‹ Terminaisons nerveuses dans l'organe de la gustationChapitre 6 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S1, depuis longtemps déjà, on connait la différenciation fonctionnelle des prolongements des cellules nerveuses et l'existence pour chacune d'elles d’une expansion, à caractères morphologiques et physiologiques spéciaux, qu'on appelle le cylindre-axe, 1l y a fort peu de temps au contraire que l’on est fixé sur la valeur réelle de ces prolongements et sur leurs modes de terminaison. C’est en réalité de la méthode de Golgi que datent les premières notions précises sur les connexions des cellules nerveuses des centres entre elles, aussi bien que sur la manière dont se comportent les terminaisons des nerfs sensitifs à la périphérie. L’imprégnation au chromate d'argent des différentes parties de la moelle et de l’encéphale a résolu la première partie du problème ; Papplication de la réaction noire aux organes des sens a fourni les éléments nécessaires à la solution de la seconde.

C'est ainsi qu'on vit dans la rétine, véritable ganglion périphérique, les fibres du nerf optique se

te

mettre en relation par l'intermédiaire de cellules bipolaires à prolongements ramifiés (grains internes) avec l'extrémité profonde également ramifiée des cellules à cônes et à bâtonnets. — Le bulbe olfactif et la muqueuse pituitaire, traités par la méthode de Golgi, montrèrent à Ramon y Cajal des cellules nerveuses bipolaires disséminées dans l’épithélium olfactif et se prolongeant jusqu'au bulbe par leur expansion centrale, jusüfiant la comparaison qu'il en fit à une sorte de rétine dissociée dont les cellules bipolaires superficielles représenteraient les bâtonnets et les cônes, et dont le bulbe figurerait la zone profonde.

On reconnut ensuite dans la muqueuse auditive la terminaison libre, entre les cellules de l’épithélium cochléaire, des fibres émanées du ganglion de Rosenthal.

Les procédés antérieurs et notamment la méthode de l'or avaient établi le mode de terminaison des filets tactiles dans des corpuscules spéciaux.

Restaient à connaître les terminaisons ultimes du glosso-pharyngien dans l'organe de la gustation. Les premiers travaux entrepris sur la question parurent démontrer la nature nerveuse de certaines des cellules des bourgeons et leur continuation par une fibrille centripète, assimilant ainsi morphologiquement les organes du goût et de l’olfaction.

Des recherches plus récentes amenèrent au contraire Retzius, v. Lenhossék et Arnstein à des

JS, FE

conclusions opposées : les fibrilles gustatives prenaient fin, selon ces auteurs, par des extrémités libres interposées aux cellules ou les enveloppant dans leur ensemble sans jamais présenter avec elles de rapports plus intimes qu’une simple contiguité. Les cellules gustatives étaient dès lors déchues de leur rang nerveux et réduites au rôle plus modeste d'éléments épithéliaux différenciés ; l'organe du goût s’éloignant de celui de l’olfaction venait prendre place aux côtés de celui de l’audition.

Toutefois, la lumière encore indécise demandait à être rendue plus certaine par de nouveaux travaux.: c'est ce que j'ai tenté de faire, sur les conseils de M. le professeur Nicolas, dans une série de recherches entreprises avec la méthode de Golgi, sur la muqueuse linguale de différents mammifères et de l'homme.

C'est à tort, selon moi, que les auteurs les plus récents négligent, pour la plupart, de tenir compte des résultats des travaux antérieurs. Aussi, avant d'exposer les résultats de mes recherches, rappellerai-je dans un rapide aperçu historique les progrès successifs accomplis dans la connaissance de l’innervation de l'organe de la gustation.

J'ai jugé également utile de consacrer un chapitre à une description succincte bien que complète du manuel opératoire que j'ai employé, et d'y condenser les renseignements techniques sur la méthode de Golgi qu'on ne trouve qu’épars et

souvent incomplets dans les divers ouvrages récemment publiés.

Tous les auteurs qui ont écrit sur la question ont eu le tort, à mon avis, de fournir à l'appui de leurs observations des figures toujours plus ou moins schématiques. Cette manière d'agir, qui a pour but d'augmenter la clarté, possède le double inconvénient de procurer au lecteur une idée inexacte des résultats de la méthode, et de lui enlever toute initiative dans l'interprétation des faits. Je me suis attaché à représenter les images telles que me les offrait le microscope, me contentant de choisir les plus démonstratives, et ne négligeant pas même de figurer les formes dont une interprétation rationnelle ne se présentait pas à mon esprit. Aussi ai-je dû suppléer à l’insuffisance de clarté des figures prises en particulier par leur multiplication et leur comparaison.

Enfin, pour faciliter la tâche du lecteur et m'éviter des redites dans les indications bibliographiques, j'ai fait suivre chaque nom d’auteur cité d’un numéro d'ordre correspondant à un numéro semblable de l'index bibliographique. Cette dernière partie a été établie suivant l’ordre chronologique.

Mais je veux, avant d'aborder mon sujet, affirmer ici toute la gratitude que j'éprouve pour mes Maîtres de la Faculté, et pour ceux en particulier qui m'ont initié aux études cliniques pendant mes années d’externat et d'internat : MM. les professeurs Heydenreich, Spillmann, Herrgott et Gross.

C’est avec une très vive satisfaction que Je saisis l’occasion qui m'est offerte de présenter mes remerciements les plus sincères à MM. les professeurs agrégés Haushalter et. Vautrin, pour la sympathique bienveillance qu'ils ont daigné à maintes reprises me témoigner au cours de mes études médicales ; c’est pour moi moins un devoir qu'un plaisir de les assurer ici de ma reconnaissance.

Longtemps j'ai pu apprécier l’affable bonté de M. le professeur agrégé Guérin ; qu’il me permette donc de l’en remercier 1ei publiquement.

Enfin, bien que nouvellement entré au Laboratoire d'Anatomie, la bienveillance que m'a si souvent témoignée M. le professeur Nicolas lui créerait un titre suffisant à ma profonde gratitude, si l’honneur qu’il me fait aujourd'hui en acceptant la présidence de cette thèse dont il m’a fourni le sujet, n’y suffisait à lui seul.

Merci encore à M. le professeur agrégé Prenant pour ses avis amicaux et sa constante sympathie à mon égard.

Page 1