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à l’œil nu. Une des pièces sur lesquelles j'ai fait mes recherches,
à l’aide du microscope, mais
présente très clairement uu tissu musculaire pur. On ne saurait dire seulement à quel muscle du corps elle appartenait. Mais en tout cas il faut s'étonner à quel point d’intégrité elle a conservé les caractères anatomiques du tissu musculaire : cè morceau de muscle a l'aspect d’un muscle tout frais, mais desséché; et il a conservé une couleur rouge-brun , demi-transparente ; il est évidemment constitué de faisceaux, qui se laissent facilement séparer l’un de l’autre. Ces faisceaux
sont si bien conservés, que pour Îles rompre :1l fallut user du même effort que pour un muscle fraichement dessécheé. Ces faisceaux se divisent facilement en faisceaux secondaires, tertiaires, etc. et ces derniers en filaments les plus menus. La partie musculaire, que j'ai examinée, répand une odeur faible, désagréable, ammonracale, même dans l’état sec; elle est d'une saveur saline à peine remarquable. Un faisceau de ce muscle, mouillé dans de l’eau, change sa couleur rouge-brun en rougejaunâtre ; humecté dans le vinaigre il devient blanc-jaunâtre , presque diaphane ; — trempé dans l'esprit de vin il prend une couleur jaune foncée de succin.
Le muscle examiné sous le microscope, apparait distinctement constitué de filamens d’une couleur jaunâtre, qui s'unissent en faisceaux N. ainsi qu’on l’observe ordinairement dans les muscles; les faisceaux s'arrangent régulièrement et courent parallèlement l’un près de l’autre ; ils sont plus ou moins égaux dans toute leur longueur ©. a. On y remarque nettement des lignes longitudinales sombres qui indiquent leur composition fibreuse O. b. Dans la plupart des faisceaux on observe une disposition de fibres en forme de zigzags réguliers P. qui caractérisent particulièrement les faisceaux musculaires et les distinguent de tous les autres tissus fibreux. Les faisceaux, même les plus fins, séparés des autres , gardent cette égale et constante flexion en forme de zigzags Q.
Mais 1l est à remarquer qu'ils sont privés d’un autre caractère non moins distinctif, savoir qu'ils n’offrent pas de traits transversaux. Et leurs fibres élémentaires isolées par hasard, ne présentent nulle part cet aspect moniliforme qui distingue la fibre musculaire fraiche de celle de tous les autres tissus du corps animal R. b, N. b. Le long des faisceaux on observe des noyaux de différente forme, ronds K. ovales et oblongs, souvent à extremités pointues. Ces noyaux sortent toujours plus ou moins de la surface des fibres ; ils se présentent quelquefois sous l'aspect de carps étrangers à la fibre ou au faisceau, ainsi qu'on l’observe fréquemment sur les fibres musculaires; il est donc vraisemblable qu'ils appartiennent à la gaîne des fascicules et des fibres charnues, composée de tissu cellulaire, et'non pas à la fibre musculaire; c'est pourquoi probablement on trouve ces noyaux plus souvent sur Îles faisceaux que sur les fibres.
On distingue ces noyaux plus clairement sur les faisceaux des muscles trempés dans du vinaigre; quant à la fibre on l’observe plus facilement, si le muscle est trempé dans l’esprit-de-vin fort; mais il est désavantageux d’examiner la fibre et les noyaux du muscle, lorsqu'il a été préalablement trempé dans de l’eau, puisque dans ce cas ils deviennent tous les deux également transparents. |
Ainsi, on voit que le muscle de Mammouth a
conservé non seulement son extérieur , mais la structure anatomique interne, et probablement sa composition chimique dans son intégrité, puisque les réactifs que jai employés afin de préparer les faisceaux et les fibres élémentaires du muscle pour les recherches microscopiques, c’est-à-dire l’eau, l'acide acétique et l'esprit-de-vin agirent sur lui de la même manière que sur une fibre musculaire fraîchement desséchée.
On voit même sur quelques faisceaux, bien que rarement, les stries obscures, qui proviennent cependant, à ce qu'il me semble, des courbures de fascicules plutôt que des fibres, car elles sont plus larges que d’ordinaire S.
Tendons.
À cause de l’endomagement dont j'ai déja parlé, des parties molles, il est encore plus difficile de trouver et de déterminer les tendons et les aponévroses, que le muscle même, ce tissu ayant beaucoup de ressemblance par son extérieur et par sa structure microscopique avec plusieurs autres tissus qui sont des modifications du tissu cellulaire. 11 est vrai qu'il y a assez de muscles, qui ont bien conservé leur organisation musculaire, mais il n’y a pas une seule qui ait complètement retenu sa forme et qui ait gardé ses tendons, ses aponévroses ou ses intersections aponévrotiques d’une manière évidente. Ainsi il ést impossible de
reconnaitre positivement aucune de ces parties pour tendons, ni d’après l'examen superficiel, ni d’après les recherches microscopiques les plus minutieuses. C'est ce qui m'a obligé d’avoir recours à une méthode particulière de déterminer les tendons, qui dans ce cas-ci me parait préférable au mnicroscope. — Cette méthode consiste dans l'examen des os du Mammouth et dans la recherche des parties molles aux endroits qui correspondent précisément aux points d'insertion des muscles. En effet j'ai heureusement trouvé les restes de quelques muscles; ainsi j’ai distingué sur le bord supérieur de l’omoplate ceux des muscles supraspinati et infraspinati, sur l’arcade zygomatique ceux des muscles massélères en bas, et d’aponévrose temporale superficielle en haut. Il est déjà bien évident, à l'œil nu, que ces restes des parties molles constituent un tissu fibreux eten même temps il est manifeste que ce tissu diffère du tissu musculaire; le microscope l’a confirmé encore plus positivement,
Une portion de ce tissu, après avoir été mouillée dans l’eau et mise sous le microscope , a paru être entièrement constituée de fibres T; il n’y avait même que très peu de substance granuleuse, laquelle couvre ordinairement les parties molles etles pénètre partout. Ces fibres sont pâles, presque diaphanes , disposées en forme de faisceaux compactes U. Ordinairement ces faisceaux se dirigent parallèlement les uns aux autres et forment des masses plus ou moins épaisses T. Ils se disposent
pour la plupart bien près lun à côté de l’autre. Dans quelques endroits il s’insinue cependant entre eux du tissu cellulaire flasque, qui les écarte, les force à se fléchir et leur fait prendre une position superposée. Il arrive aussi qu’un ou plusieurs filaments isolés se disposent obliquement par rapport aux faisceaux ‘T. a. a. Peut-être que cela se fait artificiellement pendant la préparation. D'’ailleurs ils retiennent toujours, même après la division artificielle des faisceaux en filaments, leur direction plus ou moins droite et parallèle, sauf de très rares exceptions W.; ils ne se disposent jamais irrégulièrement, ainsi qu’on le trouve généralement dans le tissu cellulaire, ce qui prouve leur élasticité considérable et les distingue des fibres du tissu cellulaire, quoique ils n’en soient qu'une modification. Par la préparation les faisceaux et les filaments se courbent quelquefois, mais ces courbures prennent plutôt la forme d’un arc que celle d'un angle W. a. a. Le filament de ce tissu isolé est plus épais, plus fort, même plus opaque que celui du tissu cellulaire W. b. Entre ces filaments, surtout lorsqu'ils ont été trempés dans le vinaigre, qui les rend transparenis, on observe des séries de grains opaques V. tantôt ronds V.a. tantôt ovales V. b. qui gardent leur opacité même après une longue macération dans l'acide acétique; c’est par là qu'on les distingue très facilement des filaments essentiels du tendon. Parfois ils forment des filaments épais, courbes, comme
Le
rompus et dispersés d’une facon indéterminée re- Jativement aux faisceaux Ÿ. a. à. a. Quelquefois ces grains s'allongent dans une même direction, se touchent mutuellement et forment ainsi des filaments dans les tendons X. a. auxquels M. Henle a donné le nom de filaments granuleux (Kernfasern ); ils conslituent un caractère distinctif de cette modification du tissu cellulaire. Ces filaments s’anastomosent réciproquement X. b et se ramifient en forme de fourchette X. c. Cependant les séries de grains se rencontrent ici bien plus souvent que les filaments complets. En général ces filaments n'atteignent pas une longueur considérable et offrent dans leur étendue un dia-
+ . LA metre méocal.
Périoste.
Pour déterminer surement le périoste je me suis servi de la même méthode que j'ai employée dans les recherches des tendons, c’est-à-dire que j'ai reconnu sur le squelette une membrane fibreuse dont j'ai pris la couche interne, immédiatement appli quée à l'os, pour mes recherches microscopiques. Or, la partie que j'ai examinée est sans doute le périoste.
L'examen microscopique du périoste indique que l'élément anatomique de ceite membrane est la fibre avee tous les caractères de celle du tissu cellulaire Z. Les fibres s’arrangent ici assez régulièrement, presque parrallèlement les unes aux
autres et forment des faisceaux plus ou moins épais X. et bien résistants. Dans ces faisceaux les fibres s'unissent bien solidement, de sorte qu'il faut user d'assez de force pour les réduire à leurs principes anatomiques, et même après cela on ne réussit pas souvent à convertir le faisceau en des fibres isolées. Mais si on y réussit, les fibres y prennent une direction plus tortueuse que dansle faisceau même, ce qui désigne leur nature’élastique Z.
Sur ces fibres on remarque clairement, surtout si elles restent encore réunies en faisceaux ou lames, des noyaux ovales X. à. a. semblables à ceux des fibres du tissu cellulaire. Ces noyaux deviennent encore plus évidents, quand on trempe un faisceau où une lame entière du périoste dans de l'acide acétique @.: alors ils apparaissent comme des corps sombres, opaques, et disposés pour la plupart dans la direction d’une ligne £. a. Leur volume et leur forme sont bien différents : tantôt on les apperçoit comme extrêmement petits, dont les uns sont parfaitement opaques 6. b. et les autres ne le sont qu'à leur contour, et présentent un point transparent au milieu E. c., Lantôt comme des corps ovales 6. e. ou oblongs B. £. à contour opaque avec un point diaphane dans le centre 6. d.:, quelques uns de ces corps sont pointus à leurs deux extrémités f.g. ou bien ils ne sont allongés qu’à l’un de leurs bouts 6. h. S'il reste des fibres élémentaires apercevables,
alors on voit clairement, que les noyaux s'arrangent le long ou à côté de ces fibres 8. c. i. En se rapprochant mutuellement, 5ls forment une ligne opaque, qui cependant, après un examen attenuf, apparaît interrompue continuellement, et évidemment composée de noyaux oblongs, rapprochés l’un de l’autre &, b. c. d.; même quand ils se confondent parfaitement et forment ainsi un vrai filament opaque; on voit encore ‘bien que ce dernier change de diamètre en plusieurs points, parceque les extrémités de ces noyaux, quand ils s'étendent en corps prolongés, deviennent plus ou moins pointues.
Tissu adi peux.
Parmi les parties molles il s’est conservé une masse considérable de tissu adipeux, qui offre au premier abord tous ses caractères anatomiques. Cependant, à juger d’après le tact et la vue, il ressemble plutôt au savon sec, qu'à un tissu naturel du corps animal. Il est d’une couleur blancejaunâtre sur la surface, jaune-foncé à l’intérieur et parfois même rouge. Il nage sur l’eau. À une température élevée il tache le papier comme la graisse ordinaire.
L’exanren microscopique prouve que cette masse adipeuse se compose principalement d’une infinité de cellules, remplies d’une substance granuleuse jaunâtre. La forme de ces cellules est bien
différente y: ronde, sphérique ou comprimée, ovale, oblongue, anguleuse, etc. Leur volume est aussi différent que leur forme. Examinées en mässe on ne distingue pas cläirement leurs contours, mais on s’äpercoit que leurs intervalles sont plus diaphanes que les cellules mêmes, qui paraissent être des tâches obscures Ô. a. a. En exerçant une certaine pression sur cette masse sèche où huinectée, à l'aide du compressorium de M. Purquinié. il devient évident, qu'elle se compose presqu'entièrement de cellules distinctes, déterminées, remplies d’une substance granuleuse y. En employant une compression encore plus forte, quelques cellules se séparent de la masse et s’isolent; en ce cas-là, il semble que la substance gränuleuse, qui remplit les cellules, se dépouille de son enveloppe, car son contour apparait alors aussi granuleux que son centre E. a. et ses granulés retiennent leur connexion mutuellé, probablement au moÿen d’une substance amorphe qui se trouve ordinairement dans l'intérieur des cellules de tous les tissus organiques, et qui s'appelle substance intér-globulaire ou inter-cellulaire; puisqu'ellesert souvent à combiner les cellules entre elles. Parmi ces cellules il se trouve beaucoup de substance granuleuse en masses grandes ou petites, dont les granules sont de différentes forme et grosseur, ‘et il est très pro- bable que cette substance est de la même nature que celle des cellules. Ces cellules trempées dans de l’éther présentent une forme rayonnée p.
En outre de la même masse el en même temps se séparent des cellules d'un autre genre, parfaitement différentes des premières, savoir: des cellules transparentes, plus ou moins rondes, à contours égaux, à peine visibles £. A, avec un noyau Ë. c. quelquefois deux £&. d. ou trois noyaux, au centre &. a. ou près des parois 6. b. Dans les cellules de ce dernier genre l'enveloppe s’est conservée, et 1l est clair que le contenu n’y est pas d’une nature granuleuse. Cependant il y en a quelques unes qui renferment dans leur milieu de la substance granuleuse , quoique toujours en petite quantité, de sorte qu'il reste constamment un intervalle transparent considérable entre cette substance et ses contours ou parois. Ces cellules se rencontrent parfois rompues par leur miliea 7; quelquefois 1l ne s’en présente qu'un quart ou les trois quarts de cellule ; maintes fois une moitié de cellule apparait comme brisée, et l’autre y reste toute entière; dans quelques cas on observe sur la cellule des fêlures, et sa forme s’est conservée néanmoins entière. Ÿ. I] suit de tout ce qui a été dit. 1, que le contenu de ces cellules est d’une nature solide, quoique transparente; 2, que les cellules même ont une forme de sphère, mais non pas celle d'un disque, comme les cellules de l’epithélium, ou les globules de sang. On s’aperçoit facilement de cette sphéricité des cellules, quand on les rencontre brisées par le milieu.
On rencontre encore comme partie constituante