GOUVERNEMENT DE SIMBIRSK
PAR G. Fiscaer DE Wazoreim.
La formation oolithique de Moscou et de ses environs gagne beaucoup en intérêt par les découvertes multipliées qu'on y a faites, Les recherches de MM. Rouillier, Frears, Auerbach, Vosimsky, Fahrenkohl ont démontré l’abondance de corps organiques fossiles nouveaux, ou plus ou moins connus, qui s'y trouvent,
Les restes de Sauriens dans les couches méritent une attention particulière, Nous ayons signalé quelques uns de ces restes, aux environs de Moscou, Maintenant M, Pierre Mikhaïlovich Yazykov, connu par ses recherhes géologiques et ses riches collections paléontologiques apporte des restes de Sauriens de la formation oolithique du gouvernement de Simbirsk, qui formeront l’objet de notre travail actuel.
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Des vertebres de différentes formes et des fragmens d’ossemens très grands ne laissent pas de doute sur le genre auquel ils ont appartenu. Les tubercules latéraux pour l'insertion des côtes, et la grandeur des ossemens isolés porteraient à les ranger sous le genre Ichthyosaurus.
Mais un crâne de forme conique, comme celui des Enaliosauriens, des Crocodiles, parfaitement conservé, couvert même de son épiderme, rend, par cette conservation même, sa définition plus difficile, parceque les os ne se laissent point distinguer les uns des autres. : 03
M. Yazykov prend ce crâne pour celui d’un Plesiosaurus, mais la forme des orbites, la place et la forme des narimes et surtout la mâchoire inférieure dont l’articulaire n’avance pas au delà du temporal le distingue des Enaliosauriens ainsi que des Crocodiles et me décide, à en former un genre parliculier sous le nom de
RHINOSAURUS.
Le museau obtus, les narines grandes, rondes et distantes forcent de croire que le sens de l’odorat de l'animal en question était organisé d’une manière peu commune.
Mais il est bien convenu que cette dénomination pourra être changée si l’on vient à reconnaitre des caractères plus apparens.
Le crâne forme un cône obtus dont la largeur postérieure surpasse de deux tiers la longueur.
L'’épiderme ne permet pas de distinguer les .su-
tures des os, mais on en peut du moius désisner la place et les proportions.
L'’épiderme elle-même est plutôt chagrmée ou granuleuse qu'écailleuse; les grains, presque réguliers sur les frontaux et les nasaux, prennent une forme alongée et presque rayonnanie sur les pariélaux et les temporaux.
L'occiput est large, court, tronqué en arrière et séparé des pariétaux par un pli, qui paraît indiquer la suture.
Les orbites rondes, d’une circonférence considérable, sont distantes et s’inclinent de côté. Une échancrure subtrigonale en avant indique la perte de los lacrymal.
Les frontaux larges sont séparés par un pli des nasaux. Ceux-ci bombés, portant au milieu une carène, sont doubles et présentent en avant et de côté deux narines rondes et grandes.
Les pariétaux sont larges, alongés, mais ne se laissent point distinguer des frontaux.
Une impression circulaire sur le pariétal gauche paraît rappeler le foramen Homianum que le Rev. Lansdowne Guilding a trouvé dans l’Iguana et que Richard Owen a observé dans plusieurs genres de Sauriens, dans le Monitor, dans les Lézards proprement dits et même dans le Plésiosaurus. Mais cette impression ne se trouve point à la même place et ne peut pas être appelée trou, ne perçant pomt l’épiderme. Il faut observer la même chose sur l'impression ronde qui se trouve sur l’os temporal gauche. Les impressions paraissent accidentelles, mais la for-
me régulière, circulaire, rend assez difficile d'en deviner la cause.
L'intermaxillaire est large, dilaté et arrondi au bout.
L’os temporal est très grand, bombé, avançcant en arrière, et séparé en haut de l'occipital par une large échancrure, comme dans les Crocodiles.
L'état de la mâchoire inférieure ne permet point d’en distinguer les os particuliers, mais elle a ceci de particulier qu’elle est arrondie en arrière et n’a pas cette appendice articulaire propre aux Enaliosauriens, aux Crocodiles et à plusieurs Lézards. Le complémentaire en fait, à la vérité, la partie la plus large, mais il n’est pas séparé, et forme une ligne contigue oblique avec larticulaire. La mâchoire est au reste forle , épaisse en bas. La symphyse est mince et les os réunis arrondis.
La face dentaire est, dans les mâchoires, en une ligne presque droite. Les dents sont fines, un peu comprimées, distantes et très pointues. On peut en compter de chaque côté de la mâchoire supérieure 24. Huit sont incisives ou placées dans l’intermaxillaire, les autres appartiennent à la mâchoire proprement dite. Les dents de la mâchoire inférieure sont plus pettes que celles de la mâchoire supérieure mais la matrice qui les couvre empêche d’en examiner la nature et le nombre. Les dents de devant de la mâchoire supérieure sont plus longues et diminuent de longueur en arrière, elles paraissent striées à la loupe. Il paraït qu’elles soient implantées dans des alvéoles.
J'ai desiré, pour honorer celui qui par ses recherches a fourni les matériaux à cet article, nommer l'espèce, si elle peut être conservée:
RHINOSAURUS JASYKO VII.