II. — Cellules gustatives
(Cellules sensorielles. — Sinnes-Schmeck-ou Geschmackszellen.) (PLATINE TEE)
Sous ce titre, on groupe des éléments fusiformes comme les précédents, mais plus allongés qu'eux et dont les trois parties constituantes : noyau, prolongement central et prolongement périphérique, sont nettement distinctes. Le corps cellulaire, dans son ensemble, est fortement coloré et régulièrement limité. Le noyau, ovalaire à grand axe confondu avec celui de la cellule, traduit sa présence par un épaississement marqué et un éclaircissement local du corps cellulaire. Son ‘siège, ainsi que l’a signalé von Lenhossék, est très inconstant, d’où une variabilité considérable dans la longueur relative des deux prolongements. Généralement situé plus près du pore du goût que de la base du bourgeon, le renflement nucléaire peut descendre pour ainsi dire jusqu’à la limite profonde de l’assise épithéliale et réduire à une saillie conique à peine appréciable l'expansion centrale. (PLV fig 673 09raet pe, ee oies la même cause qu'il faudrait rattacher la différence d'épaisseur des deux prolongements, le plus court étant naturellement le plus épais. A l’irrégularité de la situation du noyau, il faut joindre des variations, moins étendues toutefois, dans ses dimensions. Les figures & a et 17 (pl. IV) en fournissent deux exemples assez caractérisés.
Suivant Schwalbeïf, l’expansion périphérique est épaisse comparativement au prolongement central. Cet auteur en distingue de deux formes caractérisant deux variétés de cellules gustatives : les cellules à bâton (Stabzellen) et les cellules à pointe (Sxftchenzellen). En comparant les images fournies par la réaction noire à celles que figure l’auteur allemand, j'inclinerais à penser que les dernières sont sinon les seules, du moins de beaucoup les plus fréquentes. Rectilignes pour les éléments centraux, les prolongements périphériques montrent pour les superficiels, quelle qu’en soit d’ailleurs la nature, une incurvation assez brusque, avant leur issue par le pore du goût.
Jusqu'à ces tout derniers temps on attribuait volontiers à l'expansion centrale la valeur d’un cylindreaxe; Schwalbe6 lui-même, qui n'avait pu constater d'union directe entre les fibres et les cellules, fait cette remarque que le prolongement profond des cellules sensorielles se comporte, sous l'influence du réactif, comme un cylindre-axe : l’acide chromique et les bichromates lui impriment un aspect moniliforme. Cette propriété que la méthode de Golgi n’a jamais révélée à Retzius m'est apparue assez nettement dans plusieurs préparations. (PI. I, fig. 4 et pl. V, fig. 3, 12 et 18); mais dans l’immense majorité des cas l'extrémité du prolongement central était ou bien coupée carrément, ou bien (et c'était le cas habituel) élargie en pied ou renflée en sphérule irrégulière, le renflement basal étant d’ailleurs d'importance très inégale.
Le chromate d’argent fait quelquefois aussi apparaître l’état variqueux sur le prolongement périphérique ; mais, vu la rareté dufait, je ne saurais affirmer s’il n'y à pas lieu de l’attribuer à une imprégnation irrégulière.
Il n'est pas très rare d'observer des bifurcations ou même des dédoublements complets de lPexpansion profonde. Le fait m'a paru cependant moins fréquent que pour les cellules du premier groupe. (PI V, fig. 15 et 18.)
Enfin, bien qu'il s'arrête d'ordinaire à la limite profonde de la couche épithéliale ambiante et quelquefois même avant de l’atteindre (imprégnation incomplète), on voit exceptionnellement le prolongement central dépasser cette limite et s’enfoncer par son pied élargi dans le tissu conjonctif sous-jacent. (PI. V, fig. 3.)
En regard de cet ensemble de caractères spéciaux à chacune des catégories de cellules, il existe entre les éléments des deux groupes une série d’analogies dans leurs propriétés morphologiques, leur réaction histochimique et leurs relations avec les terminaisons fibrillaires des nerfs. Laissant de côté ce dernier point qui trouvera place à l’article suivant, qu'il me suffise de constater que, de même qu'avec la méthode de l'or, les cellules du bourgeon réagissent par le procédé de Golgi comme les éléments nerveux. Leur coloration est plus rapide et beaucoup plus facile que celle des filets nerveux ambiants. Comme on l’a vu, le noyau apparaît d'habitude sous forme d’une tache claire. Mais cette règle n’a rien d’absolu et la disposition inverse peut s’observer. (PI. IV, fig. 2 b et 4.)
Leurs dimensions diffèrent un peu non seulement d'espèce à espèce, mais encore chezun même individu suivant le point observé de la région des bourgeons. Courtes et trapues chez la souris, elles présentent des dimensions un peu supérieures chez l’homme et le lapin; elles sont un peu plus allongées et de taille à peu près égale chez le chien, le chat, le pore, la brebis, le rat etc. Les figures des planches IV et V, représen-
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tées toutes à un grossissement semblable, fourniront une idée générale de ces variations génériques et individuelles.
Enfin à côté de formes nettement caractérisées, il en existe d’autres dont les caractères intermédiaires s opposent à une classification sûre et quelques-unes enfin, beaucoup plus difficiles à interpréter (pl. V, fig. 17), qu'on se voit forcé d'attribuer soit à une présentation anormale de l'élément, soit à des phénomènes d'imprégnation incomplète ou irrégulière, soit enfin à la présence dans le bourgeon de cellules migratrices.
ARTICLE Il. — TErminaisons NERVEUSES
à 1. — Nerfs du stroma des papilles.
Bien avant que l’on connüût la destinée ultime des nerfs gustatifs, les anatomistes en avaient décrit la distribution dans le stroma des papilles linguales. On voyait des faisceaux aborder en nombre variable la base de la papille, se ramifier dans son intérieur et s’étaler au-dessous de l’épithélium en un riche plexus entremêlé de cellules ganglionnaires et de noyaux. (Couche des grains du goût. — Krause 17.)
Sur une coupe transversale passant par l'axe d’une papille caliciforme (pl. IT, fig 1), on voit effectivement les nerfs s’enfoncer dans le stroma papillaire sous forme d’un faisceau assez volumineux de fibrilles parallèles légèrement onduleuses et généralement lisses. Souvent aussi on observe latéralement des faisceaux plus petits montant directement vers la face profonde