‹ Teresa; drameChapitre 92 sur 113 · ACTE IV, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII

ARTHUR

Vous ne me faites pas le vôtre !...

delaunay, se levant et le regardant.

En effet, monsieur, il y a de quoi!...

arthcr, reculant.

Cependant, mon père... monsieur... j'aurais cru que plus que personne...

J'applaudirais à une injustice, n'est-ce pas, parce qu'elle favorisait mon gendre, et je trouverais que cela était bien, parce que cela était avantageux?... Vous vous êtes trompé.

arthcr, stupéfait.

Mais je ne puis m'expliquer...

DELAUNAY

Je vais le faire, moi !

LE GÉNÉRAL

Mais, Delaunay...

delaunay, éclatant.

Ah! laissez-moi, général... Comment! une telle

injustice ne vous révolte pas? Et vous restez

muet?... Une place d'envoyé extraordinaire, je conçois cela : quand on ne sait que faire d'un homme... qu'un homme n'est bon à rien , et que cependant l'oreille d'un ministre se lasse d'entendre prononcer son nom, on en fait un envoyé extraordinaire, ou un conseiller d'Etat.... Tivsbien!

ARTHUR

Oh! mais, que dites- vous?

UELAUNAY".

Silence, monsieur!... Mais, qu'à cet homme, qui n'a encore rien fait pour son pays, qui garde encore dans ses veines tout son sang d'enfant, on donne le même titre qu'à celui dont les cheveux ont blanchi dans les fatigues des bivacs, la même récompense qu'à l'homme dont le sang a coulé sur vingt champs de bataille.... Oh! mais c'est une amère dérision de tout ce qui est noble et grand, c'est à n'oser plus saluer dans la rue celui qui porte le même ruban et le même titre que soi !

LE GÉNÉRAL

Mon ami... mon ami!

DELAUNAY

Que si l'on veut absolument chamarrer ces jeunes poitrines, que s'il faut des titres à ajouter au nom de baptême de pareils enfants, eh bien! qu'on les envoie auprès du saint-père : il les nommera chevaliers servants, et les décorera de l'Eperon d'or.

bE sorbin, « Arthur.

Mon ami, la colère de votre père vient de ce que vous avez la croix, et que lui...

ARTHUR

Oh! vous avez raison.

DE SORBI>.

Dites-lui que nous ferons ce que nous pourrons...

arthcr, s'approchant.

Mon père, je conçois qu'il vous soit pénible , à vous vieux militaire de l'empire, de voir à un ieune

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