‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 190 sur 211 · PAR · texte numérisé non relu

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G. Fiscuer De Waznxets,

Lorsque j'ai eu l'honneur de présenter à la Société une notice sur le Spondylosaurus de Moscou, ( Bulletin de la Société 1845. Tome 18. Vol. 1. p. 343) je n'avais à ma disposition que quelques vertèbres cervicales trouvées par M. Frears dans l'Oolithe de Moscou. Aujourd’hui que, dans la même localité, M. Fahrenkohl a trouvé des vertèbres dorsales et M. Vossinsky un fragment de mâchoire, de nouvelles recherches m'ont été imposées. La première question qui se présente est celle, ces objets ont-ils appartenu à un seul et même animal? Je dois y répondre négativement, comme on le verra plus tard.

M. Frears, empressé de communiquer tout ce qui peut éclaircir les formations de nos contrées à M.

Lui ce

de Murchison, lui avait envoyé ces échantillons, sans lui faire connaître l’opinion portée à la Société sur ces vertèbres. M. Murchison (Geology of Russia in Europe. Vol. I. p. 417. note.) demandant l'opinion de M. Owen, recevait la déclaration chaire et nette: «the Moscon vertebræ belong to the Plesiosaurus brachyspondylus. The are— middle cervicals, equailing in Size our ordinary Enghish specimens from the Kimmeridge and Oxford clays.» M. Owen en caractérisant le Plesiosaurus brachyspondylus (Report of the English Association. 1743. p. 78.) assure lui-même que ces vertèbres semblent indiquer une nouvelle espèce ou un nouveau sousgenre des Enalosauriens. Je ne me suis donc pas beaucoup écarté de la vérité en dé-

clarant le Spondylosaurus Frearsit , comme un

genre d’Enalosauriens intermédiaire entre le Plesiosaurus et l’Ichthyosaurus.

Le Baron Georges de Cuvier, mon maître, était très heureux dans la restitution de plusieurs genres d'animaux fossiles; il devait ce bonheur non seulement à sa sagacité, mais aussi à une riche collection de squelettes d'animaux vivans. Les sauriens qui nous occupent ici de préférence n'étaient de son tems connus que par quelques genres à la vérité très remarquables.

M. Richard Owen Esq. célèbre anatomiste anglais, notre Membre, jouit du double avantage de la possession de squelettes nombreux d’animaux vivans et de la richesse de Sauriens fossiles que

ne cn Éd

le terrain de l’Angleterre récèle dans une quantité prodigieuse. Non content de ces richesses M. Owen a entrepris un voyage en Allemagne, pour étudier les espèces de Boll en Wurtemberg et pour en connaitre les opinions des Naturalistes allemands. On ne saurait donc faire un pas dans les recherches sur les sauriens fossiles sans consulter les obervations de M. Owen. Sans négliger les découvertes de Herman de Meyer, de Kaup, de Jaeger, un résumé des idées de M. Owen, réduites en système, peut aider à porter un jugement plus sûr sur les objets qui nous occupent.

M. Owen a déposé ses recherches sur les sauriens fossiles dans les Actes de la Société géologique de Londres (Seconde Série Vol. V.p. 511. N°. XXX VI.) dans les rapports de lAssociation britannique (Ninth Meeting 1839. Lond. 1840. p.

43—126) et dans son précieux ouvrage sur lanatomie comparée des dents. ( Odontography. London. 1840 — 1845 in-8° maj. avec 250 planches).

Les Sauriens fossiles peuvent être considérés comme marins où Enaliosauriens ( d’svœluoc, sur ou dans la mer) ou comme aquatiques et marins. Les derniers ont des nageoires comme les Cheloniens ou comme les Crocodiles.

Les Enaliosauriens étaient destinés, par leur structure, à vivre dans la mer. La position et la structure des canaux nasaux et le mécanisme osseux de la cavité thorachico-abdominale prouvent qu'ils devaient respirer l'air atmosphérique; les

caractères particuliers consistent dans l'articulation unie des vertèbres, (in the absence of the ball and socket articulations of. the bodies of the vertebræ ); dans la position des narines sur ou près du sommet de la tête, dans les hæmatophyses séparées des vertèbres ; dans les osselets courts, nombreux, plans et digitiformes des deux extrémités, couvertes sans doute d’une enveloppe simple et non divisée présentant une ressemblance avec l’apparence extérieure des nageoires des Cétacés.

11 y a deux modifications principales d’Enaliosauriens dont le Plesiosaurus et l’Ichthyosaurus forment les types.

Leurs vertèbres offrent le plus souvent le meilleur caractère pour distinguer les espèces et méme les genres.

M. Owen ayant adopté des dénominations particulières pour désigner les parties d'une vertèbre a présenté un diagramme (Geol. ‘Trans, V. p.

518. PL 44. f. 1.) pour rendre sa nomenclature plus intelligible.

Les parties des vertèbres peuvent être divisées, suivant Owen, en autogènes etexogènes. Les autogènes sont développées indépendamment en cartilages séparés ; les exogènes ne forment point une continuation de ces élémens indépendans. |

Les parties autogènes sont:

1. Le centre ou le corps d’une vertèbre qui, dans les mammifères , suivant Cuvier est compliqué par deux épiphyses.

9. Les deux lamelles supérieures développées pour protéger le cordon nerveux qui repose sur la surface supérieure ou centre. M. Owen les a appelé par cette raison neurapophyses, (élémens périaux ou périvertébraux de M. Geoffroy St. Hi- Jaire ). |

3. Deux élémens inférieurs généralement développés pour protéger les grands vaisseaux sanguins placés à la surface inférieure ou au centre des vertèbres: c'est pourquoi le nom de hæmapophyses ; (chevron bones de Conybeare ;: élémens paraaux, ou paravertébraux de M. Geoffroy St. Hilaire. ).

4. Les procès supérieurs qui, généralement joints par anchylose aux extrémités distantes des neurapophyses, forment l'arc supérieur de la vertébre; (élémens épiaux ou épivertébraux de M. Geoffroy St. Hilaire ).

5. Un processus inférieur épineux, joint communément par anchylose aux extrémités distantes des hæmapophyses, formant avec elles des osselets en forme de V.

Les côtes appartiennent aux élémens autogènes, dans les vertèbres cervicales, dorsalés et caudales du Plesiosaurus ; on les a décrit vulgairement comme des procéssus transversaux, quoiqu’elles formassent des os séparés.

Les processus transversaux sont toujours exogènes où un simple prolongement du centre ou des neurapophyses. Ils sont d’une importance secondaire. Il y en a deux différens, les uns supérieurs,

cb,

les autres inférieurs: tous les deux se présentent dans les vertèbres cervicales de la plupart des classes d'animaux vertébrés: les procès inférieurs ne sont développés que dans les poissons.

Les processus articulaires ou obliques sont également exogènes et peuvent être développés par suite d’un prolongement, soit des neurapo-

Le physes soit des épines supérieures des vertèbres.

Le centre est le plus constant des élémens vertébraux ; et par rapport à l’ossification les neurapophyses sont constamment soudées au centre de la vertèbre.

Caractères du Plésioraurus. Le caractère le plus remarquable de la colonne vertébrale consiste dans la longueur extraordinaire de la région cervicale qui est composée de 20 à 40 vertèbres ; la surface articulaire du corps des vertèbres est plutôt plane ou légèrement concave ou plus fréquemment convexe dans le centre et concave à la périphérie,

Les vertèbres, suivant l'observation de Cuvier, se reconnaissent aisément par deux petites fossettes ovales sur la surface inférieure qui caractérisent toutes les vertèbres du Plésiosaurus, les cervicales comme toutes les autres M. Owen nie la constance de ces fossettes ; il la trouve marquée dans quelques espèces que dans quelques autres : il a même observé des verièbres indubitablement cervicales, où il n’y en avait aucune trace.

Dans les vertèbres cervicales qui se rapprochent

des dorsales la partie inférieure de l'articulation costale devient plus étroite. à

Les neurapophyses sont communément séparées (nou-anchylosées ) du centre de la vertèbre dans chaque partie de l’épine. Cette circonstance dans les élémens vertébraux supérieurs ne se rencontre que rarement dans les animaux vertébrés à sangfroid, et jamais dans les classes à sang chaud.

Les hæmatophyses coexistent avec les côtes ou élémens paravertébraux dans la région caudale de l’épine, mais elles restent pendant toute la vie séparées soit du centre soit d'une autre’ apophyse inférieure ; l’épine ici n’est donc pas développée et conséquemment il n’existe pas d’os de chevron dans le Plésiosaurus.

Les corps des vertèbres de plusieurs espèces du Plésiosaurus est traversé verticalement par deux canaux vasculaires qui conduisent du canal médullaire ou spinal à la surface inférieure du cenire où ils se terminent par deux orifices. Ces orifices ne présentent pas au reste un caractère constant du genre Plésiosaurus, ni exclusif, étant aussi présent dans les vertèbres des Cétacés, aussi bien que dans d’autres Sauriens.

La gueule du Plésiosaurus est relativement plus courte que celle de l’Ichthyosaurus.

Les détails anatomiques de tout le squelette peuvent être étudiés dans les Observations de M. Owen. Il a décrit 16 espèces de Plésiosaurus dont deux sont établies par Conybeare, une par Cuvier

et treize par lui-même. J'ai essayé d'exprimer les descriptions trés détaillées des espèces par une phrase latine, mais 1l faut attendre un endroit plus convenable et vaincre encore quelques difficultés avant de les produire. En attendant, une énumération nominale des espèces, ne peut être sans intérêt. Leurs descriptions se trouvent dans le Rapport de l’Association Britannique de 1839 cité plus haut.

1. Ples. Hawkinsii Owen. p. 57. Triatarsostinus Hawkins C'est l'espèce dont le plus grand nombre de squelettes, complets ou presque complets, existent dans le Musée Britannique et dans d’autres collections.

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