ARTICLE [°. — CELLULES DES BOURGEONS
Au point de vue purement morphologique, il y a lieu de distinguer parmi ces cellules deux variétés, auxquelles on a donné les noms de cellules de revêtement, ou mieux de soutien et de cellules gustatives où sensorielles proprement dites. J'adopterai ces dénomina-
mnt ns
tions consacrées par l'usage en leur reprochant toutefois de préjuger d'une signification physiologique encore mal établie.
2 I. — Cellules de soutien.
(Cellules de recouvrement. — Deck-ou Stützzellen.)
Ces éléments (PI. IV et V) peuvent se rencontrer dans toutes les régions du bourgeon, ainsi que l'ont démontré Merkel et Ranvier. Mais c’est, sans contredit, à la périphérie qu'ils existent avec le plus d’abondance. Contrairement à l’avis de von Lenhossék #, ils m'ont paru se colorer aussi fréquemment par la méthode de Golgi que les cellules du second groupe. Leur forme générale est assez constante, du moins pour les plus excentriques, et en relation directe avec leur situation et leurs rapports. Elles sont régulièrement incurvées et le noyau se rencontre vers la partie moyenne du corps cellulaire. L'extrémité périphérique ou superficielle est conique; l'extrémité profonde habituellement élargie en pied ou renflée en massue. Il n'est pas rare aussi de voir cette extrémité divisée en plusieurs prolongements d'épaisseur et de longueur variées. Leur contour est irrégulier, parfois dentelé ; une seule fois J'ai vu l'une d'elles (chien) présenter une échancrure ou encoche latérale bien marquée. (PI. V, fo 2,-6%
Tandis que les cellules dites gustatives se colorent par le chromate d'argent en noir plus ou moins pur, les cellules recouvrantes prennent une teinte rougebrun, relativement claire. Von Lenhossék ©, qui signale le premier ce fait, le considère comme spécial à cette catégorie d'éléments. Il ne me semble pas qu'on puisse
faire de cette particularité un signe caractéristique des cellules de soutènement, ni à plus forte raison la rattacher à un mode de réaction chimique propre, correspondant à une différenciation histologique moins complète ou à des qualités physiologiques distinctes.
La teinte claire des cellules de soutien doit être attribuée plutôt, à mon avis, à l’aplatissement et à la minceur de ces éléments cellulaires. Souvent on reconnaît à leur surface des plissements irréguliers se traduisant par des lignes plus sombres. Dans les cellules gustatives au contraire, dont la forme est irrégulièrement cylindrique, les prolongements plus épais et moins larges présentent habituellement une teinte plus foncée.
Si l’on admet que le noyau ne se colore pas et que le protoplasma seul est le siège de la réaction noire, on aura l’explication de ce fait également bien observé, que la présence du noyau se traduit généralement par une tache claire sur le corps cellulaire des éléments sensoriels, la couche protoplasmique se présentant naturellement sous une épaisseur moindre à son niveau, sur ces éléments fusiformes que dans son voisinage immédiat.
La forme aplatie des cellules de soutènement explique les aspects variés sous lesquels elles se présentent, suivant qu'elles apparaissent de champ ou de face à l’œil de l’observateur. (PI. IV, fig. 5.)
Les digitations qu'offre si fréquemment l'extrémité centrale de ces cellules sont en nombre variable: généralement il en existe deux. Parmi elles, les unes atteignent la limite profonde du bourgeon et de l’épithélium. D'autres, au contraire, s'arrêtent à différentes hauteurs, parfois réduites à de simples épines latépales (PEU, fig 4/4; 2/4; 3ctet pl. V, fig. 2 bet9a.) Enfin, bien que se détachant habituellement du pôle
inférieur du renflement nucléaire, on voit parlois ces prolongements prendre naissance sur le pôle supérieur ou même dans la portion du corps cellulaire sus-jacente
au noyau. (PI. V, fig. 1 et 2 0.)