‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 17 sur 211 · AT · texte numérisé non relu

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6. L'entretien des chaussées dans les districts montagneux, comme ceux de Bronnitzi, Kolomna, Podolsk, Serpoukhof, et autres, est encore plus dispendieux à cause de la rareté du sable.

7. Une autre cause de dégradation pour les chaussées, percées dans l'argile des districts montagneux, c’est le séjour des eaux pluviales dans les endroits défoncés par les pieds des bestiaux qu’envoie la Russie Méridionale à la Russie du Nord.

8. Enfin une dernière cause de dégradation dans les districts montagneux, c’est l’abondance des eaux printannières, leur accumulation dans les ravins qui les sillonnent, et la rapidité qu’elles acquièrent en raison de l'inégalité des lieux.

9. Cette répartition des deux roches du dilüuvium exerce aussi une influence notable sur l’agriculture. |

Sur les plateaux mêmes qui consistent en Argile pure et simple, la végétation réste toujours très-maigre. Sur les pentes où le sol devient plus perméable, et où le vent a moins de prise, elle acquiert de la force. Elle se développe le plus dans les plaines où le Sable s’unit à l’Argile, et dispa rait complètement sur les rives plates des cours d’eau, où le sable est trop mobile pour que les plantes puissent s’y fente] ny 4 guère qu’uné espèce de salix (Salix angustifolia) qui, grâces à ses racines longues et traçcantes, puisse s’y développer encore. C’est sur la culture de cette plan-

te que le Professeur Blasius a attiré l'attention, en lindiquant comme propre à immobiliser les sables.

10. Les sols cultivables du gouvernement de Moscou sont donc le Sable, l’Argile, et les mélanges en proportions diverses qui en résultent. Le calcaire marneux (Marne, calcaire lacustre ) et la tourbe ne sont pas considérés comme sols cultivables, le premier à cause de sa rareté , le second, à cause des dépenses que nécessiterait la culture. — Il serait du plus haut intérêt de dresser une carte de la répartition de ces roches diluviales sur la surface du gouvernement de Moscou et de ses alentours pour guider l’agrieulteur. Une carte semblable est déjà dressée pour la province de Brandebourg, en Prusse.

11. Dans les districts plats les rivières sortent de leur lit, lors de la fonte des neiges, inondent sans violence les plaines, et y laissent en se retirant un limon fertilisant. Les creux, les parties les plus basses gardent pour un temps assez long l'aspect de petits lacs. Ce sont ces plaines périodiquement inondées qui fournissent le meilleur foin. Les plantes y sont plus vertes et plus serrées, lors même que le sol est aride par lui-même.

12. Les districts et les localités moutagneuses présentent plus de facilité pour l’établissement d’un étang ou d’un puits que les plaines, en tant que celles-ci ne sont point marécageuses , l'argile retenant mieux l’eau que le sable.

13. Enfin, la répartition des deux roches diluviales peut servir à l'évaluation approximative des hauteurs locales du sol: ce qui peut être de quelqu'intérêt pour un géologue voyageur qui n’a pas d'instruments et qui va trop lentement pour qu'il puisse évaluer à l'œil les hauteurs respectives des lieux qu'il parcourt. Si, quittant un Sable meuble, il rencontre un sable auquel s’est mêlée de l’Argile, il peut être sûr que sa marche a été ascendante , et plus la proportion d’argile augmentera, plus aussi la hauteur de la localité sera-t-elle relativement élévée ; et vice versa.

Les vallées.

Le sol de notre gouvernement est diversement découpé par de nombreuses vallées qui, d’après ce que nous avons exposé plus haut, ne doivent pas leur origine à des soulevements ou à des déchirures de couches, produites par des soulevements, mais bien aux deux mêmes causes que les collines et les plateaux élevés susmentionnés. Car en les étudiant de près, on est frappé de plusieurs caractères qui leur sont communs:

1. Leur direction est généralement assez sinueuse, et l'intervalle entre les deux parois ne varie pas beaucoup. Les deux rives présentant la méme suite de roches sont peu escarpées et accusent Vaction érosive des eaux: caractère qui se répète dans leur lit actuel.

2. La direction générale des vallées et des cours d’eau actuels est la même. Les unes et les autres vont du: nord-ouest au sud-est.

3. Ces vallées convergent ordinairement vers la source des rivières ou débouchent dans le lit des cours d’eau, la plupart du temps, du côté du nord, ce qui, pour la Moskva , revient à la rive

gauche.

4. Au fond de ces vallées coulent quelquefois encore des ruisseaux, qui se dessèchent l'été.

5. Au fond et sur les pentes de ces vallées on trouve souvent des fossiles qui habitent encore maintenant nos eaux fluviatiles. Voyez plus bas.

Il ressort clairement de ce que nous venons de dire que nos vallées appartiennent au groupe des vallées d’érosion, qui sont formées par le courant des rivières, tant actuelles que disparues, par les pluies et la fonte des neiges.

6. Enfin la direction générale des vallées est toujours perpendiculaire ou oblique aux fentes principales de nos roches dures, le grès de Tatarovo et le calcaire carbonifère. 11 va sans dire que Îles rivières sont dans le même cas le plus souvent.

Nous nous contentons d’exposer le peu de renseignements que nous avons pu recueillir nousmêmes sur place, personne n’ayant, à notre con-

naissance, étudiée les vallées de notre gouvernement.

Variations de la forme du sol.

Les variations de la surface de notre gouvernement sont dues à différentes causes. Nous avons parlé dans notre Discours de celles qui proviennent des progrès incessants de la culture et de la population; nous y avons signalé la disparition graduelle des bois et des marais, la diminution continuelle des eaux et le nivellement progressif du sol, nous ren voyons donc nos lecteurs à ce discours, et à un travail étendu que nous compions publier sur les variations historiques du climat de notre gouvernement. Nous allons arrêter l'attention de nos lecteurs sur les variations du sol produites par des causes géologiques proprement dites.

Le fait naturel le plus saillant est certainement le recouvrement général de notre gouvernement par le diluvium. Les eaux printannières, entrainent dans leur cours ces roches meubles et désagrégées, font disparaitre peu-à-peu différents accidents du sol, emportent des monticules, comblent les vallées, et tendent par conséquent à niveler peu-à-peu le terrain. Ce phénomène devient d’autant plus sensible que les eaux pluviales sont tombées plus abondamment, et que les neiges se sont fondues plus rapidement. Cette action, quoique lente, mais repétée annuellement, produit des effets considérables.

Ainsi un des affluents de l'Oka, la Panphirofka, à deux ou trois verstes de Rézan, avait encore, il y a une vingtaine d'années, à en croire les habitans, une profondeur de trois ou quatre archines, et des bords: escarpées et couverts de bois. Maintenant c'est à peme si l’on y trouve une demiarchine d’eau; les bords sont presque plats et privés de toute végétation; le lit est tout-à-fait encombré de sables : aussi n'est-ce qu'avec les plus grands efforts que nous avons pu retrouver la couche jurassique qui affleurait auparavant, et qui a fourni à M. Vosinski les beaux fossiles dont nous parlerons plus bas.

* Le lit des rivières actuelles nous présente certainement les exemples les plus notables des variations de ce genre.

1. Un phénomène, presque constant dans la Russie centrale, est la grande différence des deux rives de nos rivières. La rive droite très-accideniée , est montagneuse, et couverte de bois; la rive gauche, au contraire, est basse et unie; la première offre les plus importantes carrières de calcaire, et les plus fortes accumulations de pierres roulées, ainsi que les briqueries; la seconde, les meilleures terres arables, et les plus belles prairies. C’est un fait qui a été observé pour quelques rivières de la Sibérie du nord par M.de Wrangel, et dans la Sibérie méridionale par M. Tschihatcheff. Il a été reproduit , du reste, sur toutes les cartes géographiques de la Russie cen-

trale, et n’a pas échappé à la sagacité de M. de Buchet de M. Blasius. La Russie centrale, au centre de laquelle se trouve Moscou, forme un vaste bassin dont la pente générale va du nordouest au sud-est, vers la mer Caspienne, qui au SE de la Russie occupe le point le plus profond du continent (ce qui prouve que c’est là un point excessivement déprimé, c’est que la mer Caspienne conserve encore ses eaux, malgré la disparition de la communication qui existait entre la mer Caspienne et la mer Noire). Cette direction de la pente de notre bassin coincide avec celle qu’on attribue au grand courant diluvien du nord. Il était donc naturel que les eaux courantes se portassent vers la même direction, et qu’en rencontrant un obstacle sous forme de colline ou de plateau élevé, elles contournassent l’obstacle, lorsque la diminution de leur force d’impulsion les empêchait de la vaincre , et qu’elles déviassent de plus en plus vers la mer Caspienne, en suivant une ligne diagonale. Cette hypothèse acquiert encore plus de vraisemblance, si l'on prend en considération la faiblesse de la pente générale .de notre bassin , qui ne permet point aux eaux de forcer les obstacles solides qu’elles rencontrent, tels que le calcaire de montagne, quoiqu’en général elles coulent plus souvent dans des roches meubies. ( La faible pente et la mobilité du terrain en général explique la sinuosité de nos cours d’eau.) La rive méridionale , (ce qui revient à la rive

droite dans notre bassin } doit donc être la rive la plus haute. Si les eaux coulaient dû Sud-Ouest au Nord-Est, il est probable que ce serait la rive gauche des rivières qui serait la plus élévée. C’est ce qui arrive pour nos rivières, lorsque, sur une certaine étendue de leur cours, elles changent ainsi de direction. Ainsi à Protopopova, près de Kolomna, où l’Oka a pris la direction du Sud- Ouest au N. E. c’est la rive gauche qui présente l’élevation la plus grande (17 sajènes audessus duniveau de la rivière ), et où s’exploite le marbre qui orne la Cathédrale consacrée au Sauveur ; mais, à deux verstes en avant de Protopopova, près du monastère de Serge Goloukhvinski, l’'Oka, après avoir réuni à ces eaux celles de la Moskva , reprend la direction générale du bassin, et dès lors la rive droite, où se remarque la villa de M. Gouberti, redevient la plus haute. Nous n’attachons à cette explication qu'une importance relative.

2. Les coudes brusques de nos rivières sont produits le plus souvent par les obstacles qu’elles rencontrent sur la rive droite.

3. La profondeur la plus considérable se trouve toujours du côté de la rive droite (ce que, chacun pourrait énoncer en se rappelant le dicton: la profondeur est toujours près de l’escarpement ).

4. Comme, d'après ce que nous avons dit de la pente de notre bassin, c'est sur la rive droite que se fait sentir l'impulsion des eaux de nos

fleuves , c’est aussi sur cette rive que ‘s'exerce le plus violemment leur action érosive. Les dégradations que cette ‘rive éprouve continuellement augmentent surtout à l’époque de la crue périodique des eaux, lors de la fonte des neiges. A l’action des eaux vient s’ajouter alors celle des glaces qu’elles charrient, et l'impulsion que les glaces acquièrent sous l’influene du vent. Aussi les propriétaires de la rive droite des fleuves perdent-ils annuellement une certaine surface de terrain, et des villages autrefois éloignés des cours d’eau, se voient-ils menacés de plus en plus par le rapprochement des rivières. Des dégradations de ce genre ont un caractère menaçant sur la rive droite de la Moskva, près de la montagne des Moineaux. ñ

5. Mais, en revanche , les eaux , obéissant aux vents du printemps, exercent sur la rive gauche uñe action non moins violente. Après s'être lancées de toute ieur force d’impulsion sur la rive droite, elles sont repoussées sous un angle égal, et se fraient très souvent un nouveau lit à travers le terrain applati et meuble de la rive gauche. Les habitans des campagnes connaissent très bien ces variations subites dans le cours des rivières et leur ont donné un nom particulier : epepea, ce qui peut se traduire par le mot de percée. Il y a quelques années encore, la Moskva coulait au pied même du mur d’encemte du Monasitère de S° Nicolas (Mouacrups Huxoïm Craparo ) ;

depuis, elle s’est dirigée vers le viliage de Kolomensk, en laissant le monastère à un quart de verste de sa rive droite. Maintenant les habitans appellent ce monastère [lepepszuneroï monacrmpr. Cette dénomination rappelle le brusque abandon du monastère par la rivière, et ne peut guère être traduite que par «le Monastère abandonné.» Nous avons eu occasion de constater un fait analogue, mais plus prononeé encore, à douze verstes environ de Rézan, sur l’Oka. La rivière coulait,il y une quinuzame d’années, entre le Monastère de Saint-Oleg, dont il baignait le mur d’enceinte, et une petite forêt de sapins garnissant sa rive gauche. Un beau jour, la rivière fit une percée derrière la forêt, et transforma celle-ci en un ilôt. Cette percée, peu considérable d'abord, s’agrandit peu-à-peu, et fit diminuer le volume des eaux dans le lit primitif; 1l est probable même que dans un laps de temps assez court le lit ancien se desséchera complètement et la forêt se trouvera rejetée sur la rive droite du fleuve.

6. Plusieurs cours d’eau, du nom desquels les habitans se souviennent à peime, existaient dans la capitale, et dans ses alentours, il n’y a pas très- longtemps. Ainsi, dans la capitale même ‘4 nous. pourrions citer les noms d’ane dizaine de rivières, les unes, tout-à-fait comblées , les autres, coulant dans les égoûts de la ville.

7. Des rivières, qui débitaient plus d'eau que n’en débite maintenant la Moskva elle-même, sont

presqu'entièrement desséchées. Voyez, par exemple, la Skhodnia, qui, après avoir longé la route de Pétersbourg, vient se jeter dans la Moskva, près de Touchino. On n’a qu’à examiner la largeur de son lit, l’escarpement de ses rives, et les traces de l’action érosive des eaux qui y ont coulé , pour être convaincu que le volume des eaux qu'elle roulait a surpassé le volume actuel

des eaux de la Moskva.

9. Ce qui prouve que nos cours d’eau étaient jadis plus abondans et plus larges, c’est la disparition des îles dont leur lit était semé. Des documents historiques constatent l'existence d’iles dans la capitale même, de plusieurs qu'on ne retrouve plus maintenant. Ainsi, un plan de Moscou, qui date de 1811, indique dans le lit de la Yaousa, entre l'embouchure de deux petits ruisseaux, un ilot de 120 mètres de longueur sur 80 de largeur; à l’embouchure même de la Yaousa, celle-ci présentait plusieurs ilôts, sur l’un desquels était bâti un édifice servant de bain à la Maison des Orphelins. Une autre île plus considérable (350 mètres de longueur ) est signalée sur le méme plan, dans le lit de la Moskva, en face du Kremlin, vers la première embouchure du canal d’évacuation de la rivière.

10. Un fait notable encore, c’est le changement de composition chimique des eaux de notre gouvernement. À une époque géologiquement récen-

te, ces eaux contenaient en dissolution tant de chaux ou perdaient si vite l’acide carbonique -qu’elles déposaient la première dans leur hit. C'est là, du moins, la seule manière d'expliquer la formation des couches de tuf calcaire que nous trouvons dans le lit, et sur les bords de nos rivières (la Mojjenka, la Jernovka, la Moskva, etc... (Voyez plus bas ).

11. La présence de ce tuf calcaire peut, à ce qu'il nous semble, indiquer les lieux autrefois occupés par nos eaux courantes; il est certain, du moins, que la présence de ces couches n’a été signalée que dans le lit et sur les bords des rivieres, où dans les vallées d'érosion qui y débouchent. Ainsi, d’après ces probabilités, nous croyons pouvoir dire que la Moskva a occupé autrefois, soit simultanément, soit à des époques différentes, tout l’espace compus entre les prairies appelées Loujniki, et le pied du gradin le plus élevé de la montagne même des Moineaux. La rivière a donc coulé plus haut que la place même qu’on avait choisie d’abord pour: asseoir les fondations du Temple consacré au Sauveur: ce qui explique pourquoi les architectes n’ont pas trouvé le sol suffisamment solide pour l’ouvrage projeté. Ajoutez à cela ce que nous avons dit plus haut sur les dégradations exercées par les eaux sur la rive droite de nos fleuves, et l’on concevra parfaitement les raisons qui ont fait abandonner le projet primitivement adopté d’asseoir près de la montagne des

Moineaux cet édifice, dont les dimensions devaient répondre à la grandeur de sa destination,

12. On peut donc établir, comme règle générale, que les plateaux élevés de la rive droite ne présentent pas assez de sécurité pour l’établissement d’édifices importants, à moins que le pied baigné.de ces plateaux ne consiste en une roche solide, telle que le calcaire de montagne.

13. Les animaux habitant les cours d’eau de notre gouvernement ont subi autant de variations que les eaux elles-mêmes. 11 est certain, du moins, que la plupart de ceux qui les habitaient autrefois ne les habitent plus maintenant. Ainsi aucun des univalves que nous avons trouvés dans le calcaire qu’a déposé la rivière, pas plus que l’unique bivalve (Cyclas cornea), n'habite plus les eaux fluviatiles de notre gouvernement, ou, du moins, ne s’y trouve que très rarement. Ces mollusques sont, au contraire, très-abondants dans les eaux stagnantes, qui manquent à leur tour des Unio etsouvent des Anodonte, seules coquilles des eaux courantes actuelles. La présence des univalves est donc un caractère très-tranché des eaux stagnantes, et celle des Bivalves, un caractère appartenant presque exclusivement aux eaux courantes.

14. Les eaux fluviatiles d'autrefois étaient plus chaudes que celles d’à-présent.

En comparant les eaux stagnantes aux eaux courantes, nous remarquons que la température des premières doit être plus élevée que celle des secondes.

En effet, comme les eaux stagnantes sont immobiles, et sont, en raison même de leur immobilité, moins exposées à l’action évaporante de l’air contre l'influence duquel elles sont protégées du reste ; par leur position même, en général, elles conservent une température plus chaude. Le développement de la vie végétale, dans les eaux tranquilles, et par suite, celui de la vie animale, la respiration des êtres vivants qu’elles nourtissent, et la putréfaction de ceux qui périssent, contribuént à en empêcher le refroidissement. Outre cela, ces eaux sont toujours plus troubles et plus lentes que les autres, et par conséquent, tout en absorbant plus de chaleur solaire, elles en perdent moins par le rayonnement. Donc les animaux qui habitent les eaux stagnantes ont besoin d’une température plus élevée que les animaux de nos eaux courantes. Leur présence dans les eaux fluviatiles d'autrefois accuse dans celles-ci une température semblable à celle de nos eaux stagnantes, et par conséquent plus élevéé que celle de nos rivières. Cette conclusion nous semble justifier par ce fait que le gouvernement de Moscou était autrefois couvert de bois qui a presque disparu maintenant, et qui protégeait les eaux contre l’action évaporante, et, par conséquent, refroidissante des vents.

Enfin un dernier argument en faveur de la plus haute température des eaux à une époque plus reculée, c’est que les eaux étaient alors plus abondantes, et par conséquent plus profondes. Or,

jusqu'à une certaine limite les eaux profondes sont plus chaudes que les eaux très basses : ce qui ressort des lois de la repartition de la chaleur dans les eaux et les continents des zônes tempérées. Les Français viennent de faire une application très-belle de ces mêmes lois dans la navigation. Comme, sur les bancs de sable, la mer, à une certaine -profondeur, est plus froide qu’à la profondeur correspondante dans les endroits libres, ils ont imaginé d'adapter au vaisseau un thermomètre, où l’on püt voir les abaissements de température, et par là, le voisinage des bancs.

( La suite au prochain N°.)

GC. Rouizier.

Ns IL 1846. 91

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