RESTES DES CRUSTACÉS FOSSILES DU JURA
Les restes des crustacés fossiles sont très rares | dans notre terrain Jurassique, et ce ne fut que M. le Ÿ prof. Rouillier, qui, dans son Discours, fit mention d’un Astacus, appartenant au second étage, sans en donner une description détaillée. Explorant dans les derniers temps les couches de Khorochovo, j'ai été assez heureux pour y trouver des restes de crustacés, qui, quoique en petit nombre, auront cependant leur intérêt, comme provenant de ces couches.
Ces restes consistent en deux moitiés de carapaces assez bien conservées, deux à demi brisées, une pince, et des morceaux de doigts. Ils sont tous empatés dans la marne, qui remplit notre étage moyen. Le test est assez bien conservé; dans les carapaces, il est très mince, luisant, noirâtre, dans la pince brun
clar et très épais. Comme toutes ces parties sont disjointes, 1l m’a été impossible de définir si elles appartiennent à une espèce ou à plusieurs. La détermination que j'en donne est basée sur l'examen des carapaces, et je crois qu’elles appartiennent à la
GLYPHAEA BRONNIx (*).
PL TX EST
Carapace presque deux fois plus longue que haute, divisée en trois régions par les sillons, concave. Bord postérieur rebordé, marqué dans sa moiué supérieure d’une excision semi-lunaire pour l’aruculation avec l’abdomen; la moitié inférieure de ce bord peu courbée, se confondant avec le bord inférieur sous un angle presque droit. Bord inférieur semi-elliptique, tranchant, continu jusqu’à la région antérieure. Bord supérieur ou plutôt la ligne médiane, droite, presque parallèle avec le bord inférieur. Les sillons transversaux sont ou principaux ou accessoires. Les deux sillons transversaux principaux divisent le cephalothorax en trois parties. Ils sont très marqués, profonds d’une demi ligne, larges d’une ligne. Le sillon principal transverse antérieur ou sto-
(*) La figure donnée par Roemer étant incomplète et la courte description donnée par cet auteur , laissent beaucoup à desirer, je n’ai point la pretention que mon rapprochement
soit exacte
maeale commence sur le premier tiers du bord 1nférieur, se dirige supérieurement et se confond avee le bord supérieur de la carapace sous un angle presque droit: le sillon principal transversal postérieur. ou branchial suit une ligne assez sinueuse. Commençant sur le bord inférieur de la carapace, il se dirige supérieurement, décrit deux courbes pour liimiter la région hépatique, puis sur le milieu du cephalothorax, il se dirige brusquement en arrière , et suivant une ligne droite, il se confond avec le bord supérieur, sous un angle antérieur très aigu; c’est ce qui caractérise la Glyphaea, et notamment notre espèce. D'ailleurs, cette position du sillon est la cause que nous n'avons, à proprement parler, aucune région postérieure , mais plutôt une région postéro-inférieure. Toute la carapace est couverte de granulations de différente grandeur, entre lesquelles on remarque des. pores à peme visibles sous la loupe.
La région antérieure ow gastrocéphalique est limitée postérieurement par le sillon transversal antérieur. Elle est d’une forme triangulaire, ayant la base deux fois plus large que son sommet (rostre): sa surface externe est garnie de quatre côtes longitudinales, assez élevés, espacés; chaque côte est garnie d’une rangée de tubercules assez grands, coniques, aigus, dirigés obliquement et en avant; l’espace libre entre ces côtes est lisse, luisant, et percé de très petits pores. Le bord inférieur de la région antérieure, et justement la partie où il se confond avec le rostre, présente une excision semi-lunaire,
lisse, longée extérieurement d’un sillon, et qui servait pour constituer l’orbite. Le rostre étant le prolongement de la région antérieure, est placé dans la direction générale du corps. Il est assez long, multangulaire, creusé en gouttière, garni sur les faces externe et interne de côtes tuberculeuses sur les angles, et marqué en avant d’un petit sillon transversal. Son sommet est brisé.
L'espace compris entre les silons antérieur et postérieur principaux constitue la région médiane. Elle a une forme de deux pyramides rapprochées l’une de l’autre; la base de la première pyramide sera sur le tiers antérieur du bord inférieur de la carapace, le sommet touchera presqu’au bord supérieur (pyramide verticale); la seconde pyramide aura sa base reposant sur le côté de la première, et le sommet porté très en arrière (pyramide gisante). Plusieurs sillons accessoires, qui correspondaient aux parles internes, divisent la région médiane. La partie inférieure de la pyramide verticale est occupée par la région hépatique: un petit sillon horizontal (sillon hépatique), commencant sur la moitié sinueuse du sillon branchial et procédant antérieurement où 1l se confond avec la base du sillon antérieur principal, limite cette partie supérieurement, son bord inférieur se confond avec le bord inférieur de la carapace. Elle est d’une forme réniforme avec la concavité tournée en bas; sa surface est couverte de granulations plus petites que sur les autres parties et irrégulièrement disséminées. Relativement aux autres parles, la portion hépatique occupe l'angle antéro-infé-
rieur de la carapace. Le milieu de la pyramide verticale, est occupé par une élévation assez marquée, ovale, couverte de granulations. Le sillon hépatique la sépare de la portion hépatique; un autre sillon la divise du sommet de la pyramide. Tous ces sillons sont assez larges, mais peu profonds; leur surface est très finement poreuse. Le sommet de cette pyramide est marqué par une élévation plus petite, disjointe, par le sillon déjà mentionné, de la partie sous-jacente; celte élévation se confond insensiblement avec la base de la pyramide gisante. La pyramide gisante occupe le reste de la région médiane, c'est-à-dire l’espace compris entre le bord supérieur du céphalothorax et le sillon branchial. Un sillon parallèle avec le sillon branchial, divise cette partie en deux moitiés inégales, dont la supérieure présente une forme véritablement triangulaire, et est couverte de granulations irrégulièrement disposées; l’inférieure, n'offre qu’une élévation oblongue, peu et également large, et est couverte sur le sommet d’une rangée de tubercules.
La région branchiale occupe le reste et presque les */, de toute la carapace, sa forme est d’un pentagone irrégulier; sa surface est partout couverte de granulations coniques, assez aigues, dirigées obliquement et en avant; une petite dépression se fait remarquer devant chaque tubercule.