
dérable qu’elle contribua certainement à amener l'issue fatale. Dans un cas récent opéré par M. le professeur Lannelongue, semblable accident se produisit.
Notre ami M. Chipault (2) propose de substituer à l'ouverture du lac cérébelleux inférieur, celle du lac sylvien, cavité formée par l’arachnoïde, lorsqu'elle passe par dessus la scissure de Sylvius, du lobe frontal sur le lobe temporo-occipital.
« L'ouverture crânienne sera faite, dit-il à 1 centim. 1/2 en arrière et au-dessus du tubercule rétro-orbitaire, pas plus en arrière pour éviter l'artère méningée. Pour cette même raison la duremère sera incisée suivant les 3/5 antérieurs de la circonférence de l’orifice, et rabattue en arrière. L'opération sera terminée par la ponction avec un trocart, l’incision avec un bistouri, ou la déchirure avec deux pinces à disséquer du feuillet viscéral de l’arachnoïde ».
Et M. Chipault ajoute : « Les procédés d'ouverture de l’espace sous-arachnoïdien constituent sans doute la voie par laquelle on pourra, dans un avenir rapproché, modifier à l’aide de pansements ou d’injections appropriés (iodoforme, acide borique, iodure de potassium), la composition du liquide céphalo-rachidien, et agir par son intermédiaire sur les lésions pie-mériennes, ventriculai-
(1) The Lancet, 22 juillet 1893.
(2) Chirurgie cranio-cérébrale, Paris, 1894.
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HAGOAREE,
res ou même cérébrales diffuses. Notre procédé de ponction du lac sylvien deviendrait alors particulièrement applicable aux méningites tuberculeuses, qui sont très souvent localisées autour du tronc et des branches basales de l'artère sylvienne, et dont on pourrait, par une intervention uni ou bilatérale, faire bien réellement le pansement et le traitement directs ».
Nous tenons à faire remarquer qu’en émettant ces vues théoriques, M. Chipault se trouve en communauté d'idées avec M. le professeur Lannelongue. D'ailleurs nous reviendrons bientôt sur ce point.
Nous omettons à dessein les cas dans le genre de celui rapporté par Walsham (1), qui dit avoir pratiqué le drainage de l'espace sous-arachnoïdien, en réséquant des lames cervicales, pour une méningite diagnostiquée tuberculeuse. L’autopsie revéla une erreur de diagnostic. En dehors de la région lombaire, il faut se faire du jour par une trépanation ou une résection des lames vertébrales. Cette voie ne serait indiquée que pour des cas spéciaux, étrangers à la méningite.
Dans un des deux cas que nous rapportons, celui publié par Ord et Vaterhouse, la guérison a suivi l'intervention chirurgicale. L'interprétation de ce résultat a été de la part de M. Variot, l'objet d’une critique amplement développée dans le numéro du 5 avril 1894 du Journal de clinique et de thérapeutique infanfiles. Nous tenons à nous y arrêter quelques instants.
D'abord le diagnostic n'est rien moins que certain, aux yeux de M. Variot. Nous ne nous engagerons pas à fond dans cette discussion, bien que, dans le cas particulier, nous conservions beaucoup moins de doutes que dans le cas de trépano-ponction suivie de succès, faite par Mayo Robson. Nous avons exposé ces doutes à leur place, avec tout le luxe désirable.
(4) Wazsaam, The Medical Week, 14 mars 1894.
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Comparant ensuite l'hydrocéphalie aiguë de la méningite tuberculeuse à l’hydrocéphalie chronique, pour laquelle, d’après M. Variot, la guérison peut paraître rationnellement admissible, il s’exprime ainsi:
« Mais dans la méningite tuberculeuse le processus est tout autre ; le développement des granulations pie-mériennes et l’inflammation coexistante des méninges sont la cause de l’exsudation séreuse active et de augmentation de pression intra-crànienne consécutive ».
« La soustraction du liquide ne fera pas disparaître les lésions tuberculeuses ; est-elle même capable de les modifier dans leur évolution ? »
Et M. Variot répond : « Nous l’ignorons jusqu'à présent ». Nous nous permettons d'ajouter, d'accord avec lui du reste : C'est ce qu'il faut voir.
Enfin M. Variot fait au traitement chirurgical de la méningite tuberculeuse des objections que ‘nous appellerons des objections d'ordre théorique : Il n’admet pas, comme Ord et Vaterhouse l’ont fait, qu'on compare l'intervention dans cette affection à la laparotomie dans la péritonite tuberculeuse. Est-ce qu’on guérit une tuberculose pulmonaire en pratiquant une thoracentèse pour les épanchements pleuraux qui la compliquent ? C’est faire la part belle, d'après M. Variot, à la trépanation dans la méningite tuberculeuse, que de la mettre en parallèle avec la thoracentèse ; mais alors les espérances qu'on peut fonder sur l'intervention chirurgicale se trouvent bien réduites.
Nous croyons pour notre part que ce langage est trop sévère, ct que c’est une injustice, au lieu d’une générosité, comme le dit M. Variot, de restreindre l’influence d’une trépano-ponction de l’hydrocéphalie dans la méningite tuberculeuse, à celle d’une thoracentèse dans la tuberculose pleuro-pulmonaire. Dans cette affection c’est le poumon qui est malade, la plèvre ne subit que le contre-coup des désordres pulmonaires, et en pratiquant la tho-