II. RÉTENTION AVEC ACCIDENTS SAKS OUVERTURE DU KYSTE
Ainsi que nous l'avons dit, les faits de rétention sans accidents sont rares. La mort du fœtus est le plus souvent le point de départ de complications graves L'époque à laquelle elles apparaissent est très variable. Tantôt, c'est immédiatement après la mort du produit de conception qu'on les voit se manifester; tantôt, au contraire, elles surviennent plus ou moins tardivement. Il est même singulier de voir combien cette apparition tardive est fréquente. C'est souvent après des mois et des années d'an calme relatif, parfois même d'une santé parfaite, alors que la femme paraissait à l'abri de tout danger, que les accidents éclatent et viennent compromettre la vie de la façon la plus grave.
Ces accidents ont le plus souvent pour origine première la putréfaction du fœtus. En effet, contrairement à ce qui se passe dans l'utérus, où la rétention d'un fœtus mort ne s'accompagne jamais de putréfaction tant que les membranes sont intactes, la décomposition du fœtus est fréquente dans les kystes extrautérins. On a invoqué comme principale raison pour expliquer ce fait le voisinage de l'intestin, à cause des matières fermentescibles qu'il contient. Quoi qu'il en soit, la putréfaction du fœtus détermine rapidement l'inflammation et la suppuration du kyste. Consécutivement, deux éventualités sont possibles, la péritonite et la septicémie.
La péritonite peut évoluer de différentes façons. Elle est parfois aiguë, se généralise rapidement et a alors un dénouement fatal. Le plus souvent elle est lente, subaiguc ou chronique : la paroi du kyste s'épaissit, se couvre de fausses membranes; des adhérences s'établissent entre elle et le péritoine. Cette péritonite adhésive peut se généraliser et amener la mort
au bout d'un temps variable, douze jours environ dans un cas de Fick \ sept semaines dans une observation de Guichard \ trois mois dans un fait d'AbarbanclP. Des poussées aiguës surviennent qui parfois enlèvent les malades, ou bien les femmes succombent en proie à la fièvre hectique. Lorsque la péritonite reste circonscrite, elle n'est pas aussi grave, et nous retrouverons ses conséquences à propos de l'élimination du fœtus.
On peut encore voir survenir une péritonite aiguë, rapidement mortelle, au cas où le kyste, soit par usure lente de ses parois, soit par rupture brusque, à la suite d'un traumatisme par exemple, vient à verser son contenu dans le péritoine. Wilson * a rapporté une observation dans laquelle un kyste fœtal tubaire suppuré s'ouvrit dans le péritoine et détermina une péritonite qui se termina par la mort.
En même temps que la péritonite, il n'est pas rare de voir se déclarer des symptômes de septicémie. Il est inutile d'insister sur la gravité des accidents sep tiques; ils conduisent lentement et sûrement à la mort, si une interven'.ion opératoire n'a pas lieu; et encore faut-il que cette intervention ne se produise pas trop tardivement, si l'on veut avoir quelque chance de sauver la femme. Jacquemior ''a insisté sur un mode de terminaison qui ne survient quelquefois, dit-il, que longtemps après la mort du fœtus; les femmes succombent à une sorte d'épuisement général, de cachexie; cependant l'autopsie ne révèle aucune trace d'inflammation péritonéale et le kyste fœtal n'est le siège d'aucune altération particulière.
Il nous reste à signaler des faits beaucoup plus rares qui compliquent parfois la rétention du fœtus. Une quantité considérable de liquide peut s'accumuler dans le sac, et des obser-