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DEIAVRAY.
Comme tes yeux sont fatigués! comme tes joues
sont pâles ! . . . N'est-ce pas , ma Teresa , que ce ciel
gris fatigue tes yeux, que ce soleil froid fane ton
teint, que ta poitrine respire mal cet air de France?
teresa , avec la mélancolie du souvenir.
Oh! oui, oui... c'est cela... peut-être... Oui, mon ciel bleu... mon soleil ardent... mon golfe de Naples , où le soir les étoiles tombent comme des perles... Oh! revoir tout cela comme je le voyais il y a trois ans, y retrouver les sensations que j'y ai éprouvées, et je serais heureuse...
DELAOAY.
Heureuse! Eh bien! ma Teresa, Naples, les orangers de Sorrente qui embaument l'air, le berceau de ta jeunesse, la tombe de tes parents, je puis te rendre tout cela... et je te le rends!
Vous!... et comment?...
délai :say.
Demain, nous partons.
C'est impossible!...
DELAI?» Aï .
Pourquoi?
Pourquoi?... Vous ne pouvez quitter ainsi votre pairie, votre maison, votre famille...
DELACNAY.
N'as-tu pas quitté tout cela pour venir avec moi?
Mais moi...
DELACNAY.
Mais toi... tu étais jeune, tu avais de longues et joyeuses années à passer au lieu de la naissance... Ferai-je moins pour toi , moi , vieux et près de la tombe ?
Mon ami !...
DELAUNAY
Non , Teresa : c'est à celui qui n'a rien à perdre de donnera l'autre. — En supposant que j'atteigne le terme ordinaire que la nature a marqué aux hommes, à peine s'il me reste huit ou dix ans à vivre : attendras-tu ces huit ou dix ans, au bout desquels tu seras libre, pour être heureuse?... Et si je vivais au delà de ce terme , si ce mal du pays devenait chaque jour plus insupportable... veux-tu que je craigne que tu me maudisses de ne pas mourir ?
Oh! Delaunay !...
Je quitte pour toi, dis-tu, patrie, famille Ma
patrie n'a plus besoin de mes services; c'est à de plus jeunes maintenant à la défendre : j'ai accompli ma tâche envers elle... Ma famille? je n'ai qu'une fille : je l'ai mariée à l'homme de son eboix ; et elle est heureuse. — Mon but est donc atteint dans ce monde : Dieu pourrait m'envoyer la mort, et je