MANUEL OPÉRATOIRE
Nous décrivons ici les différents détails de l'opération d'après les indications qui nous ont été fournies par l'examen attentif des observations et en particulier d'après les conseils qui ont été donnés par Kaltcnbacli et M. Pinard \
Le vagin ayant été longuement irrigué avec un liquide antiseptique, la femme sera anestliésiée et placée dans la situation obstétricale.
On doit explorer alors avec soin, à l'aide de la pulpe de l'index, toute la région du kyste accessible par le vagin, afin de reconnaître la présence ou l'absence des vaisseaux. La constatation de pulsations ou l'absence de ces dernières rendra compte de la vascularisation de cette région. L'incision devra porter Là où il y a absence de pulsations. Le Pinard pense qu'il est préférable de pratiquer l'incision à l'aide d'un bistouri, plutôt qu'avec le Ibermo-cautère.
Le bistouri, conduit sur deux doigts qui protègent les parties maternelles, doit traverser d'un seul coup la paroi vaginale et la paroi kystique, afin de ne pas s'exposer à décoller ces deux parois. Une boutonnière étant ainsi pratiquée, le doigt introduit par cette ouverture rendra compte de la région fœtale qui se présente, si déjà ce diagnostic n'a pas été fait. ^ Puis, à l'aide de petites et multiples incisions, on agrandira l'ouverture. Dès que les doigts pourront être introduits en cône, il sera bon d'agir comme lorsque les anciens accoucheurs dilataient l'orifice avec la main, mais cela avec la plus
1. Robertson (Brit. med. Joi.ru., d3 février 1886, p. 288) a récemment publié
I observation d'une femme chez laquelle un kyste cxtra-utériu profoudémeut engagé dans l'excavation déterminait des accidents d'obstruction intestinale.
II mcisa le pérméc couche par couche et fit successivement l'extraction du placenta, puis du fœtus, à l'aide d'une pince; il draina le sac ; la femme guérit. Robertson msiste sur l'avantage que présente, selon lui, dans certains cas, l'incision périnéale k la vaginotomie.
grande lenteur. Cette manière de faire a donné les meilleurs résultats au Pinard.
Dès qu'on jugera l'orifice suffisamment dilate, il faudra procéder à l'extraction. Si l'enfant est vivant on se conduira comme dans un accouchement naturel, et, suivant la présentation, on fera une application de forceps ou une extraction par les pieds. Si l'enfant est mort, il faudra réduire les differen es régions fœtales dès que l'on éprouvera la moindre difficulté.
Si l'on s'aperçoit que le fœtus est adhérent, il faudra le morceler afin de ne laisser que les parties adhérentes. La main introduite avec précaution dans le kyste rendra compte de l'étendue et de la disposition de ces adhérences.
Le cordon sera ensuite coupé près de la vulve et aucune traction ne devra être exercée sur le placenta, à moms que, par un fait exceptionnel, le placenta décollé ne vienne tomher et s'offrir au niveau de l'orifice artificiel.
Puis alors, l'hémostase étant faite si cela est nécessaire, nous pensons que la meilleure conduite à tenir consistera a soumettre la cavité vagino-kystique à l'irrigation continue avec un liquide antiseptique (Kaltenhach et Pmard), en même temps qu'un handage compressif devra être apphque sur la
région ahdominale. , „„o
L'irrigation continue devra durer aussi longtemps que l'adhérence du placenta, qui peut se décoller dès les premiers jours, mais qui peut n'être éliminé que du 16 au 18 ou , comme dans l'ohservation de M. Pinard' et même plus taidn e-
"^Nous savons aujourd'hui que l'irrigation continue appliquée récemment par M. Pinard, dans son service à 1 hôpital La hoisière% au traitement des malades atteintes de septi m e puerpérale ou ayant subi de grandes opérations obstétricales,