PAR
J. Auersacn ET H. FRears.
Cet ouvrage important, qui a projeté de si vives lumières sur plusieurs parties naguères encore obscures de la Géologie de la Russie, devant servir désormais de base à toute recherche ultérieure sur cet objet, il nous a paru nécessaire de relever les quelques erreurs qui s’y sont glissées, d’autant plus que nous y avons peut-être involontairement contribué nous-même, soit par des notices qui n’étaient pas suflisamment détaillées, soit par des dessins qui pouvaient induire en erreur, parce qu'ils avaient été faits sur des échantillons. incomplets.
La première objection que nous nous permettons de faire concerne le résumé par lequel Mr.
d'Orbigny termine son article sur les fossiles du système jurassique en Russie (11, 487 ); il les classe en trois groupes différents, correspondant à autant de subdivisions de son étage oxfordien ou bien au Kellowayrock, Oxfordclay , Coral-rag et coralline oolite des Géologues anglais, mais des recherches soigneuses, suivies pendant plusieurs années et en beacoup de localités du Gouvernement de Moscou, nous mettent à même de prétendre qu'une telle parallélisation de nos terrains Jurassiques avec les mêmes formations à l’étranger ne peut pas être rigoureusement poursuivie, mais qu'au contraire beaucoup de fossiles, que Mr. d’Orbigny cite comme appartenant à des étages différents, se trouvent chez nous réunis en | grand nombre dans une même couche, tandis que d’autres, rapprochés par Mr. d'Orbigny, ne se rencontrent réellement chez nous que dans des couches parfaitement distinctes l’une de lautre, Ainsi par ex. le Belemn. absolutus Fisch., la Lyonsia Aldouini d'Orb., la Perna quadrata Sow. de l’étage oxfordien inferieur, l’Astarte Duboisina d'Orb., la Trigonia clavellata Park. de l'étage oxfordien moyen et enfin /’Ammonites biplexæ Sow. et la Lima rudis id. de l'étage oxfordien supérieur se retrouvent dans une même couche (notre N° 3, v. plus bas) soit à Khorochowo, soit à Mnevniki eic.; la Trigonia clavellata Park., le Pecten nummularis Phil., la Lima consobrina d’'Orb. se irou-
vent communément ensemble avec la Trigonia
costata Park. ('T. elongata, Sow? du grès vert, d'après d'Orbigny ) lAmmonites Kônigii Sow. le Pecten demissus Bean., la Terebratula oxyoptycha Fisch., Ter. ornithocephala Sow. (Ter. Royeriana d’Orb. ) dans la couche de Khorochowo, que nous désignons par le N° 4. D'un autre côté, jamais nous n’avons pu observer ensemble l’Ammonites cordatus Sow. ou la Grypeaha dilatata id. avec la Trigonia clavellata Park. ou le Pecten nummularis Phill., ni des Ammonites carinés telles que À. Brightii Pratt., À. Lamberti Sow. (A.
Leachi d’Orb.) 4. Iason Zieten, avec l’Ammonites Kônigii Sow., la Trigonia costata Park., les Pecten et les Térébratules déjà citées etc. — L’Ammonites Kôünigii Sow. cité par Mr. d'Orbigny pour les couches inférieures, n’a été réellement rencontré chez nous que dans les couches supérieures (nos N° 4 et 5), tandis qu’au contraire l'Ammonites biplex Sow. et la Lima rudis id., placés par Mr. d'Orbigny dans son étage oxfordien supérieur, se trouvent chez nous constamment au dessous de l’Amm. Künigii dans notre couche N. 3. — Enfin la présence, dans les environs de Moscou, des fossiles de tous les étages oxfordiens, cités par Mr. d'Orbigny, parait nous prouver que nos terrains jurassiques ne peuvent pas être limités seulement à l'étage oxfordien inférieur, comme semble vouloir le faire Mr. d’Orbigny dans la conclusion de son résumé.
Si, en général, une distinction de nos terrams
jurassiques en plusieurs couches de différents âges est admissible, nous croyons pouvoir y distinguer, pour le Gouvernement de Moscou, les cinq étages suivants , caractérisés d’une manière assez tranchée :
1. Marne grise jaunâtre, endurcie, avec minerai de fer pisiforme, reposant, partout où la su- perposition a pu être observée, imnsédiatement sur le calcaire carbonifère et même se mélangeant avec lui dans ses couches les plus basses, de mauière à ne pas laisser apercevoir une limite bien tranchée, d'où il résulterait que cette couche jurassique s’est déposée sur l’endroit même et n’a subi aucun bouleversement postérieur. Parmi le petit nombre de fossiles que nous y avons observé jusqu'à présent, on peut citer des fragments de Bélemnites et d’Ammonites, une pelite Avicule à stries rayonnantes très fines, un Pecten à côtes crénelées, la Terebratula varians(?}) Schl. 2. Marne feuilletée, grisâtre, à grains très fins, mélangée de beaucoup de mica, grasse au toucher, en général pauvre en fossiles ; elle est caractérisée par les Ammonites carinés , tels que À. cordatus Sow., A. Jason Ziet., A. alternans v. Buch (A. subcordatus, d’Orb. ), 4. Lamberti Sow., par le Belemnites hastatus, lAstarte Buchiana d’Orb., la Cucullaea concinna v. Buch, la Gryphæa dilatata Sow. etc. |