DÉPÔTS CHIMIQUES
Nous rangeons ici deux substances dont la seconde est bien plus développée que la première.
A. Mines des marais.
Elle recouvre souvent, sous forme de pellicule irrisée nos eaux stagnantes ou du moins d’un faible courant et forme au fond de celles-ci un dépôt brun —rougeûtre.
Dans les eaux stagnantes des marais cetle mine est bien plus abondante, mais jamais assez pour donner lieu à quelque exploitation.
Toutes nos eaux, tant des rivières que des sources et des puits, contiennent le fer en assez grande quantité; nous avons même dans les environs de Moscou , ainsi que dans la capitale, des eaux minérales ferrugineuses. Gueldenstaedt lors de son séjour à Moscou en visita deux; l’une jaillit aux pieds des montagnes des moineaux, dans les terres du monastère Andréew, et l’autre se trouve dans les terres de la campagne Pawlowsk du comte Ilagoujmsky, à 40 versies de Moscou (*}). L'auteur de l’Oryctographie a présenté
(*) F. A. Gueldenstædt’s Reisen in Russland. Peterb. 1787. Vol. I. p. 27.
(*) un resumé des recherches faites sur les eaux fluviales, celles des sources et sur les eaux minérales ferrugineuses de Moscou. Depuis, M‘ Hermann a analysé une source ferrugineuse dans la capitale même (**).
À ces eaux ferrugineuses il faudra, à ce que nous croyons, ajouter des sources salines. Du moins les habitans de la ville de Kolomna, dont l’horizon géologique est occupé par le calcaire de montagne, n’emploient-ils pour leur usage domestique que l’eau de la rivière, leurs sources et leurs puits ne présentant qu’une eau dont le goût de sel est irès prononcé, ce qui est d'autant plus frappant que les sources qui Jaillissent ordinairement du calcaire de montagne se distinguent surtout par la limpidité, la pureté de leurs eaux, et par une fraîcheur, qui les fait rechercher et préférer pendant l'été.
Voyez de plus les pages de l'Oryctographie.
B. Tuf calcaire (Calcaire lacustre, terrain d'eau douce Brongniart.)
s (] ns . L] LA 1. L’auteur de l'Oryctographie a signalé ( page 97 ) des assises de calcaire remplies de débris organiques fluviatiles et lacustres, près de Zvénigo-
‘| Page 103- 107.
(**) Bull. d. M. 1842. p. 181. sq.
rod, à l'endroit où les deux petites rivières la Mogenka et la Gernovka se jettent dans la Moskva. Comme nous ne connaissions pas encore ce terrain aux environs de notre capitale, nous sommes allés l'étudier pendant l'été de l’année 1844.
Ce terrain, gisant immédiatement sous la terre végétale, présente un calcaire poreux, marneux dans ses parties supérieures et plus dur inférieurement. J1 n’atteint pas cependant une ténacité suflisante pour le rendre propre à être employé soit comme pierre de construction, soit pour la préparation de la chaux. Il apparait sur les deux rives escarpées de la Gernovka où il acquiert une puissance de 9 pieds, Les vacuoles extrêmement fréquentes sont remplies quelquefois de débris de coquilles, de fer limoneux et d'empreintes de feuilles. Ses couches très nombreuses et faibles alternent avec une argile rougeâtre, elles sont parfaitement horizontales, régulières, et ne contiennent aucun corps étranger. Il semble donc qu’elles ont éte déposées sans grande agitalion de l’eau, pendant une assez longue durée de temps et qu’elles n'ont pas été dérangées depuis. |
Nous avons recueilli dans ce calcaire plusieurs espèces de fossiles.
Œ. Animaux :
Lyunzus.
Les trois espèces distinctes sont parfaitement
identiques avec celles qui habitent maintenant les eaux de Moscou.