Virchow Gesammte Abhandl. 1856, p
7. G, Sarraute. Etude microscopique d'un lithopédion. Th. Paris, 1884.
rée; nous aurons cependant h indiquer plus loin que des accidents éloignés peuvent se produire et que le fait de la présence d'un fœtus enkysté au sein des tissus maternels constitue toujours une menace pour la femme, quelle que soit l'ancienneté de la grossesse.
Quoi qu'il en soit, nous n'avons en vue ici que les faits de guérison véritable do la grossesse extra-utérine et, dans certains cas, celle guérison existe absolument.
Les fonctions génitales s'accomplissent sans le moindre trouble et l'aptitude à la fécondation persiste. Aussi n'est-il pas rare de voir des femmes qui portent des lithopédions devenir enceintes de nouveau. On peut alors se demander si cette erossesse utérine exercera une influence sur la rétention du fœtus extra-utérin et si elle ne déterminera pas des accidents du côté du kyste. Dans la plupart des cas, la grossesse utérine suit son cours normal et l'accouchement a lieu sans qu'aucune manifestation se produise dans la tumeur. On trouve signalé dans bon nombre d'observations le fait que des femmes ont eu ainsi plusieurs grossesses intercurrentes, évoluant sans qu'il survienne la moindre complication.
Il n'en est cependant pas toujours ainsi, et il faut faire une réserve à l'égard de l'influence que peuvent exercer l'accouchement et les suites de couches sur un kyste extrautérin.
Des compressions, des déchirures d'adhérences, la rupture même du sac fœtal, dans le cas où ses parois seront incomplètement calcifiées, pourront déterminer des phénomènes inflammatoires soit au niveau du kyste, soit dans son voisinage. On verra alors apparaître une série d'accidents que nous ne faisons que signaler ici, car nous en retrouverons un peu plus loin la description à propos des difl'érentes complications qui peuvent accompagner la rétention du fœtus.
Note. — L'action inverse qu'exercent les grossesses extrautérines sur la durée, la marche et la terminaison d'une grossesse intra-utérine intercurrente est fort intéressante. Bien qu'elle ne rentre pas immédiatement dans notre sujet, nous croyons devoir en dire ici quelques mots. Cette question a été bien étudiée par Scliulil ' qui a recherché l'influence que peut avoir la grossesse extra-utérine sur la g'rossesse normale, l'accouchement et les suites de couches.
La grossesse utérine qui survient dans le cours d'une rétention peut suivre une marche régulière; mais il n'est pas rare de voir se produire un avortemont ou un accouchement avant terme.
L'accouchement est le plus souvent normal; mais il peut être aussi troublé dans sa marche par diverses circonstances; soit parce que le kyste fœtal plongeant dans l'excavation met un obstacle à l'engagement du fœtus utérin (c'est le cas le plus grave et il nécessite parfois une intervention spéciale); soit parce que la présence du kyste détermine une présentation défectueuse du fœtus; soit enfin parce qu'il survient des anomalies dans la contraction utérine, anomalies qui s'expliquent par la déviation de l'utérus, par l'adhérence possible du kyste fœtal à l'utérus, etc.
Enfin l'action exercée par la grossesse extra-utérine sur les suites de couches est à peu près nulle ; mais ici, ce sont les complications qui peuvent prendre naissance du côté de la tumeur qui sont le plus à craindre; nous y avons déjà fait allusion.
En résumé, le pronostic ne laisse pas que d'avoir une certaine gravité, et l'on peut admettre avec Schulil que la conclusion de Barnes n'a rien d'exagéré lorsqu'il dit qu' « une femme affectée de grossesse extra-utérine doit être vivement engagée à ne pas s'exposer de nouveau à ôtie enceinte. »
1. Schuhl. Dos grossesses extra-ut6riues auciemics dans leurs rapports avec les grossesses utérines subséquentes. Th. Nancy. 1883.
(Banics, Traité des maladies des femmes, Lrad. Cordes, 187G, p. 377).
Dans an autre ordre de faits, il no s'ag-it plus d'une grossesse utérine survenant dans le cours delà rétention d'un fœtus extrautérin, intercurrente en un mot, mais bien d'une véritable grossesse gémellaire; les deux gestations intra et extra-utérines sont contemporaines.
Dans ces cas, les conditions sont toutes différentes. L'évolution do la grossesse utérine est ici entièrement subordonnée à colle de la grossesse extra-utérine, et subit fatalement le contre-coup des différentes terminaisons de cette dernière. Quant à la grossesse extra-utérine elle suit son évolution habituelle, se terminant tantôt par rupture tantôt par rétention. Son pronostic ne paraît pas influencé défavorablement par la coexistence de la grossesse intra-utérine. Parry, qui a réuni 21 observations de cette variété de grossesse g'émellaire, a trouvé que quatorze femmes avaient succombé, ce qui donne comme proportion de mortalité 66,66 p. 100. Or, ce chiffre ne diffère pas sensiblement de celui de la mortalité générale dans la g-rossesse extra-utérine qu'il évalue à 67.20 p. 100. Dans un travail sur le même sujet, Browne ' a réuni vingt- quatre cas sur lesquels il y eut quinze terminaisons fatales; cette proportion est à peu près la même que celle de Parry.
On comprend que certaines considérations spéciales au point de vue de l'intervention puissent surgir dans ces cas singuliers de grossesses intercurrentes ou de grossesses gémellaires. C'est là une question qui rentre dans le traitement de la grossesse extra-utérine ; nous en trouverons chemin faisant des exemples.
1. Browne. Gynecolog. Trausact., vol VI, 1882; mémoire traduit dans les Aan de Gyn., janvier 1883, p. 48.