ACTE IV, SCÈ*E IX
LACRE.
Parler de ses peines, c'est déjà s'en consoler... Voyons, parle... qu'as-tu donc?
AMÉLIE
Oh! c'est une chose affreuse, qui me déchire qui me torture; des tourments dont je n'avais pas ridec... Oh! Laurc.Laure... je suis jalouse!
tACRE.
Jalouse! et de qui donc?
AMÉLIE
De qui, si ce n'est d'Arthur?
LAURE
D'Arthur?
AMÉLIE
Oui.
LAIRE
Comment, Arthur te trompe !
AMÉLIE
Oui, oui... N'est-ce pas que c'est horrible!... Moi qui l'aime tant... il en aime une autre... une autre que son Amélie !
LAURE
Mais c'est incroyable !
J'en suis sûre !
LACRE.
Comment cela?
AMÉLIE
Ecoute : il reçoit des lettres qu'il me cache
L'autre jour, je l'ai vu en recevoir une : il la bai-
sait, la pressait contre son cœur... Oh ! tu n'as pas d'idée de ce que c'est que la jalousie!... cela glace tout.... C'est au point que j'avais un secret à lui dire, un secret, qui, en tout autre temps, nous aurait comblés de joie tous deux... Eh bien! je ne m'en sens pas le courage !
LADRE
Et ces lettres?...
AMÉLIE
J'ai remarqué où il les cache, car vingt fois
j'ai honte de t'avouer cela, Laurc... mais vingt fois j'ai été sur le point... Ce serait bien mal, n'est-ce pas?
LADRE
Et où les cache-t-il?
AMÉLIE
Dans un tiroir secret du chiffonnier qui est dans le boudoir. Il les met dans un portefeuille , où je suis certaine qu'il y en a beaucoup, et il renferme le portefeuille dans ce tiroir.
LAl'RE.
Comment ! tu as un pareil soupçon, et lu ne t'en assures pas !
AMÉLIE
De quelle manière?
LADRE
Il me semble qu'il n'y a qu'une seule...
AMÉLIE
Oh ! ce serait affreux !