‹ Teresa; drameChapitre 55 sur 113 · ACTE III, 8CÈIÏE V · texte numérisé non relu

ACTE III, 8CÈIÏE V

n'aurais pas le droit de lui dire : attends ; car tout ce que doit faire un homme, je l'ai fait. — Eh bien ! loin de là , Dieu veut que je vive, que je vive heureux... puisque je vivrai avec toi : ton amour seul manquerait à mon bonheur... Cet amour, je l'ai, n'est-ce pas?... amour de fille... je n'en réclame pas d'autre. teresa, émue.

Oh ! oui... oui!

DELAUSAY.

Eh bien ! merci à Dieu , à toi merci ! car tous deux vous avez fait pour moi plus que je n'avais droit de demander : exiger plus encore, ce serait de l'ingratitude. — J'ai eu tort de te faire quitter Naples : j'aurais du penser qu'en me suivant tu obéissais à ton père, qui te voulait voir noble, que tu sacrifiais ton bonheur à l'amour filial... Eh bien! en pensant que je t'ai rendu tout ce que tu chérissais , peut-être oublieras-tu que c'était moi qui un instant l'avais privée de tout cela... Allons, qu'as-tu?...

teresa, pleurant.

Oh ! vous êtes le meilleur, le plus généreux des hommes!... et vous avez raison : il faut que je parte !

DELAOAY.

Tu vois que j'avais deviné juste, mon enfant.

Oui... oui!... Quand partons-nous?

DELAOAY.

Quand tu voudras.

Le plus tôt possible!

DELaCNAY.

Demain.

Demain?... Je serai prête.

DELAUNAY

Oui.... oui!.... Et quand, arrivés là-bas , nous parcourrons ensemble le beau pays où tu es née , s'il m'échappe un soupir en songeant à la France... alors , du rocher de Capri ou de la pointe de Muniscole, tu me diras en me montrant la ville qui surgit au milieu de son golfe comme une corbeille de fleurs : Là-bas, vois-tu? c'est Naples... Naples, loin de laquelle je serais morte... Naples, que je n'espérais plus revoir... et que j'ai revue avec délices... Tu me diras cela, n'est-ce pas? et au son de ta voix, à l'aspect de ton bonheur... j'oublierai la France, j'oublierai... j'oublierai tout... pour baiser tes mains, tes genoux , et te dire : oh ! Teresa, quelque chose que j'aie faite pour toi... oh toi, toi, en m'aimant tuas bien fait plus encore!

Mon ami, je vous en supplie... Oh! laissez-moi, laissez-moi seule... j'ai besoin de pleurer.

DELAUtfAY.

Oh! oui, oui, pleure de joie... voilà les larmes que j'aime à te voir répandre ! — Au revoir : je vais donner les ordres nécessaires. — Je voudrais aujourd'hui profiter du temps qui me reste pour

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