‹ Terrain jurassique de MoscouChapitre 3 sur 211 · LETTRE ADRESSÉE À LA SOCIÉTÉ INPÉNIALE DES NATTRALISTES DE MOSCOU · texte numérisé non relu

LETTRE ADRESSÉE À LA SOCIÉTÉ INPÉNIALE DES NATTRALISTES DE MOSCOU

PAR Pa

Leopozr pÆ Bucx.

Le */,, Mai 1846.

Les Géologues doivent reconnaître avec la plus grande satisfaction et avec le plaisir que font toujours naître les grands pas qu'on voit faire à la science, que c'est principalement à la Société des Naturalistes de Moscou et à son activité réfléchie qu’on est redevable de la connaissance de cette formation jurassique, si curieuse et si instructive, dont la Capitale est entourée. Quelle différence, en comparant ce que nous Savons maintenant, gràces aux travaux des naturalistes de Moscou et aux belles collections dont ils ont honoré ceux , dont l’intérêt pour la science l’emporte sur leurs forces, quelle différence, dis-je, avec ce que nous savions il y a six ans!

Espérons, que cette Société si utile et si active

voudra elle même rassembler en un corps tout ce

que Moscou nous apprend, et voudra bien nous don-

au.

ver une Monographie raisonnée des environs de cette ville. Tout ce que les étrangers peuvent y ajouter ne restera que fragmentaire, et ne sera que le résultat et les conclusions souvent assez témé- raires, qu’un seul exemplaire fait naître. Et il n’y a qu’une expérience suivie, qui puisse nous donner des fumières sur ce qui, parmi des productions si variées, est réellement caractéristique pour la con-

naissance des terrains.

L'ancien monde nous présente (rois terrains jurassiques séparés et d’un caractere particulier. L'un entoure le bassin de Paris et de Londres. Ce sont les couches jurassiques d’Angleterre, de Normandie, de Bourgogne, des Ardennes. Dans le Nord de l'Allemagne commence le second de ces terrains. Le Lias disparait, ainsi que les coraux, de la partie supérieure. C’est le terrain de Russie, développé à Moscou, et qui se poursuit jusque dans les steppes des Khirgiz. Le troisième est le système méditerranéen du midi de la France, de la Lombardie, des Carpathes, de la Crimée. L’4mmonites tatricus, les grands Aptychus le caractérisent. Etudions donc le second de ces systèmes à Moscou, comme le premier en Franconie, dans le Glostershire ou aux environs de Caen; et le troisième: à Como, à Trente, en Crimée.

Que la Société, faute de temps, car l'été presse, me permette quelques observations , jetées très à la hâte, sur ce qu’on a publié jusqu'ici sur le se-

cond de ces terrains et sur ce que les belles collections qu’on lui doit m'ont fait entrevoir.

Il est vrai que le travail et les superbes figures de M d’Orbigny, à la suite du second volume du grand ouvrage sur la Russie de M." Murchison, pourraient faire croire, que nous possédons une excellente Monographie de Moscou. Mais M. d'Orbigny n’a eu qu’une seule collection sous les yeux, souvent qu'un seul exemplaire et non des plus parfaits, de manière, qu'avec tout son grand mérite, le caractère de la formation jurassique de Moscou ne ressortirait que très imparfaitement de ce travail, quoique fait de main de maitre. M d’Orbigny est certainement, de tous nos Palæontologistes, le plus savant, le plus exercé et celui qui combine plus que tous les autres naturalistes la connaissance des pétrifications avec ce qu’une Zoologie profonde et comparée, suite d’un jugement admirable, peut nous apprendre. Mais occupé de tant de travaux divers, il se peut que le travail sur la Russie n'ait pas attiré toute son attention, comme la nature développée dans ces régions le mérite. Il sera donc permis de faire quelques observations sur ses déterminations, que je prie la Société de vouloir bien accueillir avec indulgence, jusqu'à ce que je puisse lui présenter quelque chose de plus parfait.

Ammonites cutenulatus Fischer. Belle ammonite, toute particulière aux environs de Moscou, qui se place très naturellement à la suite des Ammo-

# nites de la famille des Falcifères. Ses lobes à dents pendantes, non roides, à base large, le prouvent assez.

La face suturale ab oblique mais plane est tout à fait caractéristique pour les Falcifères, puis les stries qui sur une courte tige se tournent en courbe très prononcée vers le dos. Le dessin de M. d'Orbigny les donne mal, comme n'ayant point de courbe. De là vient, qu'il nie que l’Ammonite puisse entrer dans cette famille, et la place dans une des Clypéiformes à moi inconnue, Le rapprochement avec l’4 Discus ne saurait être soutenu. Celui-ci appartient aux Amalthées à lobes très différents.

Ammonites Lamberti. M d'Orbigny veut, que ce soit l’4. Leachii de Sowerby et change ainsi d’un seul coup tout ce que tant de naturalistes ont coutume de regarder comme A. Lamberti. Il est dans l’erreur ; j'ai comparé, examiné les pièces d'Angleterre, et les figures de Sowerby elles mémes font voir assez facilement que l’4. Lamberti est constamment à côtés presque plans, tandis que l'4. Leachit a les côtés bombés. Il n’est pas

bon de changer des noms si généralement admis et adoptés.

Ammonites Tschejfkini. Cest avec raison que M. d’Orbigny sépare celte Ammonite, vraiment caractérisiique du terrain, de l’4. sublævis , avec lequel je l'avais combinée comme variété, et décrite fort au long Beytr. zur Geb. v. Russl. p. 31. L’4. sublævis conserve un plan sutural constamment droit, tandis qu'il est plus ou moins bombe dans V4 Tschefjkini. L'ombilic de V4. sublævis ressemble par cette disposition à un entonnoir où les tours se placent exactement les uns sur les autres. Dès que le plan sutural est bombhé, cette disposition disparaît et les tours se reconnaissent aisément. Les lobes sont absolument ceux de l4. sublævis, jusque dans les moindres détails : 14. Tsche ff kini fait donc le passage entre l’A. sublævis et l’4. omphaloides. Des Macrocéphales. .

Ammonites Pallasianus pl. 32. f. 1. Non en vérité. Cette Ammonite n’est nullement différente de l’A. bifurcatus Schlotheim, très fréquente dans les parties supérieures du Jura d'Allemagne. Le caractère essentiel, et fort marquant de cette espèce, est d’avoir les côtes très aiguës, bifurquées près du dos, de manière que l’intervalle entre les bras de la bifurcalion reste beaucoup plus élevé que l'intervalle entre les côtes mêmes. Elle est décrite Buch, Jura in Deutschland pag. 75. Des Planulites.

Ammonites Panderi pl. 35, £. 3.est certainement

A. mutabilis Sow. si fréquent et si grand à Mezières. Comme l’4. mutabilis a été envoyé de Carachowo, des exemplaires, qui pour la forme et les lobes ne différent point de celui des Ardennes, porteraient à croire que l’4. Panderi en général devrait être réuni à l’4. mutabilis. Des Planulites.

Ammonites Kirghisensis est VA. apertus Bucb, Russia 100, 103. C’est une variété ou dépendance de l’4. Jason, dont les tours ne sont que peu enveloppes. Des Dentées.

Ammonites subcordatus pl. 24, £. 6, 7. Il est étonnant que M. d'Orbigny n'ait pas connu une Ammonite si fréquente et si caractéristique pour le Jura. M de Schlotheim l'avait nommée 4. varians, nom dont 4. varians de la craie s'est emparé. Je l’ai donc changé en 4. alternans et figuré Pétrif. remarq. pl. 7. fig. 4 Ziethen pl 15, f. 7. Quenstedt Wuürtemberg p. 399. Beaucoup d'exemplaires, dus à l’obligeance de la Societé, ne laissent aucun doute sur l'identité de l'espèce. Des Amalthées.

Ammonites Brightii. Cest l'A. hecticus Reinecke très connue du Jura. Quenstedt Wuürtemberg pag. 366, 386. Ziethen pl. 10, f. 11. Des Falcifères.

On facilite infiniment les descriptions et la peinture générale de l'espèce qu'on décrit, en commençant par désigner la famille à laquelle l'espèce, dont on veut donner une idée, doit être subordonnée. , On évite par là de faire des rapprochemens inadmissibles de deux espèces peut être ap-

partenant à des familles très éloignées l’une de

l’autre. M° d'Orbigny, qui connait si bien les

Ammonites, donne rarement cette facilité à ses | lecteurs.

Que n'a-t-on beaucoup de descriptions, aussi | parfaites que celle de la Terebratula aptycha Fi- | scher, acuta ! ( Bullet. d. 1. Soc. de Moscou 1844, | 889.) Il est assez vraisemblable , qu'on trouverait des différences essentielles entre celle-ci et la T. acuta de Sowerby, mais sa description ne vaut pas celle de Moscou et sa figure, mal placée, ne donne pas assez de lumière, pour s'assurer de l'identité des espèces. Elle n’existe pas à Berlin. C’est une erreur, pag. 892,*que M. de Buch ait dit qu’elle représente la T. varians, si commune | en Allemagne. C’est la T. personata, qui s'empare 04 de la place de la T. varians; et celle-ci n’est cer- d

tainement pas rare en Russie; elle se trouve depuis Popilani jusqu'à Simbirsk et, n’en doutons , : point, dans la vallée de l’Ileck. La figure grossie de M d’Orbigny n’en donne pas une idée très exacte. Il serait à désirer que nous vissions une description égale à celle de la T. aptycha de la belle Terebratula Fischeri des Moscovites, plus digne de porter ce nom, que la T. Fischer: d'Orbigny, qui est trop voisine de la T. vicinalis Schloth. pour pouvoir en être séparée comme espèce.

SYLLR TER

DE LA

Société Jmpériale DES NATURALISTES

de fMoscou.

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