‹ Terrain asthmatique et tuberculoseChapitre 25 sur 26 · III. — Au point de vue pathogénique · texte numérisé non relu

III. — Au point de vue pathogénique

a) Le facteur local, essentiel dans tout asthme, est représenté lorsque là tuberculose coexiste avec lui, par une épine irritative scléreuse qui, parfois, domine la scène, qui, parfois, peut être minime et passer inaperçue. Dans certains cas, il pourrait n’y avoir qu’une simple sensibilisation locale aux toxines tuberculeuses.

b) Le terrain asthmatique peut agir sur la tuberculose en conditionnant sa nature fibreuse et souvent atténuée : théorie de l’antagonisme qui nous semble répondre aux faits cliniques.

c) La tuberculose peut agir sur le terrain de l’individu :

— d’une façon indéniable, par le traitement qu’on

dirige contre elle :

— soit par la cure de suralimentation et de sédentarisme dont les effets dépassent le but,

— soit par les modifications humorales apportées par un traitement chrysothérapique ;

— peut-être la tuberculose agit-elle sur le système vago-sympathique et sur le milieu humoral, directement par ses toxines ; mais cela ne saurait répondre à la majorité des cas, où le terrain est d'ores et déjà manifeste avant que la tuberculose n’intervienne ;

— peut-être agit-elle par sensibilisation aux toxi-

nes tuberculeuses : la tuberculinothérapie reste

OT

cependant dans beaucoup de cas un argument douteux, tant dans ses résultats que dans sa signification.

La tuberculose interviendrait donc :

— surtout et presque exclusivement par action locale (épine irritative respiratoire presque toujours) ;

— parfois à titre de facteur altérant du terrain ;

— parfois à titre de facteur de sensibilisation.

Mais il nous semble impossible de décrire un asthme dit « tuberculeux », où la tuberculose jouerait tous les rôles : local, altérant du terrain et déclenchant par sensibilisation tuberculeuse.

De même il nous semble impossible d’étendre à tous les asthmes une étiologie tuberculeuse, même accessoire, sous prétexte que dans quelques cas la tuberculose peut être en latence chez des asthmatiques et qu’un jou: elle se réveille : c’est le cas de tous les réveils de tuberculose, qu’il y ait asthme ou non.

Il nous semble au contraire beaucoup plus logique de penser que si la tuberculose a toujours une allure plus ou moins atténuée chez lasthmatique, c’est que le terrain favorable à l’asthme l’est peu au développement de la tuberculose. Peut-être la modification de l'équilibre humoral par un facteur hépatique ou endocrinien joue-t-elle un rôle empêchant vis-à-vis de la tuberculose.

On ne peut se défendre de rapprocher ce facteur

M: Nue

hépatique presque constant chez tous les asthmatiques, du retentissement hépatique certain de la cure de suralimentation chez les tuberculeux, qui peut guérir la tuberculose et favoriser l’apparition de

l’asthme.

Vu : Vu :

Le Doyen, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, ROUSSY. F. BEZANÇON.

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