‹ Terminaisons nerveuses dans l'organe de la gustationChapitre 11 sur 28 · A AT EE UE · texte numérisé non relu

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lement pour les nerfs périphériques, de six à huit jours. Bien qu'ayant obtenu parfois, après des séjours très courts dans le liquide osmio-bichromique, des imprégnations relativement satisfaisantes (deux et même un Jour, brebis et rat), J'accepte comme bonne la limite formulée par le professeur de Bâle, une immersion prolongée dans le réactif fixateur, ne paraissant pas avoir les mêmes inconvénients pour les nerfs périphériques que pour les centres.

La nécessité d’une durée d’immersion assez longue permet de conclure à l'extrême lenteur de pénétration du réactif, due peut-être à l’imperméabilité de la couche épithéliale. Cette hypothèse est vérifiée pour la méthode à l'or et autorisée par la constatation fréquente de la rareté des filets nerveux dans l’épithélium. Aussi ai-je tenté de porter directement le réactif au contact des divers éléments anatomiques, par l'intermédiaire du système vasculaire, les pièces étant ensuite immergées comme d'habitude. L'influence nulle de ces injections, poussées cependant jusqu'à l’infiltration œdémateuse de la muqueuse, semble prouver que le séjour prolongé dans le mélange de Golgi n’agit pas simplement en réalisant une pénétration intime, mais que lPimprégnation, pour réussir, nécessite un long contact du réactif avec les éléments anatomiques.

Les pièces, au sortir de la solution osmio-bichromique, sont rapidement lavées à l’eau distillée qui leur enlève l'excès de réactif, ou grossièrement essuyées avec du papier à filtre, puis plongées directement dans la solution argentique, que l’on emploie au titre indiqué et dans des proportions égales à celles du liquide de Golgi. Le précipité brun-rouge de bichromate d’argent, qui apparaît alors sous forme d’un nuage, tantôt garde l’état amorphe, tantôt revêt à la longue une texture cristalline très nette, sans que ces variations puissent

d’ailleurs faire aucunement préjuger du succès de limprégnation.

Deux jours d'immersion dans l'argent suffisent d’habitude, mais une durée plus longue ne présente pas d’inconvénients notables. De même que Cajal et van Gehuchten, j'ai obtenu de bons résultats de pièces ayant fait un assez long séjour dans la solution métallique.

La fixation de l'argent sur les éléments anatomiques est manifestement facilitée par l’adjonction à la solution d'une trace d’acide formique. La proportion adoptée dans mes recherches a été d’une goutte d'acide dilué au 1/20° pour 10 centimètres cubes de solution argentique, soit une proportion de 1 d’acide pour 40 d’azotate d'argent. Je ne sais pourquoi on a attribué l’action favorable de cette addition à une dissolution par l’acide des précipités gènants qui se forment fréquemment dans l'épaisseur des tissus. Les propriétés essentiellement réductrices de l'acide formique doivent surtout entrer en jeu pour favoriser la fixation du sel d’argent sur les éléments nerveux.

Le traitement préliminaire des objets est terminé ; reste à vérifier le succès de l’imprégnation. En effet, vu l'inconstance des résultats, au moins primitifs, il est bon, avant de transformer les pièces en des séries de coupes à conserver, de vérifier si la coloration des éléments nerveux est alors suffisante. Dans ce but, on pratique, sur chacun des morceaux préparés, quelques coupes que l’on examine immédiatement dans l’eau. L'imprégnation est-elle trouvée insuffisante, on soumet de nouveau les pièces au même traitement que précédemment, c'est-à-dire qu'on pratique une deuxième imprégnation.

La méthode de la double imprégnation, imaginée par Cajai pour les centres nerveux, reçoit son application la plus heureuse dans l'étude des nerfs périphériques

et Jadopte entièrement à cet égard l'opinion de v. Lenhossék * qui considère son usage comme le procédé normal à employer pour cette étude.

Pour l'appliquer, on fait de nouveau passer les pièces successivement dans le liquide de Golgi et le nitrate d'argent, en les laissant seulement deux jours dans chacun des réactifs. Les solutions déjà employées peuvent resservir une seconde et même une troisième fois à condition que le mélange de Golgi contienne encore de l'acide osmique et que la majeure partie du sel de la solution argentique n'ait pas été précipitée.

Il est rare qu'une deuxième imprégnation ne fournisse pas plus de résultats que la première; mais il peut se faire que ces résultats soient encore incomplets : une troisième, au besoin même une quatrième immersion dans les réactifs suppléent presque toujours à cette insuffisance de coloration. Il m'est arrivé (porc), après trois échecs complets successifs, d'obtenir par une quatrième imprégnation des résultats positifs. Malheureusement tous les tissus ne se prêtent pas aussi bien à ces manipulations répétées et, notamment chez les vertébrés inférieurs, les lambeaux de muqueuse ne tardent pas à prendre une friabilité telle que leur division par le rasoir devient pour ainsi dire impossible. D'ailleurs cet état extérieur coïncide généralement avec une destruction plus ou moins complète de la coloration élective.

Dès la première imprégnation, les pièces ont acquis une teinte noire uniforme et une consistance suffisante pour les coupes. Celles-ci sont effectuées soit à main levée sur les objets placés entre deux demi-cylindres de moelle de sureau, soit au microtome après inclusion dans la moelle de sureau, le collodion ou la paraffine.

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Les coupes ne doivent pas être trop minces ; aussi le premier procédé suffit-il habituellement pour les objets d'assez petit volume, car il Joint à la simplicité, la rapidité de l'exécution. C’est pour ainsi dire le seul auquel j'ai eu recours pour mes recherches.

L'inclusion dans la celloïdine ou le collodion réclame certains ménagements, étant donnée l'influence néfaste que semble exercer sur l’imprégnation un séjour prolongé des objets dans l’alcool. Elle devra être exécutée rapidement et l'alcool à 70° sera préféré comme coagulant au chloroforme, ce composé renfermant souvent, quand il est ancien, des proportions notables d'acide chloroxycarbonique.

Quant à la paraffine, mon expérience est insuffisante à son égard et les données des auteurs trop incertaines pour me permettre de rien affirmer sur sa valeur.

Les coupes sont reçues dans l’eau distillée, où il faut éviter de les laisser séjourner trop longtemps ; les plus favorables sont recueillies et portées directement dans l'alcool absolu où on les laisse quelques minutes. On les en retire ensuite et on les fait successivement passer dans l’essence de bergamotte ou de girofle qui les éclaircit et dans le xylol qui enlève l'excès d’essence. V. Lenhossék recommande de ne pas laisser les coupes au delà de quelques minutes dans l'alcool et l'essence et de quelques secondes seulement dans le xylol. De mon expérience personnelle il résulte qu’un séjour assez prolongé, pouvant même atteindre une heure, dans ces différents réactifs n’altére pas sensiblement l'imprégnation, à condition cependant qu'ils soient purs et neutres.

L'expérience a appris que les préparations de Golgi montées dans le baume et placées entre deux lames de verre ne tardent pas à s altérer sans qu'on ait pu d’ailleurs en découvrir d'autre motif que l’inégale dessic-

cation qui se produit alors dans la masse. Aussi est-il indispensable de porter les coupes retirées du xylol sur une lame couvre-objet, puis de les recouvrir d'une goutte de résine Dammar dissoute dans le xylol. Afin d'éviter les déplacements et les chevauchements qui se produisent souvent dans les coupes avant la dessiccation complète de la résine, après les avoir rangées en séries, Je les recouvre d'abord d’une faible quantité d’une solution claire de résine et les dessèche rapidement. Puis je complète l'inclusion par addition de quelques gouttes de solution de baume épaisse. Enfin pour activer cette dessiccation, les préparations sont placées dans l’étuve à 40°, ou au voisinage d’une source de chaleur modérée, en les préservant de la poussière.

Ainsi obtenues, les préparations de Golgi sont fort peu altérables et je n'ai constaté, pour ma part, aucune modification de l’imprégnation, à des intervalles de quatre à cinq mois.

Je n'étudierai pas ici la question si controversée du mode d’action précis de l’imprégnation et des réactions probablement complexes aboutissant à la coloration élective en noir ou rouge-brun des éléments nerveux et sur le siège exact de laquelle les anatomistes ne sont pas encore fixés. Je ferai seulement remarquer que l’élection n’est pas absolue et que différents tissus, étrangers au système nerveux, fixent aussi, quoique avec une inégale intensité, le bichromate d'argent. Tels sont les cellules et les fibres du tissu conjonctif, les cellules du cartilage, les fibres musculaires, les canaux excréteurs des glandes, certains éléments épithéliaux et divers produits de sécrétion.

Quoi qu’il en soit, le procédé de Golgi fournit, principalement pour les nerfs périphériques, des résultats essentiellement inconstants et souvent incomplets;

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aussi ne peut-il être considéré comme une véritable méthode histologique, mais comme un simple moyen adjuvant, servant à préciser et à compléter les données obtenues par l'emploi d’autres méthodes.

Je résumerai mon impression sur la méthode de Golgi, relativement à mes recherches, en disant qu’elle procure rarement des succès complets, habituellement des résultats partiels, souvent des déceptions et presque toujours des surprises.

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