‹ Teresa; drameChapitre 93 sur 113 · ACTE IV, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE XIII

homme, qui avoue n'avoir rien fait pour l'avoir, une croix que vous avez tant de fois mérité de porter... Mais croyez que le ministre ne se refusera pas à nos sollicitations...

DELACNAY.

Merci ! Vous me protégerez , n'est-ce pas ?

Fat!...

ARTHUR

Oh!... monsieur...

DELACNAY.

Il vous faudrait quatre ans de votre vie, rien que pour aller, de champ de bataille en champ de bataille, reconnaître où le sang de votre protégé a coulé... Oh! non, non, merci!... Votre temps est trop précieux, et ce serait une tache trop longue.

DE SOREIN.

Mais, monsieur, cette croix donnée à Arthur est aussi une récompense du sang versé : son père est tombé dans la Vendée , combattant pour la cause royale.

DELACNAY.

Contre laquelle je combattais à cette époque... Je conçois qu'on fasse entre nous deux quelque différence : son père se battait pour un homme , moi pour la France !

ARTHUR

Ah! monsieur j'ai pu supporter les injures

qui n'étaient adressées qu'à moi, mais celles adressées à mon père...

Tout homme qui porte les armes contre son pays est un traître... et son fils est un fils de traître !

ARTHUR

Monsieur, quand le sang coule bravement pour un principe, quel que soit ce principe, la blessure dont il coule peut se montrer à tous , car elle est honorable.

DELAUNAY

Arthur, vous aviez dit que vous ne laisseriez pas insulter votre père... etjel'ai insulté, et je l'insulte encore... J'ai foulé aux pieds sa mémoire.

ARTHUR

Oh ! mon Dieu ! mon Dieu !

DELAUNAY

Je vous ai déjà dit que vous étiez un fat; je me suis trompé : vous êtes un lâche ! — {Déchirant son gant avec ses dents.) Et si ce n'est point assez... — ( Lui jetant les morceaux de son gant à la figure.) Tenez !

ARTHUR

Puisque vous m'y forcez, monsieur...

delauivay, lui prenant la main.

Allons donc ! — (En ce moment Amélie parait, et voit son père et Arthur se donner la main. — Delaunay , à demi voix à Arthur.) Demain, à six heures , au bois de Boulogne... Général, vous serez mon témoin.

LE GÉNÉRAL

Mais Delaunay!...

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