Vertèbre semblable d’une autre localité
PI. VI Vertèbre du Spondylosaurus Fahrenkohlii, de grandeur
naturelle.
RECHERGHES
HICROSCOPIQUES SUR LES PARTIES MOLLES DU MAMMOUTH (Elephas primigenius Buumensacu, Mammonteus Fiscuer;)
PAR M" ce Pror. GLeporr.
Avec trois planches.
se — —
Il n'y a point de doute, que la nouvelle découverte d'un squelette entier de Mammouth avec les parties molles, dernièrement faite en Sibérie, n’appartienne au nombre des faits les plus remarquables, les plus rares et les plus importants pour l'Histoire naturelle en général et pour la Géologie en particulier. (*) Mais il est à regretter, que les parties molles, qui présentent le plus grand intérêt pour la science, n'aient pu être envoyées à la Société, que séparées du squelette. Et quoique il en reste une masse considérable , elles ont toutes plus ou moins souffert du temps, de sorte que leur aspect exlérieur se trouve bien changé.
(*\ Le fait antérieur d’un Mammouth couvert de sa peau,
trouvé sur la Léna par Adams est connu.
Il est vrai qu'il y en a quelques unes d’entre elles, qu'on peut reconnaître à la première vue, c’est-àdire qu’on peut déterminer d’abord à quel tissu du corps animal appartient telle ou telle partie de ces restes de Mammouth : ainsi on peut distinguer positivement le muscle, parce qu'il a conservé parfaitement bien ses caractères anatomiques et il n’y a point d'autre tissu de toutes les parties molles qui se soit conservé au même point d'intégrité que celui du muscle ; le tissu adipeux, le tissu cellulaire et les poils se déterminent aussi sans aucune diffculté d’après leur aspect extérieur, mais la détermination de la plupart, il faut l'avouer, présente bien des difficultés, et se trouve bien souvent douteuse. Dans ce dernier cas on se sert avec grand avantage de leur situation, si elles restent encore attachées au squelette, soit extérieurement, soit intérieurement. De cetie manière on peut déterminer bien sûrement le cerveau, puisqu'il se trouve jusqu’à présent dans la cavité du crâne ; parce moyen on peut indiquer avec précision les parties tendineuses des muscles, car 1l ÿ en a quelques unes qui sont restées attachées aux os du squelette, comme les parties tendineuses des muscles supraspinati et infraspinati, masseteris, eic., aussi on peut préciser la moëlle des os, attendu qu'elle est restée jusqu'à ce moment renfermée dans les creux des os longs. Ainsi toutes ces parties, quant à la certitude de la détermina-
tion de leur nature anatomique, ne laissent, à ce
qu'il me semble, aucun doute. Mais il me paraît impossible de montrer , d’après les restes conservés, à quelles régions du corps appartient chacun des dits tissus, puisque toules ces parties sont communiquées à la Société en petites pièces réduites à présenter l'aspect d’une substance plus ou moins homogène. C’est pour cela qu’il est difiicile de se prononcer définitivement sur plusieures masses molles, non seulement eu égard aux régions du corps où elles se trouvaient, mais même relativement au tissu de l'organisme, en général, dont elles faisaient partie. Pour ce dernier but il faut avoir recours au microscope qui sert dans ces recherches d’un bien meillenr guide que l'œil nu. À l’aide du microscope on détermine très bien les fibres du muscle, du tissu cellulaire et de ses modifications. comme des tendons, du périoste, les cellules du tissu adipeux, de l’epithelium, les globules du sang, la substance corticale et medullaire des poils, les filaments nerveux du cerveau etc. etc. On ne se lasse point de s'étonner que les formes anatomiques élémentaires des tissus de toutes les parties molles de Mammouth, sans même excepter le cerveau, se soient conservées à un tel degré d'intégrité, qu’on ne saurait les distinguer des mêmes formes des tissus frais du corps des animaux vivants. Les fibres et les cellules des issus de Mammouth offrent pour la plupart les mêmes caractères anatomiques les plus minutieux que les corps vivants.
Pour vérifier ces idées générales et les rendre plus exactes et plus détaillées j’exposerai mes recherches microscopiques sur chaque tissu anatomique à part; et l’on verra avec admiration, qu'un temps si prolongé, qui ruine les objets les plus durables et détruit les choses les plus solides comme le métal, le granit etc. a ménagé les tissus de l'organisme animal si tendres, si délicats et par leur nature si passagers, comme les fibres du cerveau, les cellules de l'épithelium, etc.
Du Cerveau.
Dans l’intérieur du crâne de Mammouth on trouve quelques pièces de diverse grosseur d’une substance sèche et très fragile. Il est très vraisemblable que cette substance n’est que le reste de l’encéphale puisqu'elle remplit la plus grande partie des cavités du crâne en forme de masses homogènes, dont le volume surpasse plusieurs fois la circonférence de la plus grande ouverture du crâne, c'est-à-dire du trou occipital, et dont la plupart sont jusqu’à ce moment dans le crâne (cet arrangement me paraissait nécessaire afin de conserver le fait le plus intéressant pour la science et de garder en réserve le moyen de vérifier les recherches actuelles ). Ces masses ne présentent pourtant par leur extérieur presque rien de semblable au cerveau: elles consistent principalement en deux grands morceaux, qui, à ce qu’on voit, ne composaient autrefois qu'une masse unique ,
divisée ensuite par une force mécanique en deux grosses pièces el plusieurs petites. Conséquemment, les différentes parties de l’encéphale, soit par l'action de l’eau, soit par l'effet de tout autre cause, se sont d’abord confondues en une masse, et puis, après s'être desséchées, se sont divisées de nouveau. Aussi est-il à regretter que, de ces restes du cerveau nous ne puissions pas tirer uve idée nette ni de la forme extérieure de l’encéphale entier et de ses parties, ni de la disposition et de la structure de ces dernières, ni de la conformation de ses cavités ou ses ventricules.
À juger d’après la considérable grosseur de ces masses, on est porté à penser qu’elles constituaient principalement les parties des hémisphères du cerveau ; ce qu'on doit aussi conclure, en se fondant sur leur situation : elles occupent principalement les régions antérieures et moyennes de la cavité du crâne, et leur partie la plus considérable est placée bien loin du trou occipital, dans le voisinage duquel, dans l’intérieur du crâne, on voit clairement un vide qui témoigne le manque de la partie du viscère qui y était renfermé. Voilà pourquoi il faut introduire la main assez profondément dans la cavité du crâne pour toucher et examiner les restes de l’encéphale avec une exactitude plus ou moins détaillée.
Ces masses ont en général une couleur blanche tirant sur le jaune, et en quelques lieux sur le brun; elles sont très cassantes et fragiles; leur
cassure offre un aspect granuleux; sous une légere pression elles se brisent en poudre grossière et eu partie se réduisent même en poussière ménue et fine. Sur leur face externe, qui regarde lä surface intérne du crâne, elles présentent une croùte épaisse de ‘/£# — ‘7,4 et plus. Immédiatement sous cette croûte se trouve la masse qui ne présente aucune structure anatomique déterminée, mais qui paraît être toute composée d’une substance compacte et homogène.
La considération superficielle de ces masses porte donc à croire, que la croûte externe n’est que lé reste des enveloppes, et la masse interne, les débris du cerveau même.
Maintenant nous allons examinef particulièrement la croûte externe puis la substance interne.
Croûte externe. La croûte externe, vue à l'œil nu, paraît être formée de fibres; qui se réunissent en lamelles superposées; elle offre dans ses parties une épaisseur différente et se laisse diviser en couches. Le nombre de tés couches est indéterminé ; on en peut détacher un nombre arbitraire. Ainsi, quoiqu'on puisse croire à la premiere vue que ce sont des enveloppes du cerveau, on n’y saurait distinguer les membranes qui couvrent ordinairement l’encéphale.
En examinant cette croùte au moyen du microscope, on voit bien qu'elle se composé non de fibres, mais d'une substance granuleuse, Les gra-
nules qui la constituent, sont de grosseur et de N° 111. 1846. 8
forme differentes. Dans cette substance granuleuse on rencontre cependant parfois les fibres, mais en très petit nombre. Ces fibres ne se séparent presque jamais de la matière granulcuse, mais pour la plupart elles en sont recouvertes. Il semble, que sur les bords de la masse granuleuse on parvienne à distinguer des filaments courts, mais ils se perdent le plus souvent, quand on brise la masse entière. Il arrive cependant parfois qu'ilse s’isolent, et alors ils offrent toutes les propriétés des fibres du tissu cellulaire, c’est-à-dire ils sont fins, iortueux et diaphanes. Il est très probable que ce tissu cellulaire appartient aux enveloppes de l’encéphale. On y rencontre aussi des cellules polygones de l'épithelium “A. a. et avec un noyau A. b; on y trouve quelquefois les cellules de l’épitheliunm avec de petits appendices À. €, qui caractérisent celles de la pie-mère et de ses plexus choroïdes.
Bien que les fibres ne s’observent dans læ croùte, que très rarement, il faut cependant croire que la dure-mère y est aussi comprise, mais elle s’y trouve presque totalement détruite, et 1l est fort probable qu’elle s’est métamorphosée en cette masse granuleuse, dont se compose en grande partie la croûte. Il est d’autant plus vraisemblable que la dure-mère y est contenue, que dans l'intérieur du crâne on n’en trouve aucune trace, même à la base du crâne, où la dure-mère s'at-