ACTE V, SCÈNE IX
Vous m'eussiez épargné un crime et des remords...
DELACNAY.
Que dites-vous , Teresa! Vous vous égarez :
il n'y a ni crime ni remords... du moins je ne sais
rien, je ne veux rien savoir Une séparation
entre nous est nécessaire... et voilà tout. Une séparation, c'est pour vous la liberté... Je vous laisse à Paris... je vous y laisse dans mon hôtel... honorée... Je vous y laisse avec mon nom, mafortune... Je pars pour l'Auvergne.
Seul ! . . . seul ! . . .
DELACNAY.
Dulau m'accompagne... Il m'avait dit que je le
retrouverais à l'heure où j'aurais besoin de lui
Ah ! je l'ai retrouvé comme il avait dit.
Oh! mon Dieu! mon Dieu!...
DELAUNAY
N'est-ce pas assez, madame?... Dites : vous conviendrait-il mieux que je restasse? avez-vous besoin de mon ombre pour?...
J'ai besoin de vos pleurs sur mon tombeau!...
DELACNAY, SOllriatlt.
Ah!...
J'ai besoin de votre bénédiction à mon dernier
soupir... de votre bénédiction, entendez- vous?... car mon pardon, je n'ose pas l'espérer, et c'est une affaire entre moi et Dieu.
delactjay, amèrement.
À votre dernier soupir, madame?... Oh! regardez-nous tous deux, et songez lequel doit survivre à l'autre... Vous êtes belle, vous êtes jeune : vous vivrez longtemps.
Je suis jeune... Est-ce une raison pour ne pas mourir?... Je suis belle... Oh ! regardez-moi donc. delaunay , effrayé.
Oh! mon Dieu!...
Je vivrai longtemps... dites : croyez-vous que l'on vive longtemps avec cette sueur sur le front... et du poison dans la poitrine?
DELAUNAY
Du poison !...
teresa, tombant sur ses genoux.
Il faut donc tout vous dire... vous ne devinez
donc pas? Mais ne voyez -vous pas que je
meurs?...
delaunay.
Vous!... Ah! mon Dieu! mon Dieu! Du secours!...
teresa, s'attachait t à ses mains.
Ne sortez pas!... ne me quittez pas!... Je ne