‹ Terrain asthmatique et tuberculoseChapitre 6 sur 26 · HISTORIQUE ET CONCEPTIONS PATHOGENIQUES · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET CONCEPTIONS PATHOGENIQUES

La première théorie défendue à propos des rapports de l’asthme et de la tuberculose fut celle de l'antagonisme, conception logique, car les auteurs : Pidoux, Guéneau de Mussy, ignoraient la tuberculose fibreuse ; ils énonçaient un fait d'observation vraie, à savoir l’antagonisme évolutif entre tuberculose banale et asthme.

Une réaction contre cette théorie se fait jour avec Trousseau, Germain Sée. La coexistence des deux affections est admise. Pujade (thèse, 1879) décrit une forme asthmatique pure de la tuberculose. La notion de tuberculose fibreuse est mise en évidence par L. Bard dans sa thèse (Lyon, 1879) : « De la phtisie fibreuse chronique. Ses rapports avec l’emphysème et la dilatation du cœur droit ». Landouzy pense que la tuberculose, non seulement peut coexister avec l’asthme, mais que cela est très fréquent. « Très souvent, dit-il, la tuberculose se cache chez l'asthme réputé le plus franc » et « la crise d’asthme apparaît, pour Landouzy, comme une manifestation de chose anaphylactique d’origine toxinique tuberculeuse » (Sergent).

A la notion classique de l’asthme antagoniste de la

tuberculose a donc succédé celle de l’asthme toujours : ou presque toujours tuberculeux.

Actuellement, si la théorie de l’antagonisme a encore ses partisans, les auteurs admettent en général que la tuberculose peut jouer un rôle dans l’étiologie de certains asthmes.

Rôle local, incontesté admis à la suite de Bezançon et de Jong (épine irritative) ;

Rôle dans la constitution du terrain asthmatique, beaucoup plus hypothétique ; |

Rôle spécifique, enfin, par sensibilisation aux toxines tuberculeuses, asthme tuberculeux proprement dit.

IL. — Théorie de l’antagonisme. — Certains auteurs (J. Sédillot) persistent à penser qu’il est à peu près absolu, se basant, pour laffirmer :

Sur la rareté de la constatation de bacilles de Koch dans l’asthme ;

Sur la rareté de la tuberculose évolutive. banale chez les asthmatiques ;

Sur l’absence d'évolution simultanée des deux affections ; /

Sur lexistence de véritables formes à bascule, l’asthme cessant aux poussées tuberculeuses, reprenant à leur guérison. Pour la première fois, ces formes furent observées et décrites par Brissaud, puis reprises depuis par Delthil.

La plupart des auteurs sont moins catégoriques et pensent que cet antagonisme d'évolution clinique existe. Bezançon et de Jong signalent la rareté de la

tuberculose bacillifère et l’allure souvent fibreuse, congestive, discrète qu’elle prend chez les asthmatiques.

Léopold Lévy pense qu’un fléchissement de l’organisme, une virulence accrue du bacille de Koch peuvent être à la base d’une poussée évolutive tuberculeuse. |

Mélamet, Montcorgé se rallient à cette manière de voir.

II. — Mais s’il y a antagonisme évolutif, il n’en reste pas moins que la tuberculose joue un rôle certain dans la genèse de certains asthmes.

A. — Rôle local. — Le rôle local de la tuberculose est de tous le mieux connu. La théorie de l’épine irritative pulmonaire est admise par la plupart des auteurs, à la suite de Bezançon et de Jong : ils ont montré que la coexistence de la tuberculose avec l’asthme est le fait de formes fibreuses qui agissent en localisant sur l'appareil respiratoire l’expression d’une diathèse dans la création de laquelle elle n’intervient pas.

Danielopolu pense que le facteur local est, pour la tuberculose, le fait de deux mécanismes :

— Le premier, celui de l’épine inflammatoire (lésion sclérosante produisant des altérations des filets nerveux très évidentes sur des coupes ; c’est le mécanisme qui intervient exclusivement dans les cas d'asthme chez les gazés ou les blessés du poumon) ;

— Le second serait un mécanisme de sensibilisa-

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