‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 16 sur 211 · F. COLLECTIONS GÉOLOGIQUES · texte numérisé non relu

F. COLLECTIONS GÉOLOGIQUES

1. La plus importante des collections de Moscou est, sans contredit, celle de S. E. M: Fischer de Waldheim. Elle est d’une très-grande richesse et renferme la plus grande partie des originaux reproduits dans l'Oryctographie. Malheureusement une partie de ces objets ont disparu dans l'incendie de Moscou.

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2. Collection de la Société provenant des dons de S. E. M: Fischer et de ceux de MM. Frears, Olivieri, Auerbach, Fahrenkohl, Rouillier et quelques autres personnes.

3. Collection de l’Université provenant principalement des dons de S. E. M. Fischer et des pièces données par la Société. Elle est surtout riche

en ossements de grands animaux.

À. Collection de M. Frears extrêmement riche en échantillons choisis du jurassique , malgré de

nombreux envois faits en Angleterre.

5. Collection de M". Fahrenkohl remarquable surtout par la beauté des pièces provenant du troisième étage aux Ammonites carinés. M." Fahrenkohl a fait plusieurs envois à Berlin.

6. Collection de M. Auerbach intéressante en ce qu'elle présente plusieurs pièces du 4° étage jurassique ou à minéral pisiforme.

7. Nous possédons nous-mêmes une collection assez riche en échantillons provenant en grande partie du carbonifère.

NB. Des échantillons choisis de la collection de M. Auerbach et de la nôtre ont été, d’après no< tre désir, envoyés par la Société à M." de Buch à Berlin.

Ce savant naturaliste a recu également de MM. de Fischer et Altmann plusieurs pièces provenant des terrains de Kharachovo. Les environs de Moscou ont fourni à M. Pander des échantillons recueillis par

ce savant; M. Jazikow s’est aussi occupé avec succès de notre gouvernement. Le corps des Ingénieurs des mines est aussi possesseur de fossiles

recueillis par ses ofliciers.

Ces détaiis sur les cartes et les collections du gouvernement de Moscou paraîtront peut-être minutieux ; nous prions nos lecteurs de vouloir bien nous les pardonner, nous avons cédé à la conviction qu'ils pourraient être utiles à quiconque voudra s'occuper d’un travail géologique et paléontologique plus complet sur cette partie de l'Empire.

Seconde Partie.

CouP-D’OEIL GÉNÉRAL SUR LE COUVERNEMENT (*).

Quiconque étudie les accidents de la surface du sol dans notre gouvernement et examine les roches qui la composent, est frappé surtout par quatre genres de phénomènes très prononcés :

1. Le sol s'élève fréquemment en monticules dont ja hauteur audessus du niveau général du

gouvernement est souvent considérable.

9, Le sol est souvent creusé en vallées étroites et sinueuses.

3. Le diluvium qui recouvre tout le gouvernement se montre sous deux aspects parfaitement

(*) Rouillier: Gazette de Moscou 1845, N° 128 et 133.

distincts: c’est tantôt une argile tenace, tantôt un sable meuble.

4. Les caractères physiques du sol changent à vue-d’œil à l'époque historique. |

Ces quatre genres de phénomènes, qui appartiennent aussi bien au gouvernement de Moscou qu’à ceux qui l’avoisinent, exercent nécessairement une grande influence sur l’homme qui est venu habiter ce sol, et méritent notre attention, même sous le rapport historique.. Enfin ces phénomènes sont souvent le résultat d'une même cause, et, par conséquent, se tiennent étroitement entr’eux.

Les Monticules.

La partie nord-ouest de notre gouvernement est, en général, plus élevée que les autres; des monticules assez élevés longent notre rivière et ses nombreux affluents. Aussi les districts de notre gouvernement qui sont rapprochés de la parte supérieure du cours de la Moskva ont-ils un aspect particulièrement pittoresque, et mériteraient la dénomination de Suisse Moscovite. Ceci a trait en général aux localités qui longent les routes de Pétersbourg et de Voskressensk, et surtout à celles de Zvenigorod et de Mojaïsk: car c'est entre ces deux dernières routes que se trouve le lit principal de la Moskva.

L'origine de nos monticules et de nos plateaux

élevés ne doit pas être attribué au soulèvement des couches, parceque celles-ci sont toujours horizontales comme partout ailleurs, dans notre gouvernement. Elle vient de l’accumulation des roches sur certains points, et de leur dénudation, sur d’autres.

La masse de ces hauteurs, ainsi que leurs pentes, consiste en argile diluvienne rouge, qui, à cause de l'emploi qu'on en fait, porte le nom d’Argile à briques: telles sont les rives escarpées de la Skhodnia, de la Moskva, les hauteurs de Tatarovo , de Vedensk ( Bexexckia rops), les Montagnes des Moineaux, qui, à ce que l’on prétend, présentent le point le plus élevé aux environs de noire capitale. Toutes les vallées, au contraire, les vallons, le lit de toutes les rivières, présentent un sable désaggrégé et jaunâtre. Ces deux roches, l'argile et le sable, appartenant l'une et l’autre au diluvium du nord, étaient certainement mélangées au moment où elles furent transportées. Mais comme otre gouvernement touche du côté du sud aux limites mêmes du courant du nord, ces deux roches, de données différentes, devaient prendre des positions différentes en raison même de leur densité et de leur ténacité. Comme ces roches n'avaient plus qu’une faible impulsion, l'argile, en raison de ses propriétés d’adhérer , devait rester sur les points où elle se déposait fortuitement ou s'attacher aux endroits élevés qu'elle rencontrait sur son passage ; tandis que le

sable, en sa qualité de roche éminemment mobile, passait pardessus l'obstacle , qui arrêtait l’argile, et pouvait même, après avoir été déjà déposé, être repris par quelque courant, pour être charrié dans les points les plus profonds du gouvernement. C’est un fait qui, tous les ans, se répète en petit lors de la crue des eaux.

Il est également évident que quelques-unes de ces inégalités doivent leur naissance à l’enlèvement des roches produit soit par l'action érosive et énergique des eaux du grand courant du nord, soit par l’action plus lente des eaux printannières.

1] est donc évident que ces monticules doivent la plupart du temps longer les rivières. Nous avons dit que dans notre gouvernement en général, et dans les hauteurs qui l'accidentent en particulier, les couches sont toujours horizontales. Pour prouver cette horizontalité dans une série de hauteurs creusées par des vallées, il faudrait pouvoir déterminer avec précision l'élévation devces couches audessus du niveau de la mer, et comparer cette élévation dans les couches discontinues, travail, qui dans notre gouvernement n’a pas encore été abordé. C’est à peine si nous connaissons le point le plus élevé dans la capitale même: on prétend généralement que ce point se trouve être la maison Biéloselski-Biélozerski, près Ja porte de Tver.

Répartition respective de l’Argile rouge et du Sable.

Ce fait a une haute importance pour les caractères physiques du sol, et pour l'emploi que l’homme fait de celui-ci.

1. Les Briqueries se trouvent généralement sur les collines et les plateaux élevés, où la substance principale, la terre glaise, abonde. Il suffit donc d'indiquer les lieux élevés du gouvérnement pour dire d'avance où les briqueries existent, et où il serait avantageux d’en établir ( ceteris paribus ).

9. Le sable diluvial, autre substance indispensable aux briqueries, se trouve dans les vallées, le lit des rivières, et les grèves applaties. Heureuses donc les briqueries qui se trouvent sur la pente des collines, qui, en s’applatissant jusqu'aux bords d’une rivière, reçoivent les sables que celle-ci charrie.

8. Outre les briqueries, les chaussées encore existent exclusivement aux dépens des roches diluviales ;: leurs cailloux roulés, leurs blocs erratiques, et leurs sables, voilà les matériaux indispensables aux routes. [lnous paraît que l’argile rouge est moins riche en roches solides que le sable (ce qui est tout-à-fait conforme à leur origime vraisemblable), et que les roches de ce dernier sont plus variées que celles de largile, où domine surtout le quartzite et le silex. Au moins

NU 1846, LREND)

l'exploitation des roches solides et du gravier présenta-t-elle bien plus de facilité dans le sable que dans l'argile. On comprend par ce que nous venons de dire pourquoi l’entretien des chaussées est moins onéreux dans les gouvernements à sol plat que dans les gouvernements accidentés par de nombreuses collines.

4. Jetons un coup-d’œil sur les matériaux amoncélés le long des routes pour ferrer celles-ci; nous y reconnaîtrons plusieurs variétés de granite, de diorite, et autres roches primitives. De-là la couleur bigarrée, rougeâtre des chaussées. Sur la chaussée de Toula, au contraire, pour le ferrement de laquelle on emploie les rognons siliceux recouverts d’une croûte calcaire, de la formation carbonifère, du district de Podolsk et de Serpoukhof, la couleur dominante est le blanc-grisâtre.

b. Dans les districts de Bronnitzi , et de Kolomensk, où l’on ne trouve en quantité suffisante ni roches solides dans le sable, ni rognons siliceux dans le calcaire de montagne à cause de la profondeur du gisement de celui-ci, il serait excessivement onéreux d'établir des chaussées macadamisés. Dans ces districts on ne peut guère se servir que du calcaire carbonifère, même pour ferrer les routes défoncées par le passage continuel des troupeaux que la Petite-Russie envoie aux Gouvernements septentrionaux. Des villes, comme Zaraisk et une partie de Kolomna, ne connaissent pas d’autres matériaux pour les chaussées.

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