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toujours à ces mêmes endroits qu'ils recourent dans les temps de misère : dans la peste de 443, ils envoient « in Etruriam Pomptinumque agrum et CumaSj postremo in Siciliam quoqtie^ frumenli causa (1). » Ainsi, au sixième et au cinquième siècles, entre les mains des Volsques, laiplaine Pontine nous apparaît comme peuplée, fertile et riche. On ne Tappellejamais los marais Pontins. Il n'est pas question de ceux-ci dans les nombreux récits d'opérations militaires que Tite-Live place dans cotte région pendant l'interminable guerre des Volsques, et Ton peut même dire que la nature des faits qu'il raconte exclut souvent leur existence (2).
L'avidité avec laquelle les Romains désiraient Vager pomptinus est une autre preuve de sa valeur. A peine la conquête en estelle commencée, qu'il devient le sujet de fréquentes lois agraires. Dès 386, dit Tite-Live, « a tribunis plebis... pomptinvs ager... ostentabatur (3) ». Un peu plus tard : « Le tribun L. Licinius fit une proposition sur les terres Pontines ; le peuple alors commençait à se faire plus nombreux et plus enclin à désirer des terres (4) ». Il désii-ait fort celles-ci ; car, en 383, pour le décider à servir contre les Volsques, on ne trouva rien de mieux que de faire commencer le partage, dont on chargea des quinquévirs (5). En 358, deux tribus nouvelles furent ajoutées aux vingt-cinq qui existaient alors, l'une prit le nom de Pomptina (6). Il n'est toujours pas question des marais Pontins, bien que, pendant tout le quatrième siècle, la plaine pontine serve perpétuellement de champ de bataille (7), et que ce soient les cités pontines qui sont nommées h chaque pas dans la fin de la lutte contre Rome.
Nous voici arrivés à l'époque où disparaît l'empire volsque;
et nous avons pu constater que, tant qu'il a duré , les marais
Pontins no paraissent pas : le bassin dont aujourd'hui ils occu-
4)ent la partie la plus basse est peuplé, semé de centres habités,
et riche d'une agriculture florissante.
N'allons point cependant au delà de ce que font voir les textes historiques. Los marais Pontins sont un ancien golfe ; la dune qui les sépare aujourd'hui de la mer est une formation pliocène , ou équivalente ; le remplissage du bassin est
(1) Liv., IV. 25.
(2) Liv., VI, l, 2, 3, 4, 12, etc., etc.
(3) Liv., IV. 5.
(4) Liv., VI, 6.
(5) Liv., VI, 21.
(6) Festus. éd. MûUer, p. 55.
(7) Flor., I, 8 ; Liv., VIII, 13, etc.
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dû à d'anciens alluvions, aux détritus végétaux et aux produits de sources minérales. La plus grande partie du sol est tourbeuse, et sur quelques points la tourbière est encore en formation. Il est bien évident qu'un pareil pays n'a jamais été ni particulièrement sain, ni particulièrement sec : il y a, par exemple, des parties basses qui ne peuvent pas être desséchées. Mais pour qu'un pays soit peuplé, il n'est pas nécessaire qu'on n'y ait pas la fièvre : autrement deux tiers de l'Italie seraient aujourd'hui inhabités. Et, d'autre part, une plaine basse, humide, semée d'étangs et présentant en quelques points des marécages de médiocre étendue n'a rien à voir avec les marais Pontins.
Dans l'état où ils sont aujourd'hui, après la bonification de Pie VI , ceux-ci sont presque tout entiers cultivables , et leurs environs plus ou moins habités. Mais l'œuvre de notre grand Prony (1) montre que, mieux entendu et mieux réussi, le dessè» chôment les eût amenés à un état bien meilleur encore. Ne soyons pas trop exigeants : admettons que les Volsques les aient eus seulement tels qu'ils seraient après cette opération bien faite. C'est peu dire , car il était plus facile d'empêcher le mal qu'il ne l'est maintenant de le réparer. Mais cela suffira pour permettre à ces durs et intrépides travailleurs de vivre et de cultiver. Leurs descendants font tous les jours leurs preuves dans une lutte devenue plus difficile contre la terre, l'air et l'eau. Si je faisais ici l'histoire des terres Pontines, je devrais dire comment s'y prenaient ces populations primitives, où et comment, dans le bassin Pontin, elles mettaient leurs populations, quel régime de vie et d'agriculture certains indices nous font deviner, quels travaux elles ont effectués dans les diverses régions de ce vaste espace , quels moyens elles connaissaient de dompter la terre, de gouverner l'eau, d'assainir l'air. Mais, pour l'histoire de Terracine, il suffit d'avoir historiquement constaté ce qu'était la future Palude avant d'appartenir aux Romains. De ce qu'elle deviendra entre leurs mains va dépendre l'avenir de la ville.
La conquête, en effet, est terminée, et la prise de possession s'achève. En 329, trois cents citoyens sont envoyés coloniser Anxur (2). La même année, Privernum vaincue a reçu le droit de cité; de nombreux colons sont déjà établis dans Vager pomptinus enlevé à Setia et à elle. Aussi, en 318, sous le consulat de M. Fo-
(1) Prony, Description des marais Pontins, 1 vol. in-4o, avec atlas in-fol.» Paris, Didot, t823.
(2) Liv. VIII, 21 ; Vell. Pat, I, 14.
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lius Flaccina et de L. Plautius Venox , en môme temps que la tribu Falerinay Rome en crée une trente et unième, dont le noyau est formé par ce groupe de citoyens. On lui donne le nom de rUfens (1), qui traverse les territoires d'Anxur, de Privernum, de Setia (2). Désormais, et pour toujours, Anxur cesse d'être une cité volsque. C'est une colonia civium romanorum de la tribu Oufentina (3).
(1) Festus, éd. MûU., p. 194.
(2) Liv., IX. 20; Epit., IX.
(3) Grotefend, 7mp. 12. Inb. descripU^ p. 80; et, outre les inscriptions du pays, voir C, L L., II, 10, 49; IV, 24, 29; VI, 2920, 3884.