DELAUNAY, ARTHUR
(Arthur, pâle et abattu, entre lentement, s'arrête au tiers du théâtre, et baisse les yeux.)
ARTHUR
Vous me demandez, monsieur?
DEL ADN AY.
Oui. — Approchez... et asseyez-vous.
arthtr, se tenant debout.
Merci...
Hier, monsieur, ma conduite a dû vous paraître étrange?...
arthur, timidement.
Il est vrai que j'en cherche la cause. delaunay, vivement.
La cause est celle que vous connaissez n'en
cherchez pas d'autre.
arthur, à part, s"essuyant le front.
Oh! je respire...
DELAUNAY
Mais de tels emportements vont mal à mon âge : à soixante ans on doit connaître les hommes et par conséquent être moins sensible à leurs injustices... J'ai eu tort, monsieur.
Vous ! . . .
(// fait un mouvement en joignant les mains.)
DELAUNAY
J'ai eu tort, monsieur et je vous ai prié de
venir pour vous faire mes excuses...
ARTHUR
Vous, des excuses à moi, mon Dieu!...
DELAUNAY
Oui... Mais comme l'offense a été publique, il faut que la réparation le soit : comme l'outrage a été fait en face d'un homme devant lequel vous devez rester pur pour qu'il vous reste attaché, j'ai écrit à monsieur de Sorbin, et voici la lettre : c'est vous que je charge de la lui faire tenir. ARTHUR, repoussant la lettre.
Oh! monsieur...
DELAUNAY
Non : prenez-la, je le désire.
ARTHUR
Mais moi, monsieur, n'ai-je rien à me reprocher dans... dans... cette querelle?... ne me reste-t-il rien à faire?
DELAUNAY
Ce qui vous reste à faire, je vais vous le dire. — (Il étend la main et sonne. — Un domestique paraît.) La chaise de poste est-elle prête ?
LE DOMESTIQUE
Oui. monsieur le baron.