TERESA, ARTHUR
ARTHUR
Nous sommes seuls enfin!...
teresa, à part.
Elle l'aime!...
ARTHUR
Oh! écoutez-moi, Teresa! car il n'y a pas un instant à perdre.
Que me voulez-vous ?
Le baron vous a-t-il parlé de son voyage insensé?
Oui.
ARTHUR
Et vous y avez consenti?
Je l'ai approuvé.
arthur, amèrement.
Rien!
Que vouliez-vous donc que je fisse ?
ARTHUR
N'y avait-il pas mille moyens de rester?
Rester !... et pourquoi faire?... rester...
ARTHUR
Vous le demandez!...
Amélie reste, elle !
Sommes-nous ici pour railler, madame?... et puisque c'est pour vous qu'il veut partir, que c'est votre santé qui l'inquiète, ne pouviez-vous le rassurer?
Arthur, regardez-moi, et voyez ma pâleur, touchez mes mains : la fièvre les brûle... Pouvais-je dire à ma pâleur de disparaître , à ma lièvre de cesser?... Ne les attribuant plus au regret de mon pays natal, pouvais-je lui dire que cette pâleur, cette agitation, je les devais à votre présence , au malheureux amour dont vous me poursuivez?... Non, n'est-ce pas? Vous voyez bien qu'il fallait que je vous quittasse , que loin de vous seulement je puis être heureuse.
ARTHUR
Et moi , Teresa , et moi que vous abandonnez ainsi, ne devrais-je pas être pour quelque chose dans votre décision? Vous parlez de votre pâleur, de votre agitation!... mon front est-il souriant, à moi? mon cœur bat-il comme celui d'un homme calme?... Ah! quand je voulais rompre ce mariage, quand je prévoyais les tortures qui me ron-