‹ Terminaisons nerveuses dans l'organe de la gustationChapitre 22 sur 28 · AR: PRE · texte numérisé non relu

AR: PRE

voit émettre, vers la surface libre, des fibres intergemmales, intragemmales et périgemmales.

3° Les fibres intergemmales où intraépithéliales sont peu flexueuses, faiblement variqueuses, n’échangent entre elles que de rares anastomoses et présentent fréquemment des ramifications ou des divisions à touffes. Elles se terminent généralement très près de la surface libre par un petit bouton, souvent après un faible parcours horizontal ou une inflexion en crochet. On les voit aussi s'arrêter à diverses hauteurs ou se recourber vers la profondeur et présenter, au voisinage de la surface profonde de l’épithélium, un mode semblable de terminaison. Enfin dans quelques cas la disposition est plus complexe encore et l’on peut voir la fibrille se relever de nouveau pour atteindre définitivement les couches superficielles.

Les fibres intergemmales ne diffèrent donc pas comme disnosition des terminaisons sensitives cutanées ou muqueuses.

4° Les fibres intragemmales sillonnent en tous sens le bourgeon soit sous forme de rameaux ascendants lisses et presque rectilignes, soit plutôt sous forme de bouquets ou d’arborisations variqueuses, enveloppant les cellules de leurs ramifications et se terminant librement, au voisinage du pore du goût ou à diverses hauteurs, par un petit épaississement.

5° Situées autour du bourgeon qu’elles enveloppent

comme d’une sorte de filet, les fibres périgemmales

constituent un système intermédiaire aux deux précé-

dents. C’est un ensemble de fibrilles variqueuses et

ramifiées, dont la direction générale est parallèle et

ascendante. Entrecroisées richement au niveau des

LÉ

pôles, elles s’agencent en une sorte de plexus dont les mailles s’allongent beaucoup vers l'équateur des bourgeons. De leur face gemmale aussi bien que de leur face épithéliale s’échappent des rameaux qui pénètrent superficiellement entre les cellules du bourgeon ou s'élèvent verticalement entre les cellules voisines de l’épithélium ambiant.

6° Jamais il ne semble exister de continuation réelle entre fibrilles terminales et cellules du goût ; les apparences de continuité doivent être attribuées à une superposition exacte ou à un accolement étroit.

7° La méthode de Golgi révèle l'existence dans le stroma muqueux d'éléments multipolaires, à prolongements ramifiés et habituellement tronqués, dont la disposition varie avec la localisation.

Dans la région des bourgeons ces éléments s’allongent parallèlement à la couche fibrillaire sous-épithéliale dans la profondeur de laquelle ils sont situés. Dans le sein du stroma papillaire on les trouve irrégulièrement disséminés, particulièrement aux abords des troncs nerveux. Au-dessous de l’épithélium indifférent ils forment de petits groupes ou se montrent isolés, envoyant dans les papilles secondaires l’une de leurs expansions qui pénètre peut-être dans l’épithélium. Il n’est pas très rare de voir l’un de leurs prolongements offrir les caractères d'un cylindre d’axe et se continuer par une fine fibrille variqueuse, à trajet variable comme longueur et comme direction.

Le siège extra-épidermique et les caractères des prolongements en question permettent d’écarter l’idée de corps de Langerhans; faut-il donc les considérer comme des cellules nerveuses ? Telle est la délicate question

NT: 0e

que se sont posée tous les auteurs qui ont reconnu leur existence. li

Corps cellulaires coloré en noir et muni de prolongements onduleux et ramifiés en nombre variable, dont l’un (ou plusieurs) plus lisse, plus mince, plus allongé et moins flexueux se continue par une fibrille nerveuse, tels sont les caractères essentiels auxquels on reconnaît d'habitude une cellule nerveuse colorée par la méthode de Golgi.

Ces caractères, sauf les dimensions un peu fortes des prolongements et leur terminaison généralement brusque, nous les retrouvons dans les cellules multipolaires du stroma de la muqueuse linguale. Bien qu'il n’y ait pas là, j'en conviens, de quoi fournir une absolue certitude, il faut reconnaître qu'il existe entre ces cellules et les cellules nerveuses des analogies assez proches. Je comparerais volontiers certaines d’entre elles, aux prolongements ramifiés et enchevêtrés, à quelques-unes des cellules sympathiques figurées par Kælliker, van Gehuchten, Retzius et Ramon y Cajal.

D’autres, celles de la muqueuse péripapillaire en particulier, me rappelleraient plutôt les cellules bipolaires sensitives que Retzius a décrites, à demi-enfoncées dans le derme, dans le tégument externe des gastéropodes.

Ces cellules représenteraient alors chez l’homme un stade intermédiaire entre les éléments bipolaires de l’épithélium olfactif demeurés superficiels et les cellules nerveuses du ganglion cochléaire, par exemple, dont le corps a quitté le revêtement superficiel.

Mais ce ne sont là encore que des hypothèses, et la méthode de Golgi à elle seule me paraît incapable d’en fournir la solution définitive. La question est d’ailleurs d’un intérêt assez général pour mériter d’être reprise

PT ere

avec d’autres procédés de coloration. C'est ce que Je me propose de faire dans un travail ultérieur. J'ajouterai encore que, comme à Fusari et à Panasci, les préparations de Golgi m'ont fourni des imprégnations glandulaires très complètes, tant pour les canalicules excréteurs que pour les terminaisons des nerfs. Mais ce sujet me paraissant sortir du cadre que je me suis tracé, je le laisse ici complètement de côté, me réservant d’y revenir ailleurs avec quelques détails.

Vu :

Nancy, le 11 janvier 1894.

Le PRÉSIDENT DE THÈSE,

Page 1