‹ Teresa; drameChapitre 62 sur 113 · ACTE III, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IX

gent, mais i! fallait donc me laisser partir ! J'avais «les forces alors pour me séparer de vous : maintenant votre présence continuelle les a usées... Vous m'avez retenu, retenu malgré moi; vous m'avez

promis un avenir de bonheur et de calme —

( Riant amèrement.) Oh ! n'est-ce pas, Teresa, que nous sommes calmes ? n'est-ce pas que nous sommes heureux ? n'est-ce pas que vous avez tenu votre promesse?

Arthur! Arthur!... vous me faites bien du mal !

ARTHUR

Vous aurez disposé de ma vie; vous aurez ordonné : j'aurai obéi... vous m'aurez fait malheureux, et vous me laisserez malheureux !... Oh ! cela ne sera point, Teresa. C'est une coquette qui se conduirait ainsi, et vous ne l'êtes point... Songez donc qu'il me faut votre présence comme il me faut de l'air... Je m'y suis habitué ; et maintenant c'est ma vie... Il me la faut, Teresa!... Vous ne voulez pas que je meure, n'est-ce pas? que je meure en

désespéré, blasphémant Dieu Eh bien, alors,

restez, restez, je vous en supplie!... Teresa, mon amour, ma vie, mon ange!...

( Il tombe à genoux. ) teresa, cachant sa tête dans ses mains.

Mon Dieu! mon Dieu!....

ARTHUR

Mais répondez-moi donc !

Eh! n'ai-je pas répondu à tout... le jour où je vous ai répondu que je vous aimais?

arthir, avec ironie, en se relevant.

Oui, vousm'aimez... mais d'un amour commode, qui permet l'absence, la regarde comme un moyen de redevenir fraîche et jolie , de retrouver le bonheur qu'on a perdu... Ah ! vous appelez cela de l'amour. . . vous, Italienne, vous ! . . . Le soleil de France a-t-il déjà refroidi à ce point le sang de vos veines ? Oh ! Teresa, vous ne m'aimez pas, vous ne m'avez jamais aimé !

Oh ! vous vous trompez, Arthur; et les passions de l'Italienne, je les ai toutes deux : amour et jalousie Ce sang qui s'est glacé, dites-vous, eh !

j'en donnerais la moitié, à l'instant même , pour passer ma vie avec vous sans crime et sans remords!

ARTHIR.

Eh bien! donc, Teresa, ma Teresa !...

Je ne vous aime pas, malheureux!... Eh ! cet amour m'épouvanterait-il s'il était moins violent?... Croyez-vous queje n'aie pas essayé tous les moyens de le combattre... raison... prière?.... Je ne t'aime pas, Arthur!... et je suis obligée de te fuir pour te résister! Oh! laisse-moi donc cette seule voie de salut, ou je me perdrai et je te perdrai avec moi.

ARTHIR.

Peu m'importe, Teresa!... avec toi, l'enfer, la

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