DU KYSTE
La première idée qui se présente naturellement à l'esprit lorsqu'on soupçonne l'existence récente d'une grossesse extrautérine est d'interrompre cette grossesse pour éviter à la femme le danger formidable d'une rupture. En pareil cas, personne n'a jamais songé à compter avec la vie de l'enfant et à se bercer de l'espérance illusoire que, la rupture n'ayant pas lieu, l'enfant pourrait aller à terme et être extrait vivant par une opération.
Des moyens divers ont été proposés pour couper court, par la mort de l'enfant, aux éventualités d'une rupture, il en est un certain nombre auxquels nous ne nous arrêterons pas, car ils n'ont qu'un intérêt bistorique et ne méritent pas d'être discutés.
Rilgen * a conseillé la cu7'e de la faim qui consiste à administrer chaque jour à la femme des purgatifs et à lui faire prendre de l'ergot de seigle. Il croit avoir obtenu une guérison par ce moyen.
Barncs - a proposé de donner à la mère de la strychnine jusqu'à dose légèrement toxique. Il s'est aussi demandé si la syphilisation de la femme ne serait pas justifiée en pareil cas (syphilisation préventive)!
Janvrin ^ a pratiqué dans un cas des injections hypodermiques d'ergoline et pense que l'élimination du fœtus qui eut lieu par l'intestin fut hâtée par leur emploi.
Enfin on a eu recours aux frictions mercurielles, à l'administration de l'iodure de potassium, aux saignées copieuses et répétées'* .
Tous ces moyens ont pour but d'agir d'une façon nocive sur le fœtus en affaiblissant la mère et en altérant sa santé. Or, il est absolument prouvé que l'épuisement de la femme est loin d'être une cause de mort pourle fœtus. Ajoutons que, parmiles moyens indiqués plus haut, il en est de dangereux, qui doivent être rejetés sans examen.
Les méthodes de traitement dont nous allons parler maintenant sont bien autrement sérieuses et méritent une discussion approfondie.
Elles ont toutes pour objet de s'attaquer directement au fœtus. Il en est une toutefois que nous laisserons de côté : c'est la compression de la tumeur proposée par Malin qui a conseillé d'employer à cet effet des sacs de sable dont on augmenterait successivement le poids. Ce procédé, qui ne semble pas
1. Ritgen. Neuc. Zeit. fur Geb., 1840, IX, p. 206, cité par Keller [loc. cil. p. Si) et par Parry (/oc. cil., p. 201).