‹ Terrain asthmatique et tuberculoseChapitre 10 sur 26 · LAB · texte numérisé non relu

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On lui conseille alors d’entrer en sanatorium où elle

passe 3 mois 1/2. Pendant ce séjour elle reprend ses forces, mais on note pour la première fois, l’apparition de crises d’asthme en septembre 1934. Au début ce furent des crises de suffocation survenant de préférence dans les deux jours précédant l’apparition des règles, et surtout la nuit ; influencées par les conditions atmosphériques : froid, brouillard, ou exposition trop prolongée au soleil. Survenant au début uniquement à l’occasion des règles, elles se sont par la suite rapprochées. Elles débutent par une sensation de râles dans la poitrine, puis apparaît la dyspnée, restant d’ailleurs toujours relativement modérée et durant de 10 minutes à une demi-heure. Après la crise on note parfois une expectoration peu abondante. Ces crises se reproduisent généralement durant trois ou quatre jours. Elles sont influencées très nettement par l’éphédrine qui les fait avorter.

Après 3 mois 1/2 de séjour en sanatorium, la malade revient à Paris. Elle se repose et à ce moment elle engraisse notablement. Cette augmentation de poids, qui, au dire de la malade, aurait été de 16 kgs correspond à une augmentation de fréquence des crises d’asthme, crises devenues presque quotidiennes, avec persistance de dyspnée légère entre les crises.

Au mois d’avril 1935 : épisode infectieux, qualifié de grippal, avec température à 40° pendant deux jours, ayant entraîné un alitement de 3 semaines, de l’amaigrissement et de la fatigue. Cependant que les crises d'asthme restent assez fréquentes. Au bout de ce temps, en avril 1935, elle revient à la consultation de Laënnec où l’on note pour la première fois la présence de bacilles de Koch dans les crachats, à l’examen direct. On n’y trouve pas d’éosinophiles.

On tente à nouveau la chrysothérapie sous forme

Std

d’allocrysine à 0 gr. 05 bi-hebdomadaire. On lui fait 21 injections et elle présente au cours de ce traitement, au début, un léger mouvement fébrile à chaque injection, puis des aphtes buccaux, une desquamation du nez et enfin de la diarrhée.

Durant toute cette période les crises n’ont pas diminué de fréquence.

À l'heure actuelle, elle va bien, maintient son poids et ne fait pas de fièvre, mais elle présente encore des crises d’asthme.

On note au point de vue pulmonaire, outre une légère submatité des sommets, quelques râles fins sous la clavicule gauche. A la radiographie, on retrouve l’aspect antérieur. On note en outre la présence d’un ganglion dans le creux sus-claviculaire droit.

Et surtout il existe des signes attirant l’attention vers le foie :

— Alternatives de diarrhée et de constipation par crises.

— Douleur sous-hépatique spontanée irradiant en arrière dans le côté droit, et douleur à la pression très nette dans la région vésiculaire.

Le foie ne déborde pas les fausses côtes.

— Certains aliments gras, les œufs, etc, sont particulièrement mal tolérés. Notons enfin que les crises d'asthme, tout en restant influencées dans leur apparition par le brouillard et le froid, par les époques menstruelles, surviennent plus particulièrement aussi lors des : périodes de troubles hépatiques.

Ces troubles, plus nets depuis quelque temps (à la suite d’ingestion d'huile de foie de morue au dire de la malade) existaient néanmoins depuis très longtemps (plusieurs années).

Equivalents et parentés morbides.

En janvier 1934, au moment des règles, la malade

2 Hb0E

présenta une poussée d’urticaire généralisée avec démangeaisons, œdème des lèvres et de la face, sensation d’étouffement. Pas de fièvre. La durée fut de deux jours.

La malade n’a jamais présenté ni eczéma, ni toux et coryza spasmodique, par contre elle signale des migraines ophtalmiques fréquentes, datant de sa jeunesse, et qui souvent précèdent les crises d’asthme.

Antécédents :

— Héréditaires : Son père est mort de congestion cérébrale. Sa mère est bien portante. Pas d’asthme. Par contre, les grands-parents maternels étaient tous deux asthmatiques. Sa sœur a fait à 13 ans 1/2 une entérite tuberculeuse.

— Personnels : À 16 ans : une congestion pulmonaire droite, ayant duré 3 mois et nécessité un séjour à la campagne de 6 mois. En 1927, fatigue avec un peu d’oppression pendant une semaine, le médecin parle de bronchite chronique. En 1932 : fatigue et fièvre à la suite d’un coup de soleil.

Examens de laboratoire :

9 novembre 1935 :

Glycémie : 0 gr. 90.

Acide urique : 0 gr. 060.

Cholestérine du sang : 1 gr. 80.

Urée sanguine : 0 gr. 25.

Urines :

Urée : 5 gr. 25 par litre.

Coefficient de Maillard : 3,5 %.

Coefficient de Maillard corrigé : 7,2 %.

25 octobre 1935 : Eosinophilie sanguine : 2 %,.

Examen de crachats : Pas de bacilles de Koch à l’examen direct. (On n’en a trouvé qu’en avril 1935).

9 novembre 1935 : Métabolisme basal : 40,4 % (augm. de 10,6 %).

15 novembre 1935 : Cuti-réaction à la tuberculine : légèrement positive.

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Obs. II, — Mile F..., 32 ans.

La malade est suivie au Dispensaire Léon Bourgeois depuis juin 1930 pour tuberculose pulmonaire ulcérofibreuse bilatérale.

A la radioscopie on note à ce moment :

A droite : des taches et marbrures du lobe supérieur avec une caverne, contractile à la toux et barrée par l’ombre de la clavicule.

A gauche, des taches et marbrures non homogènes du lobe supérieur.

On note des bacilles de Koch dans les crachats à l'examen direct.

D’août à octobre, elle séjourne à Brévannes et en sort peu améliorée, avec une température toujours irrégulière, atteignant parfois 38° le soir et une expectoration peu diminuée. ;

Une série d'’injections de crisalbine est arrêtée à la sixième, à la suite de diarrhée.

Envoyée alors à la Tuyolle pendant 6 mois, elle en sort en mai 1931 : on constate à la radioscopie une diminution des taches des deux côtés, la persistance d’une grosse spélonque du sommet droit.

Au début de 1932, on réentreprend une nouvelle série de sels d’or. |

En 1933 : épisode pulmonaire aigu étiqueté congestion pulmonaire gauche avec toux et expectoration abondante et température à 39° pendant quelques jours. Pas de bacilles de Koch dans les crachats.

En novembre 1933 : on lui fait une série d’allocrysine de 5 gr.

En novembre 1934, après une série de sel d’or insoluble en injections intra-musculaires, elle présente 2 hémoptysies et pour la première fois des crises d’asthme. Elle est toujours fatiguée el subfébrile.

A l'examen on note des bruits adventices secs aux deux sommets en avant et en arrière.

Radiologiquement, on note: à droite, une diminution de transparence de l’apex, avec quelques taches rétro-claviculaires. Le sinus cardio-phrénique droit est comblé et il existe à ce niveau une plage d’opacité relativement dense à limite supéro-externe.

A gauche, légère rétraction thoracique, plage d’ombre dense coupant l’apex, avec une autre plage non homogène dans la région intercléido-hilaire.

Séjour de 5 mois à Amélie-les-Bains en 1934-35.

Le 28 mai 1935, on retrouve le même aspect radiologique avec une opacité plus dense en rapport avec le processus de sclérose. Persistance de toux et expectoration. Bon état général et apyrexie permanente.

Les crises d'asthme ont donc débuté après chrysothérapie en même temps que les hémoptysies.

Elles s’exagèrent et s’aggravent dans les 8 jours qui précèdent les règles, lesquelles duraient autrefois 10 à 12 jours. L’altitude, le brouillard et l’humidité favorisent l’apparition des crises. Elles s’accompagnent d’une expectoration dans laquelle on notait par intermittences la présence du bacille de Koch.

En même temps que les crises, sont apparus :

— Des troubles des règles, diminution d’abondance et de durée, avance de 8 à 10 jours.

— Des troubles de la série thyroïdienne : bouffées de chaleur, très légère exophtalmie, surtout au moment des règles. Insomnies, cauchemars, tremblement léger des doigts.

— Des troubles digestifs : constipation datant de longtemps. Hémorroïdes.

Actuellement on note chez une malade floride (62 kgs 500) de l’hippocratisme des doigts.

Au point de vue pulmonaire : de la matité des deux

sommets, avec respiration diminuée à ce niveau, ainsi qu'aux bases. Quelques râles de bronchite aux bases.

En outre, tremblement, légère exophtalmie.

Pouls : 88.

Tension artérielle : 17-11 à l'appareil de Vaquez. Cœur régulier normal.

Le foie semble normal.

Un examen oto-rhino-laryngologique a montré un coryza entretenu par une déviation de la cloison, sans sinusite, avec légère congestion du sinus maxillaire gauche.

Antécédents : Père mort de tuberculose alors qu’elle avait 5 ans.

Mère hémiplégique depuis la ménopause.

Un frère mort de tuberculose pulmonaire.

Un autre frère atteint de la même affection en sanatorium.

Une sœur fragile et très nerveuse.

Antécédents personnels : Terreurs nocturnes.

Examens de laboratoire :

5 novembre 1935 :

Glycémie : 0,88.

Acide urique : 0,047.

Cholestérine : 2 gr. 12.

Urée sanguine : 0,31.

Urines :

Coefficient de Maillard : 4 %.

Coefficient de Maillard corrigé : 5,7 %.

31 octobre 1935 : Métabolisme basal corrigé en te-

nant compte de la température : normal.

Obs. HI. — M. L.., 31 ans.

Le malade a été atteint en 1923 d’une pleurésie sérofibrineuse droite, ayant nécessité 4 ponctions évacuatrices. Après 4 mois de traitement à Saint-Antoine, il sé-

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journe 1 an à la campagne. Il est réformé à l’entrée au corps. Pendant près de 10 ans, il ne présente aucun trouble notable, mais dès 1924 : troubles digestifs, quelques douleurs légères.

En septembre 1932 il présente une crise d’étouffement, gêne expiratoire, puis refroidissement des extrémités avec fourmillements vers la racine des membres. Le malade signale une petite perte de connaissance durant une à trois secondes. Puis la sensation de gêne expiratoire réapparaît avec les mêmes fourmillements. La crise dyspnéique s’atténue peu à peu.

Le 10 octobre 1932 il présente une hémoptysie sans fièvre ni amaigrissement. On le traite par des injections de crisalbine (2 séries de 3 gr. 50). A la suite, il présente une forte poussée d’eczéma. Depuis l’apparition de l’asthme (septembre 1932), il présente un poids stationnaire. À peu près tous les ans il fait une crise légère au changement de saison (printemps-automne). Il a fait deux autres crises dyspnéiques en septembre et octobre 1935 avec persistance d’un peu de gêne respiratoire pendant 3 ans, surtout le soir, peu améliorée par l’éphédrine, un peu plus par la teinture de belladone. L’influence du froid, de l’humidité et du brouillard est très nette sur l’apparition des crises. Peu d’expectoration à la fin des crises, mais très souvent elles se terminent par des vomissements de mousse blanchâtre. Le pouls serait ralenti à 60 pendant les crises.

Depuis 1923 on note en outre des troubles digestifs : ballonnement abdominal après les repas, nausées et vomissements loin des repas (10 à 12 heures après), d’aliments non digérés. Alternatives de diarrhée glaireuse et de constipation : durant 4 ou 5 jours chaque. Quelques douleurs épigastriques.

Il est en plus extrêmement émotif, présente de l’insomnie, des rêves, surtout avant les crises.

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